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«Je ne pouvais plus travailler avec Jérôme de Warzée»: Bénédicte Philippon, l’ex-Pouf du «Grand Cactus», revient à son premier amour, la musique

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«Je ne pouvais plus travailler avec Jérôme de Warzée»: Bénédicte Philippon, l’ex-Pouf du «Grand Cactus», revient à son premier amour, la musique
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Elle est belle, sympa, gentille… Et elle est pleine de talents. Sortie du conservatoire royal de Bruxelles en 2007, Bénédicte Philippon a d’abord connu le succès sur les planches et sur les écrans. C’est dans le plus grand secret que la jeune femme a préparé son retour à la musique. Nous l’avons retrouvée chez Romeo Records, le label, où, avec son producteur Simon Vancouver, elle fabrique ses chansons. Rencontre confidences.

La chanson n’est pas un univers qui vous est inconnu ?

J’ai toujours chanté. J’ai eu un groupe pop-rock de mes 15 à mes 18 ans, et un autre jusqu’à mes 21 ans. J’ai complètement arrêté la musique à 22 ans.

La musique vous manquait ?

Quand même ! Et je me disais que ça reviendrait peut-être un jour. Je joue au Magic Land Théâtre depuis des années. Il y a beaucoup de chansons dans chaque spectacle. J’avais un petit manque et ça m’a fait plaisir de pouvoir le combler.

« Je ne me vois pas comme une chanteuse », dites-vous. Pourquoi ?

Je trouve que je n’ai pas une voix de chanteuse. Je chante juste mais je n’ai pas la voix de Mariah Carey. Une chanteuse, c’est Céline Dion… ou des chanteuses qui ont un vrai organe. Je me vois d’abord comme une actrice. Et puis, j’ai toujours eu peur de ne pas être légitime.

Vous composez, vous écrivez…

Depuis l’adolescence.

Qu’est-ce qui vous inspire ?

La joie, la tristesse, la mort, le désespoir, l’amour, la sexualité, la passion, la trouille… Et dans la vie de tous les jours : une chouette rencontre, quelque chose qui fait du bien, quelque chose qui me fait rire…

« Freedom » est le titre de votre 1er single. Comment a-t-il vu le jour ?

Quand j’ai rencontré mon producteur, Simon Vancouver, il m’a dit qu’il cherchait quelqu’un pour écrire et pour chanter, et qu’il avait déjà un compositeur. Il m’a fait écouter ses compos et j’en suis tout de suite tombée amoureuse. Ça reste en tête, ça swingue… J’ai accepté de faire un essai et j’ai travaillé un texte sur la première compo qu’il m’avait envoyée. Les images qui se dégagent de cette chanson sont universelles : elle est solaire, joyeuse, elle donne une envie de se libérer, de danser…

Vous passez d’un univers, l’humour, à un autre, la chanson. Ce 1er titre, « Freedom », n’a pas été choisi par hasard ?

C’est vrai ! Et en même temps, on ne pouvait pas prévoir le confinement quand on l’a créé. Ça tombe bien que « Freedom » sorte au moment où les gens se libèrent et ont besoin de retourner sur les terrasses, de revoir des copains, de se sentir libérés…

Vous vous sentez libérée aussi ?

Il m’a fallu plusieurs mois, voire presque 2 ans, pour que je commence à tourner la page des soucis que j’ai eus au « Grand Cactus ». J’ai les jetons de prendre des risques mais j’ai envie de le faire.

Cette envie est plus forte que la peur de prendre des risques ?

Oui ! Je ne veux pas me laisser guider par la peur. Et si ça ne marche pas, tant pis.

Pourquoi avoir fait le choix de chanter en anglais ?

Pour le côté international. Et puis, j’adore cette langue. Idéalement, je voudrais jouer au cinéma en anglais. C’est une belle langue. Je suis pas mal influencée par la culture britannique. Peut-être un peu plus que par la culture française… Mais il n’est pas impossible que je fasse des morceaux en français.

Une autre de vos chansons, « Vision of you », parle de l’obsession amoureuse…

Quand j’ai entendu la composition musicale, des images me sont tout de suite arrivées : une femme robot qui a été mal programmée et qui court après un type d’homme. Le texte est très autobiographique. Comme plein de gens, je suis vite attirée par les mêmes personnes, et mes histoires d’amour se répètent toujours un peu. Il y a un problème de programmation : chez les gens qui ne veulent pas s’engager, chez les gens trop romantiques, chez les gens qui veulent à tout prix s’engager… On est construit pas les schémas de la société ou l’exemple de nos parents.

Quel est votre type de partenaire ?

Je rêve d’une relation équilibrée, de complicité, de partage, mais aussi de passion.

« Freedom », produit par Romeo Records, est disponible sur toutes les plateformes de téléchargement et d’écoute.

«Quitter ‘Le Grand Cactus’ était devenu indispensable pour ma santé»

«Quitter ‘Le Grand Cactus’ était devenu indispensable pour ma santé»

Les téléspectateurs de la RTBF vous connaissent notamment grâce au rôle de Clitorine, l’une des deux Poufs du « Grand Cactus ». Quels souvenirs en gardez-vous ?

Ils sont majoritairement bons parce que l’équipe est très chouette. Les techniciens sont sympas, le réalisateur est terrible, je m’entends très bien aussi avec Sarah Grosjean… J’ai eu beaucoup de bons moments et beaucoup de fous rires.

Clitorine vous manque ?

Oui, oui… Je n’aurais pas cru à ce point mais elle me manque quand même.

C’est vous qui avez choisi de quitter l’émission. Pour quelle raison ?

Je ne pouvais plus travailler avec Jérôme de Warzée. On ne s’entendait plus du tout. Et ça ne datait pas d’hier. C’était devenu insupportable…

Partir était devenu indispensable pour votre santé ?

Complètement, complètement…

Comment avez-vous vécu le licenciement de votre ancienne complice, Sarah Grosjean ?

Je ne l’ai pas compris du tout. Et je ne l’ai pas bien vécu.

Avez-vous encore des contacts avec des membres de l’équipe du « Grand Cactus » ?

Oui, ils sont tous très chouettes. Mon coup de cœur, c’est Martin Charlier (Kiki l’Innocent, ndlr). Je l’adore ! Qu’est-ce qu’il est drôle ! Qu’est-ce qu’il est gentil ! Je connais Kody depuis 12 ans, c’est aussi un gars très gentil. En fait, dans cette équipe, il y a beaucoup de gens très gentils. C’est juste dommage que ça ait mal fini. Mais on a quand même vécu 3 ans de gros bonheurs tous ensemble.

La RTBF vous interdit, à Sarah Grosjean et vous, de vous produire sur scène sous le nom des Poufs. Ce n’est pas dommage ?

Elle ne nous interdit pas de faire un spectacle ensemble, elle nous interdit de nous produire sur scène sous le nom des Poufs. Contractuellement, le concept et le nom des Poufs appartient à la RTBF et à Jérôme de Warzée.

«Pourquoi je ne veux pas avoir d’enfant»

Quel souvenir gardez-vous de votre enfance ?

J’ai eu une belle enfance jusqu’à 9 ans. J’étais accrochée à ma mère, en admiration devant ma sœur. J’avais aussi un papa doux et tendre. Je viens d’une famille de gentils.

L’affaire Dutroux a tout bousculé ?

Oui ! Ça a été le premier gros traumatisme. À cette période-là, beaucoup de changements sont arrivés dans ma vie : mes parents se sont séparés, j’ai eu d’autres problèmes personnels… Le point de non-retour a été l’affaire Dutroux. J’ai appris ce qu’était l’agression sexuelle. Comme beaucoup de petites filles, j’ai pensé qu’un homme était dangereux.

Et ça vous a poursuivi ?

Oui ! J’en ai cauchemardé et j’en ai fait des phobies pendant presque 10 ans avant d’en être délivrée. J’étais une petite fille tourmentée, trouillarde…

Parfois heureuse ?

Après mes 10 ans, ça a commencé à être difficile. J’étais tout le temps tristounette.

Et à l’école ?

J’avais quelques camarades que j’essayais de faire rigoler et ça me faisait du bien. Mais j’étais très studieuse parce que je ne voulais pas perdre de temps.

De quoi rêviez-vous ?

D’être une belle femme et une grande actrice riche et célèbre.

Et pas d’un prince charmant ?

Je ne l’ai pas encore rencontré. Je rêvais d’avoir des enfants mais ça m’est passé. Je ne veux plus. J’ai trop peur, pour eux, pour moi.

Ça ne vous aide pas à trouver votre futur partenaire…

Je n’en rencontre pas beaucoup qui n’en veulent pas. La plupart en veulent tous. Ce n’est pas grave s’ils ont déjà un enfant d’une précédente union, mais il ne faut pas me demander d’en faire. Il y en a quelques-uns qui se sont enfuis.

«J’ai encore plein de complexes»

Sourires et éclats de rire ponctuent notre séance photo pleine de bonne humeur. Bénédicte Philippon semble très à l’aise face à l’objectif de notre sympathique photographe Elio Germani. Elle semble même aimer l’exercice.

« Ça m’amuse beaucoup, nous avoue la comédienne. Mon beau-père était un grand fan de photo. Toute mon enfance, mon adolescence et la majeure partie de ma vie adulte, il m’a prise en photo parce qu’il me trouvait très photogénique et parce que j’avais besoin de me réconcilier avec mon visage comme plein d’actrices. On a toutes des complexes et des problèmes de reconnaissance. »

La comédienne nous semble pourtant bien dans ses baskets. « Ça va vraiment tellement mieux d’année en année parce que j’accepte de plus en plus mes défauts. Et je m’en sers ! Par exemple pour faire des grimaces. Pendant toute mon adolescence, je trouvais que j’avais un visage trop expressif, trop grimaçant. Maintenant, ça me permet de faire des sketchs et des personnages. »

« J’ai été traumatisée par la mort de Julie et Mélissa »

D’autres chansons vont suivre…

« Hold me », composée par Alain Dufrasne, évoque la fin de vie. Une de mes amies, Maria, est décédée il y a plusieurs mois. Ma grand-mère est morte le même jour, elle avait 96 ans. Mais mon amie avait 56 ans, c’est jeune… Qu’est-ce qu’on ressent au moment où on va rejoindre l’au-delà ? La trouille ? La délivrance ? Je voulais une chanson qui se termine bien. « Hold me » commence par la peur, la souffrance, la colère, et finalement, un ange arrive et vient la chercher. Je crois que c’est beau et plein d’amour de l’autre côté.

Vous avez également perdu votre beau-père…

C’était au mois de janvier. Je suis encore dans le déni.

Comment tentez-vous de vous relever ?

En faisant tout ce que j’aime, en voyant les gens que j’aime. Pour beaucoup de gens, la mort de leurs proches les rapproche de leur propre décès. Outre la tristesse de ne plus jamais voir quelqu’un qu’on aime, il y a la trouille de se dire qu’on peut être le prochain. Je n’ai pas très peur de la mort. Je ne sais pas si je vivrai longtemps ou pas. Je voudrais réussir à faire ce que j’ai envie de faire avant de partir. Mais je pense à la mort depuis toute petite. J’avais même un côté très dépressif où je pensais régulièrement à mettre fin à mes jours parce que la vie me faisait beaucoup trop peur. J’avais 8, 9 ans. Je trouvais qu’être une petite fille était très dangereux. À mes 10 ans, j’ai été traumatisée par la mort de Julie et Mélissa. Et j’ai commencé à avoir peur de la vie, de ce qui pouvait m’arriver. C’est aussi pour ça que je me force à prendre des risques et à avancer. Il faut profiter de la vie, en faire un maximum, la remplir, la rendre constructive, laisser des choses…

« Je n’ai pas abandonné l’humour »

Vous composez, vous chantez, mais vous n’avez pas abandonné l’humour ?

Ah non ! L’humour est ma thérapie. Ça me fait tellement de bien !

Vous serez bientôt de retour à la RTBF dans une websérie intitulée « Les Anonymes »…

Elle est très drôle. Mais je ne suis que dans un épisode. J’incarne une petite vieille. Le producteur savait que j’aime beaucoup jouer les petites vieilles. J’imite bien ma grand-mère, déjà de son vivant. Elle venait voir les spectacles. Toute la famille la reconnaissait sauf elle.

«Je crois aux anges»

«Je crois aux anges»

Une autre de vos créations, « Archimède et moi », vous tient beaucoup à cœur…

C’est un livre tout public. Sur le ton de la comédie, ce sont les aventures de mes deux chats : Archimède et Merlin. Ils ont fait beaucoup de bêtises. Je les racontais à mes potes pour les faire marrer et ils me disaient que je devrais les écrire. J’ai commencé pour mes neveux. Les parents l’ont lu et ils ont adoré. Il a été publié. Et je suis en train d’écrire le tome 2. Ce livre plaira à toutes les personnes qui aiment les chats.

Vous écrivez beaucoup ?

J’ai commencé à 7, 8 ans avec de la poésie triste. À l’adolescence, c’était de la poésie trash. Et à l’âge adulte, j’ai commencé à écrire de la comédie. J’écris des pièces, des recueils de nouvelles, des histoires fantastiques, des sketchs, beaucoup de scénarii, et de plus en plus pour la télé ou le cinéma.

Qu’avez-vous écrit de plus intime ?

À l’adolescence, j’écrivais beaucoup sur la mort, les anges, le diable…

Vous croyez aux anges ?

Oui ! Je ne suis pas religieuse. Mais il y a clairement des forces bénéfiques.

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