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L’AFSCA veut faire euthanasier le chaton d’une candidate de Miss Belgique 2020: «Lee est toujours en vie grâce à vous» (photos)

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L’AFSCA veut faire euthanasier le chaton d’une candidate de Miss Belgique 2020: «Lee est toujours en vie grâce à vous» (photos)
Capture vidéo VTT

Ce mardi, la police a fait une brusque irruption au domicile de Selena Ali, une jeune étudiante flamande de 22 ans et candidate de Miss Belgique. La raison ? Ils sont à la recherche d’un chaton originaire du Pérou appelé Lee. La jeune femme, qui séjournait dans ce pays avant la crise du coronavirus, dans le cadre d’un stage, a été rapatriée en Belgique avec son chat. Seulement, l’AFSCA soupçonne que l’animal soit infecté par la rage et veut le faire euthanasier.

En effet, le chat n’était pas autorisé à atterrir sur le sol Belge puisqu’il avait été vacciné contre la rage il y a moins de trois mois. Cependant, la jeune femme assure avoir reçu l’autorisation de l’ambassade via l’application WhatsApp, preuves à l’appui. L’Agence fédérale pour la sécurité de la chaîne alimentaire renie cependant le caractère officiel de cette autorisation.

Soutenue sur les réseaux et par le ministre flamand du Bien-être animal

Malgré l’énorme soutien que Selena reçoit sur les réseaux sociaux et celui du ministre flamand du Bien-être animal, Ben Weyts (N-VA), l’Agence fédérale pour la sécurité de la chaîne alimentaire refuse de changer d’avis. Ben Weyts a d’ailleurs envoyé une lettre au ministre Denis Ducarme (MR), responsable de l’AFSCA : « Les directives européennes indiquent clairement que l’euthanasie est la dernière option. Nous ne disons pas que le propriétaire n’a rien fait de mal. Mais c’est alors elle qui doit être punie, pas l’animal ».

En fait, le chaton de six mois a été vacciné contre la rage mais trois mois d’attente étaient nécessaires avant que celui-ci puisse voyager à l’étranger, ce qui n’a pas été respecté. L’AFSCA a donc décidé que l’animal devait être euthanasié, car le risque de contamination existe.

Mais la décision n’a pas plus et un grand nombre d’internautes et d’associations ont tenu à soutenir Selena, une pétition a d’ailleurs été lancée. « Merci de votre soutien ! Lee est toujours en vie grâce à vous », a écrit l’ancienne candidate de Miss Belgique sur Instagram.

Le ministre Ben Weyts ne pense pas non plus que l’euthanasie soit la décision adéquate : « L’euthanasie ne peut se faire qu’en dernier recours, si le retour ou l’isolement n’est pas possible », a-t-il rappelé.

Une descente de police « brutale »

Ce mardi, la police a fouillé la maison de la jeune femme qui habite encore chez ses parents. Elle dénonce une irruption brutale : « Les policiers se cachaient derrière la porte et quand ma mère a ouvert, elle a été blessée à la main ».

Les policiers n’ont pas trouvé le chat et Selena a été emmenée au poste de police. L’AFSCA confirme l’incident. « Nous étions en fait sur place pour récupérer le chat et l’emmener chez le vétérinaire pour le faire euthanasier », explique la porte-parole Hélène Bonte. « Nous espérons que le chat sera retrouvé bientôt, car s’il est infecté et que les gens entrent en contact avec lui, ils courent un risque. »

L’AFSCA nuance et rappelle les dangers de la rage, notamment chez les enfants

Selon l’AFSCA, Selena Ali avait été mise au courant des dangers de la maladie de la rage par l’organisme ainsi que par les Affaires Étrangères et savait que son chat devrait être euthanasié si elle rentrait en Belgique. En effet, ces dernières années, le Pérou a connu une augmentation du nombre de cas de rage dans différentes régions du pays. Rien que pour la région de Cuzco, d’où est originaire l’animal, la presse locale a fait état, en août 2019, de 5 cas de rage.

« Des alternatives ont été proposées à la propriétaire du chat : le faire garder temporairement par un ami, une connaissance, par le bar à chats… alors que la propriétaire était rapatriée vers la Belgique. Cette personne de confiance aurait pu s’assurer que le chat remplissait toutes les conditions (micropuce, vaccination valide, test sérologique…). Une fois ces conditions remplies et le délai de 3 mois nécessaire après l’administration du vaccin, le chat aurait pu rejoindre sa maîtresse en Belgique dans les conditions habituelles. L’AFSCA en a d’ailleurs informé la propriétaire, avant son départ du Pérou. Malgré ce refus, la propriétaire est montée à bord de l’avion avec son chat », explique l’AFSCA dans un communiqué.

Malheureusement, le seul moyen de savoir si un animal est atteint de la rage et de prélever un échantillon de son cerveau : « Le virus de la rage est sournois, un animal peut être porteur du virus sans présenter de symptôme de la maladie et, comme il n’existe pas de test pour détecter la rage chez les animaux vivants, le diagnostic est posé trop tard ou pas du tout ».

« La rage est une maladie virale mortelle qui est présente dans plus de 150 pays et qui, chaque année, tue plus de 55 000 personnes à travers le monde. La Belgique est indemne de cette maladie depuis 2001. Cependant, la vigilance reste de mise. Les conséquences peuvent alors être dramatiques. La Belgique doit rester exempte de rage et ne peut accueillir un nouveau virus mortel ! », rappelle l’Agence fédérale pour la sécurité de la chaîne alimentaire.

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