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Coronavirus: la colère gronde parmi les directeurs d’écoles après l’annonce de la reprise, «Trop c’est trop»

Coronavirus: la colère gronde parmi les directeurs d’écoles après l’annonce de la reprise, «Trop c’est trop»

« Nous ne sommes pas opposés à une réouverture des écoles, mais pas dans ces conditions : Trop c’est trop… voire tout simplement impossible », réagit ainsi le collège des directeurs du libre primaire à Bruxelles et en Brabant wallon (Cobra) dans une lettre ouverte à la ministre de l’Education, Caroline Désir (PS), qu’il souhaite pouvoir rencontrer.

Après avoir travaillé sans relâche depuis le début du confinement, après avoir tout mis en œuvre pour respecter les consignes sanitaires strictes décidées pour la rentrée des 6e primaires le 18 mai dernier, ces directeurs disent ne pas comprendre le revirement soudain et mené sans concertation.

« Nous nous sentons considérés comme de simples serviteurs du politique et de l’administration pour mettre en place des mesures impraticables imaginées par des personnes n’y mettant jamais les pieds. (…) A présent, nous devons faire fi de ces dernières semaines et réinventer une nouvelle fois nos écoles avec des mesures relevant de l’impossible. Mais à l’impossible, nul n’est tenu ! », peste le Cobra, qui représente quelques 200 directions d’écoles catholiques.

Sa présidente, Christine Toumpsin, directrice de l’école Notre-Dame d’Anderlecht, annonce déjà qu’elle ne rouvrira « certainement pas » le 2 juin prochain. Pour elle, le calendrier serré est tout simplement intenable pour préparer les locaux, prévenir les parents, concerter les enseignants…

Dans l’officiel, l’humeur n’est pas fort différente. « Il est clair que les directeurs ne sont pas très contents. Beaucoup sont dans une forme d’incompréhension », commente Dominique Luperto, secrétaire général du Conseil de l’enseignement des communes et des provinces (CECP).

« Ces dernières semaines, ils ont dû fournir un travail inouï pour mettre en place les conditions sanitaires drastiques (masques, gel, fléchage, réaménagement des locaux…). Et puis, quinze jours plus tard, on leur dit : +on oublie tout+. Il est clair qu’ils ont l’impression qu’on les utilise comme des marionnettes. Ceci dit, sur le fond, tout le monde est d’accord pour dire qu’il faut faire rentrer les élèves, mais sur la forme et la mise en œuvre de la décision, c’est clair qu’il y a une forme de colère ».

Pour Dominique Luperto, l’assouplissement des mesures sanitaires décidé mercredi soir pourrait dissuader beaucoup de parents de renvoyer leurs progénitures à l’école.

Or, celui-ci rappelle qu’avec les mesures drastiques en vigueur jusqu’à présent, seuls 30 à 40 % des élèves de 1re et 2e primaire avaient retrouvé leur banc d’école.

Avec des normes désormais moins sévères, le risque est grand à ses yeux de voir ce pourcentage diminuer. De plus, les enseignants étant appelés à retravailler à plein-temps en présentiel, ceux-ci n’auront plus le temps de préparer des travaux à domicile pour ceux qui resteront chez eux, ce qui risque de renforcer les écarts d’apprentissage entre élèves.

Quant au calendrier arrêté par les autorités -qui laisse deux jours ouvrables à peine aux directions –, M. Luperto juge celui-ci fort court. Plusieurs pouvoirs organisateurs communaux lui ont d’ailleurs déjà fait savoir qu’ils n’organiseraient pas la rentrée dès le 2 juin, mais progressivement à partir du 3 pour les 1re maternelles, le 4 pour les 2e et le 5 pour les 3e maternelles, avant une reprise générale des primaires prévue le 8.

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