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Il reste 100 jours pour former un gouvernement: Sophie Wilmès (MR) prendra-t-elle le flambeau?

Il reste 100 jours pour former un gouvernement: Sophie Wilmès (MR) prendra-t-elle le flambeau?
Belga

Gouvernement de plein exercice : Paul Magnette et Conner Rousseau à l’initiative ». À travers ses deux présidents, la famille socialiste a pris l’initiative de s’entretenir avec les autres partis, donnant en quelque sorte un coup d’envoi (un an après les élections du 26 mai 2019, l’expression peut faire sourire) à de futures négociations. « Les socialistes sont la première famille politique du pays. Cette façon de procéder est logique, même si elle a l’inconvénient d’associer le président du premier parti francophone à celui du cinquième parti flamand », fait remarquer Caroline Sägesser chargée de recherches au CRISP (Centre de recherche et d’information sociopolitiques). Le duo pourrait-il garder la main ensuite ? Cela ne semble pas son intention. En cette fin de semaine, au PS, on se disait surtout concentré sur l’important Conseil des ministres élargi de ce matin (lire par ailleurs). Il peut se révéler un bon test. Lisez : si les partis ne parviennent pas à s’entendre, ça promet lorsqu’il faudra négocier un plan de relance que l’on voit comme l’ossature d’un prochain accord de gouvernement. « On se trouve un peu dans une phase transitoire », nous disait, hier, un socialiste. « On ne voit pas vraiment comment cela doit se passer ensuite. »

Il reste 100 jours pour former un gouvernement : voici comment ça va se dérouler.

Que fait-on ensuite ? L’initiative à Sophie Wilmès ? Le président du MR, Georges-Louis Bouchez, voit, lui, très bien la suite des opérations. Il serait favorable à ce que la famille libérale prenne la main. Il n’a d’ailleurs pas manqué de critiquer l’initiative socialiste, la comparant presque à un « petit coup d’État », le Roi ayant été mis hors-jeu. Dans les rangs libéraux, certains critiquent la manière de faire socialiste. « En laissant tomber la réforme de l’État ou en proposant de refédéraliser les soins de santé, ce qui sera imbuvable pour la N-VA et le CD&V, Magnette ne met pas toutes les chances de son côté. »

Pourquoi ne pas confier une mission centrale à Sophie Wilmès  : elle est Première ministre, plaide pour un nouveau gouvernement plus large que le sien et est moins la cible des critiques socialistes que M. Bouchez. La femme providentielle ? « Sophie Wilmès est probablement une personnalité plus consensuelle, notamment en raison de sa position de Première ministre qui lui donne un rôle rassembleur », admet Caroline Sägesser. « Mais elle n’est ni formatrice ni informatrice. Le kern élargi a eu l’avantage de constituer une arène de rencontre régulière des présidents de partis, même si Peter De Roover, le chef de groupe N-VA à la Chambre, y remplace Bart De Wever et c’est un handicap. Cela a pu générer une dynamique positive, toutefois ce n’est pas l’endroit où poursuivre ces négociations. Ce n’est pas non plus le rôle de Sophie Wilmès de les présider. En revanche, il faut que le processus soit validé par elle, et c’est bien le cas. » Un challenge que Mme Wilmès, épuisée par la crise, n’aurait visiblement pas fort envie de relever, disent certains.

► Et le Roi, que peut-il faire ? Réponse.

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