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L’énorme couac aux frontières: la Belgique autorise les visites dans les pays voisins… mais pas en France, confirment les Affaires étrangères!

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L’énorme couac aux frontières: la Belgique autorise les visites dans les pays voisins… mais pas en France, confirment les Affaires étrangères!
Capture vidéo RTL TVI

À partir d’aujourd’hui, les Belges pouvaient franchir la frontière pour voir leur famille et aussi pour faire leurs courses, avait annoncé le ministre de l’Intérieur Pieter De Crem vendredi soir, et le Ministre des Affaires Étrangères, Philippe Goffin, ce samedi matin. Seuls les pays frontaliers étaient concernés par cette nouvelle mesure, qui fonctionne dans les deux sens. Une précision n’avait pourtant pas été évoquée : la France n’est pas concernée  ! (à lire ci-dessous)

Ce samedi, la mesure est passée dans la Loi. Dans la publication au Moniteur Belge, on peut ainsi lire : « Les voyages non essentiels au départ de la Belgique et vers la Belgique sont interdits. Par dérogation à l’alinéa premier, il est autorisé de rendre visite aux membres de la famille qui habitent dans un pays limitrophe, tout en respectant les conditions prévues (de sécurité, NDLR), ainsi que de faire ses courses dans un pays limitrophe. »

Pourtant, mauvaises surprises pour de nombreux Belges ce matin. Ils étaient nombreux à avoir été refoulées aux frontières franco-belge et belgo-néérlandaise ce samedi. Et vous êtes nombreux à nous avoir alertés.

La France confirme que ses frontières restent fermées

Car la France n’a pas du tout l’intention d’ouvrir ses frontières à ses voisins avant le 15 juin, comme l’a indiqué une porte-parole du Ministère de l’Intérieur français à nos confrères de RTL. « Comme on l’a toujours dit, nos frontières ne rouvriront pas avant le 15 juin. Certes, la Belgique autorise la sortie de son territoire mais la France n’ouvre toujours pas ses frontières ».

Contactée par nos confrères de La Voix du Nord, la préfecture du Nord a confirmé qu’il n’était pas question pour les Français de prévoir une escapade en Belgique dès aujourd’hui, de même que les Belges devront encore patienter un peu pour venir faire des courses en France.

Impossible donc de traverser la frontière sauf pour les motifs déjà en vigueur (raisons professionnelles, garde alternée, assistance à personne vulnérable, soins médicaux…), où l’on doit toujours disposer d’une attestation de déplacement dérogatoire. Un document est disponible sur le site du ministère de l’Intérieur français. Si des Belges sont contrôlés à la frontière française sans motif valable, les forces de l’ordre leur demanderont de faire demi-tour. S’ils sont contrôlés au sein du territoire français, une amende de 135 euros est applicable, a expliqué le ministère de l’Intérieur français à RTL.

Les Pays-Bas surpris

Au Pays-Bas, on a été surpris par la décision belge. « Les Belges sont doués pour les tactiques surprises », a réagi Marga Vermue, maire de L’Écluse, une petite ville néerlandaise à côté de la frontière belge, à nos confrères de la VRT. « En mars, la frontière s’est soudainement fermée sans aucune consultation, et maintenant nous sommes à nouveau surpris. »

Elle affirme avoir eu des consultations avec des bourgmestres du côté belge de la frontière cette semaine, et selon elle, personne n’était au courant des plans du gouvernement à l’époque. Et elle est formelle : elle n’a pas été officiellement notifiée de l’arrêté ministériel publié ce matin au Moniteur Belge. « Ce n’est pas un bon exemple de communication », dit-elle. Des consultations urgentes sont en cours explique-t-elle encore. Mais la situation pourrait donc se normaliser.

Pas de problème au Luxembourg

Au Luxembourg par contre pas de problème : le Ministre des Affaires étrangères luxembourgeois Jean Assleborn avait déjà annoncé vendredi soir que ces déplacements seraient permis et se félicitait de la décision prise en Belgique.

Les Affaires étrangères réagissent enfin : pas de visites en France !

Ce matin, le Ministre des Affaires Étrangères Philippe Goffin expliquait qu’il s’agissait simplement d’une situation de « flottement ». « C’est vrai que l’arrêté est publié aujourd’hui donc je comprends qu’il y ait un petit flottement pendant une heure ou deux par rapport à l’application de cette règle. Elle s’installe et on est dans un processus progressif de réouverture des frontières prudent et idéalement concerté », avait expliqué Philippe Goffin au micro de RTL-TVI.

Cependant, comme on l’a vu toute la journée, cette explication ne tenait pas. Contactée de partout, les Affaires étrangères ont enfin fait le point ce samedi après-midi : la France n’est pas concernée par ces nouvelles mesures ! Une mauvaise communication du monde politique donc…

Depuis ce samedi donc, les Belges sont autorisés à rendre visite aux membres de leur famille résidant en Allemagne, au Grand-Duché de Luxembourg ou aux Pays-Bas. Ils peuvent également traverser la frontière pour faire des achats dans ces pays, à condition de respecter les mesures en vigueur. Ces autorisations ne concernent cependant pas la France, où seuls les déplacements essentiels sont permis, précisent les Affaires étrangères, comme expliqué plus haut. Il est nécessaire de se munir ainsi que de remplir une attestation pour un déplacement international.

« Quand la communication n’est pas claire, il faut pouvoir l’assumer »

Sur le plateau de la RTBF, le ministre des Affaire étrangères Philippe Goffin a également insisté sur le fait que les déplacements pour voir de la famille dans les pays frontaliers, à l’exception donc de la France, devaient rester « des voyages limités en termes de kilomètres ». Les courses doivent elles être « très réduites ». « Quand la communication n’est pas claire, il faut pouvoir l’assumer » et la rectifier, a reconnu Philippe Goffin.

Les problèmes à la frontière néerlandaise devraient donc, si tout va bien, n’être bientôt plus qu’un lointain souvenir. Par contre pour la France, il faudra encore patienter…

« Dans le cadre de la crise liée au coronavirus, le gouvernement belge a décidé d’interdire tous les voyages non essentiels vers l’étranger, jusqu’au 7 juin compris », rappelle-t-il dans un communiqué. « Le Conseil National de Sécurité évaluera cette interdiction en temps utile. »

Pour rappel, les visites au-delà des étaient interdites depuis le 20 mars en raison des mesures de lutte contre le coronavirus, lorsque les frontières ont été fermées aux déplacements non essentiels.

Pagaille, déception et larmes à la frontière franco-belge

Vendredi, le ministre de l’Intérieur Pieter De Crem avait autorisé à partir de samedi les belges à se rendre dans un pays limitrophe pour « faire leurs courses » et « voir leurs proches ». Ces déplacements étaient interdits depuis le 20 mars dans le cadre des mesures de confinement mises en oeuvre pour lutter contre la pandémie provoquée par le coronavirus.

Seules les visites d’un parent âgé en Ehpad (établissement pour personnes âgées) ou les déplacements d’un enfant en garde partagé ou d’un travailleur frontalier étaient autorisées.

Or, la police française réclame toujours une attestation avec de bonnes raisons professionnelles ou familiales pour laisser entrer les voisins étrangers, belges ou autres. « Depuis ce matin, plus de cent véhicules ont dû faire demi tour », explique à l’AFP sous couvert d’anonymat l’un des trois policiers en faction au poste-frontière de Saint-Aybert, sur l’autoroute reliant Bruxelles à Paris. « Nous n’avons reçu aucune nouvelle directive, on nous a dit de continuer les contrôles comme avant. »

Parmi les conducteurs refoulés, la tristesse domine. « Nous sommes déçus », réagit les larmes aux yeux Renée-France Ringard, une Belge d’une cinquantaine d’années qui comptait retrouver son père demeurant à Croix, dans la banlieue de Lille. Elle ne l’a pas vu depuis le confinement, il y a maintenant plus de deux mois et demi. « Le policier nous a expliqué qu’il n’y a pas de concertation entre les Français et les Belges », raconte-t-elle. « Nous avons promené la voiture », conclut cette Bruxelloise pour résumer sa journée.

Même déconvenue pour Yvon Mathurin et Paule Wetz, un couple d’une cinquantaine d’années, qui s’étaient fait une joie de voir leur fille et leurs petits-enfants, résidant à Aniche (France). « A la télévision, nous avons vu le ministre belge dire que les visites étaient autorisées, ainsi que les courses. On est fort surpris, cela paraît injuste, il n’y a pas de coordination en Europe », dit la quinquagénaire.

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