Xavier Dolan: Titanic m'a donné envie de faire du cinéma

Xavier Dolan
Xavier Dolan - Getty Images

Comment êtes vous arrivé au cinéma ?

Xavier Dolan : «J’ai d'abord été acteur mais je n'avais pas beaucoup de travail et je devais faire quelque chose de ma vie, alors j'ai eu envie de raconter des histoires et j'ai commencé par la mienne, en écrivant le sujet de mon premier film « J'ai tué ma mère » et cela a fonctionné.»

Sans aucune expérience ?

«Oui. Je n'avais pas fait de court métrage ni fréquenté d'école de cinéma. Il y avait cette nécessité de faire quelque chose en quittant l'école et de montrer que je n'étais pas un bon à rien. Je ressentais aussi ce besoin de raconter, d'inventer, d'imaginer, tout en restant dans la vie, dans le monde, dans la société.»

Titanic, le déclic.

Mais pourquoi cette envie de cinéma ?

«A 8 ans, j'ai vu « Titanic » et cela m'a impressionné, le spectacle, bien sûr, mais le message que le film délivre : « Vole et fais ce que tu veux». Je ne suis pas sorti du cinéma en criant que je voulais devenir réalisateur mais ce fut un déclic».

Quelles sont vos références ?

«Je n'ai pas vu tellement de films et je n'ai pas une grande culture cinématographique mais je me laisse imprégner par ce que je vois. « In the mood for love » de Won kar-wai m'a beaucoup inspiré et quelques autres films aussi. De toute façon, on est toujours influencé consciemment ou non. A notre manière, nous sommes tous des copieurs, des voleurs, spontanément mais au fur et à mesure qu'on répète ses idées, qu'on les adapte, qu'on les transforme, elles deviennent les nôtres et on sera alors « volé » par d'autres !»

Vos personnages sont des êtres à part, des marginaux.

«Pas forcément des marginaux car je ne veux pas, comme certains le font, montrer des gens qui n'ont rien, pas de but, pas de chance, pas d'espoir, pas d'illusion, rien (!) et qui ne luttent même pas pour obtenir quelque chose ; c'est ce qu'on appelle la pornographie des pauvres. Moi, je veux des personnages plein d'espérance, authentiques qui affrontent les réalités. Ce sont des rêveurs, des combattants, ils vivent, ils bougent, ils agissent comme ils le sentent pour être libres, pour être eux-mêmes, sans pour autant trouver le bien être et le bonheur. Ils essaient de faire ce qu'ils veulent, sans contrainte ni dépendance. Ils cherchent simplement leur propre espace de vie.»

L’histoire, avant tout.

En 6 films, vous avez déjà abordé différents genres. Quelle forme préférez-vous ?

«Je ne connais pas vraiment les mots justes et leurs limites respectives : comédie ?, drame ?, thriller ? Je ne sais pas vraiment. En tout cas, l'aspect psychologique est pour moi prépondérant et les relations humaines aussi bien sûr même si elles sont parfois très compliquées comme dans « Juste la fin du monde ». La forme et le style sont importants mais c'est l'histoire qui compte avant tout.»

Avez-vous définitivement abandonné le métier d'acteur ?

«Non pas du tout et le jeu me manque beaucoup. Je crois même que je préfère être acteur. Je le suis quand même quand je dirige les autres car je joue en même temps qu'eux et je les accompagne comme si je faisais un peu partie de « cast » mais c'est sûr je referai l'acteur dès que possible.»

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