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Mieux reconnaître le handicap invisible

Jusqu’au 4 décembre prochain, l’ASPH, l’Association Socialiste de la Personne Handicapée, lance une grande campagne sur le thème « Faut-il un stigmate pour être reconnu-e ? ». Son but ? Mettre en lumière le handicap invisible.

L’ASPH, l’Association Socialiste de la Personne Handicapée, est une asbl du réseau Solidaris reconnue en éducation permanente. Elle défend les droits des personnes en situation de handicap, informe, sensibilise, analyse et expertise en poursuivant l’objectif final de toujours plus d’inclusion de la personne en situation de handicap dans toutes les sphères de la société.

Elle organise également régulièrement des campagnes de sensibilisation pour faire changer les mentalités ainsi que le regard porté sur le handicap. Cette année, le thème de sa campagne est le handicap invisible. Comment le reconnaître ? Faut-il des stigmates pour être reconnu personne en situation de handicap ?

Absence de signes extérieurs

«   En Belgique, des milliers de personnes souffrent chaque jour de sclérose en plaques, de spondylarthrite ankylosante, d’accident vasculaire cérébral, de troubles mentaux, diabète, fibromyalgie, lupus érythémateux et autres, sans «   signes extérieurs   » visibles et reconnus. D’où la question, faut-il un stigmate pour être reconnu-e   ? On se représente souvent le handicap à travers des stéréotypes comme une personne à mobilité réduite, une personne aveugle ou une personne ayant une trisomie 21. Qu’en est-il des personnes qui ne rentrent pas dans ces stéréotypes   ?   », s’interroge Mélanie De Schepper, la responsable du projet au sein de l’ASPH. L’ASPH souhaite donc rendre visible l’invisible en informant le grand public sur ces aspects moins connus et en mobilisant les professionnels sur le vécu de ces personnes.

En effet, être en situation de handicap, ce n’est pas uniquement avoir une malformation physique, être en chaise roulante, utiliser une canne blanche ou la langue des signes... «   C’est aussi ne pas pouvoir se lever le matin parce qu’on a mal, ne plus pouvoir travailler, car on n’arrive plus à se concentrer, ne plus pouvoir discuter parce que le son de la voix entraîne des vertiges… «   Être en situation de handicap   », cela recouvre aussi une série de symptômes qui ne sont pas forcément perçus par l’entourage   », poursuit la responsable du projet.

Image stigmatisante

Vivre avec un handicap invisible, ce n’est pas simple. Les personnes en situation de handicap invisible se retrouvent souvent devant un dilemme. Soit elles choisissent d’afficher leur état de santé, de le rendre visible, de le justifier pour être reconnues socialement et administrativement et ainsi bénéficier des accompagnements sociomédicaux nécessaires, soit elles choisissent de préserver leur intimité, de ne pas mettre en évidence leur statut de « malade » ou de « personne en situation de handicap » pour ne pas être associées à une image stigmatisante qu’elles ne veulent pas porter... au risque de ne pas faire reconnaître leurs besoins et ne pas faire valoir leurs droits.

«   Le manque d’informations, de prise de conscience et de compréhension de certaines pathologies – que ce soit par l’entourage, la société voire même le corps médical – mènent encore souvent à ce type de situation. L’ASPH souhaite rendre visible l’invisible en informant le grand public sur ces aspects moins connus et en mobilisant les professionnels sur le vécu de ces personnes   », note encore Mélanie De Schepper.

Au travers de cette campagne, l’ASPH veut évidemment sensibiliser le grand public sur le sujet, permettre une meilleure reconnaissance de ces handicaps invisibles, améliorer le soutien, l’accompagnement et le remboursement de certaines thérapies mais aussi offrir des pistes aux personnes qui veulent se réinsérer socio-professionnellement.

Le programme des actions

Les actions menées dans le cadre de cette campagne sont variées. Il y aura d’abord des capsules vidéo reprenant des témoignages de personnes en situation de handicap invisible. Elles seront diffusées sur le site www.asph.be, sur YouTube et la page Facebook de l’association.

Deux colloques seront aussi mis sur pied. Un premier sera organisé le 1er décembre, à Bruxelles, à destination des médecins. Il s’agira de réflexions éthiques, sociales et politiques autour de la reconnaissance des handicaps invisibles. L’objectif est de sensibiliser tous les acteurs qui jouent un rôle dans la reconnaissance officielle de ces difficultés (médecins conseils, médecins de la Direction Générale...).

Le 4 décembre, un autre colloque se tiendra à destination du grand public, toujours à Bruxelles. L’objectif sera d’informer et de sensibiliser le grand public à travers des témoignages de personnes directement concernées.

Ajoutons la création d’un guide qui traitera des questions du handicap invisible et dont la diffusion est prévue début 2018 ainsi qu’une exposition. Cette exposition réunira des photographies et des illustrations sur la thématique, réalisées en collaboration avec les Beaux-Arts. C’est aussi pour l’an prochain. –

Plus d’infos : www.asph.be

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