Rentrée scolaire, mode d’emploi: voici tout ce que vous devez savoir pour ce lundi 18 mai

Rentrée scolaire, mode d’emploi: voici tout ce que vous devez savoir pour ce lundi 18 mai

Si toutes les conditions de sécurité sont bien remplies, les écoles pourront rouvrir leurs portes et accueillir les élèves des années charnières, c’est-à-dire du sixième primaire et des sixième et septième du secondaire, à concurrence de deux jours par semaine maximum par groupe d’élèves, ce lundi 18 mai. Cela sera possible uniquement si les établissements scolaires sont aptes à respecter une série d’obligations en matière d’hygiène et de distanciation sociale notamment.

Un retour en arrière reste toutefois possible pour les écoles qui ne peuvent assurer complètement la sécurité des élèves, comme nous l’expliquait il y a quelques jours la Secrétaire générale de la FAPEO, Joëlle Lacroix : « Il est possible pour les établissements scolaires de tester pendant une durée de deux jours et demi (du lundi au mercredi) leur possibilité d’accueil ».

Des mesures d’hygiène strictes

Dans la partie francophone du pays, les écoles sont autorisées à rouvrir leurs classes de cours aux élèves progressivement mais sous certaines conditions : « La fourniture d’un équipement minimum apparaît comme une condition préalable indispensable à la reprise des leçons et à l’accueil d’un nombre plus important d’élèves », indique la Fédération Wallonie-Bruxelles dans une circulaire. Le but étant de minimiser le risque de contamination chez les élèves et le corps professoral.

Tous les élèves et les membres du personnel devront donc se laver les mains (eau et savon ou gel hydro-alcoolique), en plus du port du masque obligatoire toute la journée pour les élèves à partir de la sixième primaire et pour l’ensemble du personnel. D’abord en entrant dans l’école, ensuite dans la salle de classe (après la récréation), après être allé aux toilettes, après avoir toussé ou éternué, après avoir utilisé un distributeur ou encore avant de quitter l’école.

Dans les salles de classe

Dans la salle de classe, l’enseignement devra être organisé en classes de 10 élèves maximum, avec un minimum de 4 m2 par élève et 8 m2 supplémentaires par enseignant. Les chaises et bancs devront être disposés de manière à ce que la distance entre les bancs soit aussi grande que possible, de préférence proche des murs. Les places en classe devront être fixes.

Le matériel superflu devra être enlevé autant que possible. Les expériences dans le cadre des cours de chimie / physique / biologie ne seront pas organisées vu les types d’interactions qu’ils nécessitent.

Le cours d’éducation physique pourra quant à lui être maintenu, mais devra être ajusté pour maintenir la distance physique, avec de plus grandes distances si l’effort se traduit par une respiration plus forte.

Les situations où un enseignant donne cours dans plusieurs implantations doivent être évitées. Il faut veiller à aérer au maximum les locaux. Faire la classe à l’extérieur est recommandé. Les horaires d’arrivée et de départ des groupes d’élèves doivent être aménagés de façon à limiter les regroupements de personnes.

Les classes devront être nettoyées (bancs, équipement, tout ce qui peut être touché à la main) après chaque journée d’école et après chaque utilisation par un groupe d’élèves différent.

La vie au sein de l’école

En ce qui concerne les repas, les repas chauds ne devront pas être servis dans le réfectoire. Les repas froids, comme les tartines, sont conseillés, et de préférence en classe, à l’exception des internats, homes d’accueil et homes permanents.

Les mouvements de groupes au sein de l’école seront limités au strict nécessaire. Les horaires de récréation devront être adaptés en tenant compte de ce paramètre et des contraintes liées au respect des règles de distanciation sociale.

L’accès aux toilettes sera limité au nombre de lavabos qu’elles comportent et doit être pourvu de savon et de serviettes jetables. Des affiches doivent être placardées dans les toilettes pour rappeler aux élèves et au personnel de tirer la chasse d’eau et les sanitaires devront être vérifiés et éventuellement nettoyés deux fois par jour.

Une deuxième rentrée le 25 mai

En fonction du déroulement de cette première phase, les élèves de première primaire, et si possible ceux de deuxième, ainsi que les deuxièmes du secondaire pourront eux aussi retrouver les bancs de l’école à concurrence d’un jour par semaine maximum pour les premiers, et de deux jours par semaine pour les seconds.

En pratique, dans chacune de ces phases, les élèves seront subdivisés en petits groupes de 10 élèves maximum sauf exception si la taille du local permet d’en accueillir plus tout en respectant les distances de sécurité.

La rentrée en Flandre

En Flandre, le déroulement de la reprise des cours est légèrement différent et les élèves reprendront le chemin de l’école dès ce vendredi 15 mai. Selon Het Laastse Nieuws, 78 % des établissements scolaires sont prêts. Comme en Wallonie, les cours pourront reprendre ultérieurement si toutes les conditions d’accueil ne peuvent pas être respectées.

Cependant, les élèves et étudiants flamands fréquenteront les cours plus régulièrement que les francophones : 4 jours pour les premières et deuxièmes et 2 jours pour les sixièmes dans le primaire. Dans le secondaire, seuls les rhétoriques pourront retourner en classe et cela à concurrence d’une fois par semaine.

Une deuxième phase est prévue pour le 29 mai au plus tôt, ce qui permettrait ainsi aux élèves de deuxième et quatrième secondaires de retrouver leurs professeurs.

TVA

Les masques : la condition pour la réouverture

Du côté de la Flandre et de la communauté germanophone, la distribution de masques et de gels hydroalcooliques est en cours et devrait se terminer vendredi. Mais du côté de la Fédération Wallonie-Bruxelles, des inquiétudes sont présentes.

En effet, plusieurs directeurs d’école ont fait part de leur appréhension quant à l’éventuel manque de masques et de matériels de protection et s’inquiètent que tout ne soit pas prêt pour lundi. Certaines communes ont même décidé de ne pas rouvrir le 18 mai. Du côté de l’enseignement catholique, la SeGEC (Secrétariat général de l’enseignement catholique), a recommandé à ses écoles de reprendre les cours le mardi 19 mai, et non le lundi 18, et cela pour s’assurer que des masques sont bien disponibles pour l’ensemble des élèves et du corps enseignant.

Pourtant, voici ce que Pierre-Yves Jeholet avait expliqué mercredi lors de la conférence de presse du Conseil national de sécurité : « Les masques arrivent progressivement. Les premiers sont arrivés hier, comme convenu, et nous avons informé les écoles que la distribution se ferait probablement, et au plus tard, le week-end. Nous sommes toujours dans le timing ».

Les masques seront donc distribués plus tard dans la région francophone du pays et cela peut s’expliquer par le fait que chez nous, les distributions au personnel soignant et aux écoles sont gérées par deux entités différentes, la région wallonne, et la Fédération Wallonie-Bruxelles, alors qu’en Flandre, un seul niveau de pouvoir gère l’affaire.

Les masques seront-ils bien là pour l’arrivée des élèves lundi ? «  Je l’espère. C’est vrai que c’était prévu au dernier moment, avec une distribution ce week-end. Mais c’est une condition pour reprendre, et on fait tout pour que les masques soient bien là. L’important c’est que les enfants puissent rentrer dans les meilleures conditions  », a expliqué ce matin Pierre-Yves Jeholet sur La Première.

Si le matériel n’est pas distribué à temps, la réouverture de certaines écoles pourrait donc être repoussée : « Il faut que les masques soient là pour que ça redémarre, c’est la condition. On fait tout pour qu’ils arrivent, on espère qu’ils seront là, et on s’engage à ce que les écoles aient les masques ».

Pas de rentrée dans plusieurs communes, une check-list élaborée pour les écoles

Aiseau-Presles, Fleurus, Braives, Waimes, Quaregnon… Plusieurs communes ont fait savoir qu’elles ne comptaient pas ouvrir leurs écoles le 18 mai. Que ce soit une décision prise par les autorités locales ou par la direction des établissements scolaires, les deux mettent en évidence un manque de moyens matériels et humains pour assurer la sécurité du personnel et des élèves. À Sivry-Rance, le maïeur a pris la même décision pour garantir une égalité entre les élèves puisqu’une poignée de parents a décidé de ne pas remettre ses enfants à l’école.

Pour certains de ces établissements, la rentrée est repoussée, soit à septembre, soit au mois de juin, comme c’est le cas pour la commune de Quaregnon qui a annoncé reporter la reprise des cours au 8 juin.

Le nombre de règles qui s’appliqueront pour la rentrée est en effet conséquent et il est donc normal que les communes s’inquiètent. Une « check-list » (disponible ici) a donc été élaborée par les fédérations des pouvoirs organisateurs, les syndicats et fédérations d’associations de parents d’élèves.

Une check-list à rallonge qui comporte 125 critères ! Les écoles seront-elles capables de tous les respecter ? « Aucun critère n’est impossible », nous affirmait Joseph Thonon, président communautaire de la CGSP-Enseignement. Cependant, Roland Lahaye (CSC-Enseignement), avait expliqué qu’une certaine souplesse devait être tolérée : « Il y a des incontournables comme les masques, les distances sociales, le gel, l’interdiction de mélanger les groupes, l’hygiène des mains… Mais d’autres éléments dépendent des réalités locales ».

Quoi qu’il en soit, si les élèves remarquent un manquement, la FAPEO encourage les parents à faire remonter l’information : « Notre souci premier, et celui des syndicats et conseillers en prévention, est d’assurer la sécurité des élèves », nous a assuré Joëlle Lacroix.

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Pas d’examens et redoublement « exceptionnel »

La fin de l’année ne sera pas comme les autres pour les enfants et adolescents qui pourront faire leur retour à l’école. En effet, on sait déjà que les examens n’auront pas lieu, il s’agissait surtout que les élèves retrouvent un lien avec l’institution scolaire.

Mais comment vont se passer les délibérations ? Une circulaire de la ministre de l’Education Caroline Désir a déjà précisé fin avril aux acteurs de l’enseignement que le redoublement d’élèves dans ce cadre devra être « exceptionnel ».

Mais ce n’est pas pour autant que tout le monde pourra passer dans l’année supérieure, comme l’a affirmé ce matin Pierre-Yves Jeholet : « Le gouvernement de FWB va se pencher aujourd’hui sur la question des conseils de classe », a-t-il précisé. Mais « non, on ne va pas laisser passer tout le monde ».

Sans session d’examens, « les jurys et conseils de classe auront un rôle encore plus important à jouer que les années précédentes », rappelle-t-il. Dans ce cadre, « les redoublements devront être l’exception », mais cela ne veut pas dire qu’il n’y en aura pas.

« Si redoublement il y a, il y aura d’abord un dialogue avec l’enfant et les parents. Le but, évidemment, est de ne pas avoir toute une série de recours. Tout sera fait pour privilégier le dialogue », a résumé le ministre-Président de la Fédération Wallonie-Bruxelles.

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