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Formation fédérale: les socialistes proposent une tripartite classique, seule option valable pour Paul Magnette et Conner Rousseau

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Formation fédérale: les socialistes proposent une tripartite classique, seule option valable pour Paul Magnette et Conner Rousseau
Belga

Une coalition tripartite classique paraît la seule option praticable aux deux présidents socialistes, Paul Magnette et Conner Rousseau, si l’on veut éviter des élections anticipées, a-t-on appris mardi de sources socialistes.

Cette alliance regrouperait six partis, soit le PS, le sp.a, le MR, l’Open Vld, le CD&V et le cdH, sans toutefois disposer d’une majorité à la Chambre. Le gouvernement minoritaire ainsi formé devrait chercher en fonction des projets sur la table le soutien des écologistes et/ou de la N-VA. Toute autre formule se heurte aux exclusives posées par les uns et les autres, selon les conclusions des présidents du PS et du sp.a.

MM. Magnette et Rousseau ont remis lundi à la Première ministre, Sophie Wilmès, leur rapport, fruit de la consultation des dix partis associés aux pouvoirs spéciaux. Ils lui demandent de prendre le relais en vue de former un gouvernement fédéral de plein exercice d’ici le mois de septembre, lorsque la question de la confiance à l’exécutif actuel sera à nouveau posée. Jusqu’à présent, le MR, parti de Mme Wilmès, estime que le travail des deux socialistes n’est pas achevé, les partis concernés n’ayant pas encore donné leur réponse.

Francken ne croit pas à la formule d’une coalition minoritaire

Un gouvernement minoritaire qui doit chercher le soutien du parlement n’est pas une bonne formule pour gouverner le pays en temps de crise du coronavirus, estime le député Theo Francken (N-VA).

La tripartite classique, telle que la préconisent les présidents du PS et du sp.a, ne disposerait pas de majorité en Flandre, mais bien du côté francophone. « Si l’on veut faire ce genre d’expérience sur la population, nous verrons au plus tard en 2024 ce qu’elle en pense », a-t-il dit mardi sur les ondes de Radio 1.

La complexité belge ne peut s’accorder avec une telle formule, selon le député nationaliste. « Je ne crois pas dans une forme de gouvernement minoritaire. La Belgique est trop enchevêtrée. Cet enchevêtrement en sortira renforcé ».

La N-VA n’en dit pas plus à ce stade des discussions. Elle attend de voir la réaction des autres partis, dont celle du CD&amp ; V qui jusqu’à présent n’a pas voulu s’engager dans une alliance sans la N-VA.

Le cdH est prêt à souscrire à la tripartite classique

Le cdH est prêt à souscrire à la proposition des présidents socialistes d’un gouvernement tripartite classique même s’il est minoritaire. A ses yeux, ce «scénario constructif» offre une amélioration par rapport à la situation actuelle, où la coalition gouvernementale ne repose que sur 38 des 150 sièges de la Chambre, et ouvre la perspective d’une sortie de crise.

«Soyons clairs: dans 10 jours c’est la fin des pouvoirs spéciaux. La fin aussi du super kern et d’un appui large à l’actuel gouvernement. Et ce alors même que notre pays a besoin d’un plan de relance fort et rapide! Les faillites en masse s’annoncent et hélas les pertes d’emploi aussi. Le statut quo n’est plus possible», a souligné le président Maxime Prévot.

Le président des centristes francophones n’a pas encore reçu le rapport de Paul Magnette et Conner Rousseau. Il se montre toutefois ouvert à leur proposition.

«L’option qui semble être esquissée par les présidents socialistes dans leur rapport -que nous n’avons pas reçu jusqu’à présent- a le mérite d’élargir l’assise gouvernementale et le soutien parlementaire à une période critique pour notre pays et son économie. C’est en tout état de cause mieux que la situation actuelle (ultra minorité de 38 sièges) même si elle n’offre pas encore à ce stade de majorité nette», a-t-il ajouté.

«Je pense qu’il peut s’agir d’un scénario constructif d’élargissement de la majorité par étape d’ici septembre. Si pareille démarche devait prendre forme dans les jours qui viennent au vu de l’urgence d’action, le cdH pourrait y souscrire et s’impliquer avec la force de ses idées car il est plus que temps d’offrir à la Belgique une perspective positive de sortie de crise», a-t-il conclu.

Seule option pour éviter la paralysie et le chaos

Le président du PS, Paul Magnette, voit dans la formule d’une tripartite classique la seule option qui permette à la Belgique d’éviter «le chaos et la paralysie» après le 27 juin et la fin des pouvoirs spéciaux accordés au gouvernement fédéral.

M. Magnette et son homologue du sp.a, Conner Rousseau, ont remis lundi un rapport à la Première ministre, Sophie Wilmès, afin de préparer l’après 27 juin. Ils ont consulté les dix partis associés aux pouvoirs spéciaux sur la façon de constituer un gouvernement fédéral et préparer un plan de relance.

Comme avant la crise du coronavirus, aucune majorité ne semble possible, chaque formule se heurtant aux exclusives mises par l’un ou l’autre parti.

«Après un an de crise, on a testé une dizaine de formules mais il y a toujours un des partis indispensables qui n’en veut pas», a souligné M. Magnette sur le plateau de la RTBF.

Les deux présidents proposent donc que les partis socialistes et le cdH se joignent à la coalition gouvernementale actuelle -MR, Open Vld, cdH- pour mettre sur pied un programme de gouvernement et de relance d’ici le mois de septembre quand Mme Wilmès posera à nouveau la question de la confiance au parlement.

Cette tripartite classique ne disposera que d’une «majorité relative», soit 71 sièges sur 150, a souligné M. Magnette sur le plateau de la RTBF. Actuellement, les libéraux et le CD&V ne peuvent compter que sur 38 sièges.

Il faut aujourd’hui se décider, selon le président du PS. Des décisions doivent être prises pour refinancer les soins de santé, sauver des entreprises et des emplois et amortir les effets sociaux de la crise.

Les socialistes ne voient pas de solution de rechange à leur proposition. «Je veux éviter la paralysie et les élections», a dit M. Magnette.

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