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«Des faiblesses dans le plan de sauvetage de la Grèce ont retardé l’effet des réformes», déplore Joaquin Almunia

«Des faiblesses dans le plan de sauvetage de la Grèce ont retardé l’effet des réformes», déplore Joaquin Almunia
Belga Image

« Les effets conjoints de ces diverses faiblesses ont fait que les avantages des réformes structurelles se sont matérialisés beaucoup plus tard que prévu », affirme dans son rapport l’« évaluateur indépendant » Joaquin Almunia, ancien commissaire européen.

Les programmes du Mécanisme européen de stabilité (MES) et de son prédécesseur, le FESF, n’ont pas suffisamment tenu compte de la nécessité d’une durabilité à long terme pour l’économie grecque, indique le socialiste dans son rapport commandé par les dirigeants du MES.

Dans la foulée de la crise économique mondiale de 2008, la Grèce, plombée de dettes et par de graves problèmes de gestion, avait dû solliciter l’aide internationale en 2010 peu de temps avant un effondrement financier. Dans les années qui ont suivi, Athènes a obtenu de gigantesques prêts en échange de douloureuses réformes structurelles et de mesures d’austérité. Au total, le MES et le FESF auront versé plus de 200 milliards d’euros au pays, qui devra rembourser entre 2034 et 2060.

« L’impact macroéconomique des réformes structurelles n’a pas été systématiquement pris en compte par les institutions », pointe le rapport pour expliquer ce retard.

S’il relève que, globalement, l’économie est désormais mieux protégée contre les chocs extérieurs, en revanche « les perspectives de croissance à long terme sont modérées car la productivité et la compétitivité n’augmentent que lentement, et les réformes n’ont pas été pleinement mises en œuvre ».

Selon le rapport Almunia, la rigueur des objectifs budgétaires a certes empêché une nouvelle augmentation de la dette, mais l’assainissement budgétaire a sapé la croissance qui était nécessaire pour réduire considérablement cette dernière par rapport au Produit intérieur brut.

Il n’empêche : au départ d’une situation « désastreuse », le MES et le FESF « sont parvenus à préserver l’intégrité de la zone euro, à stabiliser les finances publiques grecques et à renforcer les institutions ».

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