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Brussels Airlines: perte mensuelle moyenne de 36 millions d’euros pour la compagnie sur la période avril-juin

Brussels Airlines CFO Dieter Vranckx
Brussels Airlines CFO Dieter Vranckx - Belga Image

Le 20 mai, soit mercredi prochain, les réserves de cash de Brussels Airlines seront en négatif de 11 millions d’euros. Sur l’ensemble de l’année, la compagnie prévoit un manque de liquidités de 290 millions d’euros, soit le montant évoqué pour une aide d’État du gouvernement belge. D’après elle, une injection de capital de 200 millions d’euros est par ailleurs nécessaire d’ici 2023.

Sans aide d’État ou de sa maison-mère allemande Lufthansa, l’entreprise se retrouvera face à des problèmes de liquidités et de solvabilité jamais vus, souligne-t-elle.

Dans ces documents, elle rappelle que sa rentabilité est en baisse de manière disproportionnelle depuis 2015, entre autres à cause des attentats de mars 2016 et de la faillite de la filiale belge du voyagiste Thomas Cook. Celui-ci remplissait l’équivalent de six avions et était synonyme de jusqu’à 100 millions d’euros de revenus.

La rentabilité est ainsi passée de 43 millions d’euros en 2015 à 18 millions un an plus tard, puis à -3 millions en 2018, si on omet le paiement d’une prime unique de 17 millions des assureurs pour les attentats de 2016. Pour la période juin 2018-juin 2019, les chiffres étaient négatifs de 9 millions d’euros.

Tout cela alors que la capacité de passagers a augmenté de 11 % depuis 2015 et que la compagnie en a transporté 22 millions entre juin 2018 et juin 2019. Il y a quelques mois, il était apparu qu’un seul siège par vol moyen lui rapportait de l’argent.

Si, lors des crises précédentes (comme celle du SRAS, la crise financière de 2008 ou celle post-attentats en 2016), il avait fallu 12 à 18 mois pour que la demande reprenne, Brussels Airlines redoute qu’il faille cette fois-ci bien plus de temps que cela. Elle prédit ainsi une baisse structurelle de ses activités durant plusieurs années et estime que la demande ne reprendra pas rapidement après la crise actuelle. Dans ce contexte, les soutiens de Lufthansa et du gouvernement belge sont indispensables à sa survie, insiste la compagnie.

Une marge de 8 %

L’entreprise vise désormais une marge bénéficiaire de 8 % d’ici 2025 et non plus 2022, comme cela était prévu dans le plan de redressement Reboot lancé l’automne dernier. Une marge nécessaire pour être profitable et pouvoir investir dans le renouvellement de la flotte.

Pour y arriver, Brussels Airlines souhaite donc se défaire d’un quart de son personnel, soit environ 1.000 personnes, dont environ 950 basées en Belgique.

Pour les 75 % restants, l’entreprise veut améliorer leur productivité, notamment en limitant les ’overnight’ (de 36 aujourd’hui à 25), c’est-à-dire les nuitées que le personnel passe à l’étranger et pour lesquelles il est rémunéré. Il est également question de davantage de flexibilité. « Travailler à 100 % en haute saison et à 60 % en basse saison est une nécessité pour le personnel volant », argumente l’entreprise. Les barèmes du personnel seront revus et simplifiés, et revus à la baisse d’environ 20 % pour le personnel. Les salaires bruts des pilotes ne pourront pas dépasser les 5.000 euros. Enfin, un plan cafétéria sera lancé.

Brussels Airlines va aussi réduire sa flotte de 30 %, est-il prévu dans son plan, et donc le nombre de destinations desservies. Le réseau n’en compterait, d’ici 2022, plus que 74, contre 98 actuellement.

Si elle atteint ses objectifs, la compagnie devrait recevoir de Lufthansa quatre avions A321XLR, des monocouloirs plus efficients, qu’elle pourra utiliser pour ses vols long-courrier. En particulier ceux à destination de l’Amérique du Nord (États-Unis et Canada), une zone sur laquelle l’entreprise mise beaucoup. Selon ses hypothèses, après 2023, elle pourrait lancer des vols à destination de Nairobi, Miami, Newark (New York), Boston et vers le Kilimandjaro (Tanzanie).

D’après ses prévisions, Brussels Airlines devrait transporter 7,2 millions de passagers (sur 60.000 vols) en 2021, puis 8,6 millions de voyageurs en 2023 avant de revenir et dépasser les 10,2 millions transportés en 2019 à l’horizon 2026, avec 10,7 millions de passagers, sur 74.000 vols en un an.

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