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«Elle est sublime», les Parisiens savourent la première bière en terrasse (photos)

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«Elle est sublime», les Parisiens savourent la première bière en terrasse (photos)
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Le jeune homme a bu des bières pendant le confinement, mais « ce n’est pas pareil à table, de se faire servir… c’est plus qu’une simple bière », explique-t-il en entamant sa deuxième pinte au milieu des tables, toutes occupées.

Pour Kevin Amar et Matthias Lévêque, deux des trois patrons du bar, le plaisir est partagé. « On revit », même s’ils ont pu continuer à ouvrir leurs portes, notamment pour servir de point de livraison à des primeurs. « Là on retrouve les habitués, les gens qui nous disent qu’ils sont contents… ça fait plaisir ».

Un peu plus loin, la place Sainte-Marthe semble elle aussi revivre, avec les terrasses des bars prises d’assaut dès l’ouverture. A celle de La Sardine, Jane, 21 ans, avoue « ne pas être très à l’aise, en vrai. Ca fait un peu bizarre de passer de rien à tout comme ça ».

Sur la même table, Adèle, 21 ans, regarde bien si les serveurs portent des masques, mais savoure surtout sa bière « au goût de la liberté ».

En Ile-de-France, comme en Guyane et à Mayotte, zones classées orange car davantage sous pression face au coronavirus, seules les terrasses peuvent recevoir des clients avec une distance minimum entre chaque table.

Ainsi le café Chéri(e), sur le boulevard de Belleville, a dû réduire d’environ 30 % le nombre de ses tables en terrasse, mais garde malgré tout une belle surface, explique Mendel Coppens, le patron. « Les gens sont hyper contents, je les trouve même plus polis, plus tolérants », se réjouit-il.

Dès 17H, les premiers habitués se sont précipités : « On guettait l’ouverture de la terrasse, on était là les premiers », rigolent Yoann, Vincent, Paul et Antoine, trois bières et une grenadine sur la table.

« Ca fait du bien d’être entre copains aussi », explique Yoann, quand Vincent décrit cette première bière et son « goût de +reviens-y+ ».

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– Plaisir parisien -

Dans ces quartiers de l’Est parisien, les terrasses étaient remplies dès le matin avec le premier café noir.

Chez Prune, institution du canal Saint-Martin, Charlotte, la trentaine, avait même mis son réveil « juste pour ça ». « On est super content, c’est le café en bas de chez nous, on est content de le voir rouvrir, il y a même de la place ! », jubilait cette habitante de l’Est parisien, qui a vécu son confinement dans un petit appartement.

Un espace, luxe suprême à Paris, apprécié également par Anne, 46 ans. « Normalement, on est tous tassés, là c’est agréable », explique-elle, savourant un café après avoir déposé son fils à l’école.

Philippe, 61 ans, « toujours stressé par ce virus », a d’ailleurs commencé par vérifier que les « distanciations sont respectées » avant de commander son café, « un grand plaisir, un peu une impression de liberté retrouvée ».

Rive gauche, au mythique Café de Flore, sur le huppé boulevard Saint-Germain, la joie était aussi matinale pour Anissa, cigarette aux lèvres pour accompagner son café au lait.

« Paradoxalement, c’est encore plus agréable avec plus d’espace », sourit l’avocate de 38 ans. « Le café, c’est typiquement parisien », explique cette habituée des lieux qui habite dans les environs.

Le Flore a fait le bonheur de sa clientèle en rouvrant sa terrasse dès 07H30. Avec quelques changements : un cordon pour marquer la file d’attente sur le bord de la chaussée, des tables jusque devant la vitrine de la librairie adjacente, disposées par deux et largement espacées. Lorsqu’un client seul s’assoit, une croix rouge rappelle que la seconde table est inutilisable. Tout le personnel est par ailleurs masqué.

Certains clients sont même arrivés en avance. « Ils avaient envie de reprendre leur rituel », explique à l’AFP le directeur général de l’établissement Alexandre Siljegovic.

« Le Flore, c’est un symbole pour les Parisiens, donc on a rouvert sans se poser de question », poursuit M. Siljegovic. Le café, qui ne peut accueillir que « 30 % » de sa clientèle dans ces conditions, va aussi « devoir se passer de la clientèle asiatique » et compte « sur les habitués » et les touristes européens qui pourraient revenir dès le 15 juin, après la réouverture des frontières.

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