Déchets nucléaires: aucun site de stockage n’est défini à ce stade, assure la ministre de l’Énergie Marie Christine Marghem

Déchets nucléaires: aucun site de stockage n’est défini à ce stade, assure la ministre de l’Énergie Marie Christine Marghem
Belga

Une enquête publique menée par l’Office des déchets radioactifs et des matières fissiles (Ondraf) est en cours. Le délai de réponse étant fixé à ce samedi 13 juin inclus.

L’Ondraf propose le stockage géologique ou souterrain sur le territoire belge comme « destination finale » des déchets hautement radioactifs issus de l’activité des centrales nucléaires, la catégorie C regroupant les déchets de haute activité. La consultation a démarré le 15 avril et s’achèvera ce 13 juin. Cette consultation porte sur le principe de l’enfouissement, pas sur la désignation des sites de stockage.

La commission Energie de la Chambre s’est à nouveau penchée sur le sujet mercredi.

L’ouverture de cette enquête publique a provoqué le mois dernier un incident avec le Grand-Duché du Luxembourg, la ministre grand-ducale de l’Énergie Carole Dieschbourg, affirmant, carte à l’appui, que sept sites proches de la frontière avaient été identifiés pour ce stockage géologique.

Le Land allemand de Rhénanie-Palatinat a lui aussi fait part de ses craintes, ainsi que plusieurs élus issus principalement de la province de Luxembourg. « La carte qui a circulé n’a pas été établie par l’Ondraf », a assuré Marie Christine Marghem (MR).

« Le choix (des sites d’enfouissement) sera le fruit de consultations et d’études (ultérieures). Ce n’est pas à l’ordre du jour et ce n’est pas l’objet de la (présente) consultation. Un dialogue sur ces éléments est prématuré », a-t-elle conclu.

« Le processus durera des décennies et se terminera aux alentours de 2040 », a ajouté Marie Chrisine Marghem. « Selon le planning actuel, issu du scénario de référence établi par l’Ondraf, l’obtention de l’autorisation d’exploitation est prévue vers 2050. La mise en stockage des déchets de catégorie B est envisagée vers 2075-2090, ceux de catégorie C entre 2115 et 2130. » Le coût total de l’opération est estimé à 10,7 milliards d’euros (en valeur constante 2017). » La masse à stocker est estimée à 32.000 tonnes pour les déchets de catégorie B et 12.000 tonnes pour ceux de catégorie C.

« Le sujet est extrêmement délicat par son ampleur, les impacts environnementaux qu’il génère et son impact dans le temps », a conclu Mme Marghem. « Il est nécessaire de prendre son temps à chaque étape de la procédure. »

Cette réponse n’a pas convaincu le député Ecolo Samuel Cogolati, qui avait sans succès demandé la prolongation de l’enquête publique. « Il n’y a pas assez d’informations (à ce stade). On nous demande notre avis alors qu’il manque des infos capitales sur le où, le quand et le comment. Ce sont des décisions qui sont vraiment importantes. »

« Quelle suite allez-vous donner si l’ensemble des avis sont défavorables à l’enfouissement géologique ? «, s’est interrogée Mélissa Hanus (PS). « J’ai l’impression que l’on nous demande de choisir alors que nous n’avons pas le choix. »

« Nous devons avancer », a à l’inverse exhorté le député N-VA Bert Wollants. « Il faut prendre la décision sur le principe du stockage géologique. Je suis étonné d’observer que ceux qui introduisent le plus de questions ne les ont même pas posées à l’Ondraf. On est en train d’enfouir le débat et j’ai l’impression que certains veulent que l’on ne décide pas ».

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