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Un jeune de 19 ans se donne la mort après avoir fait des recherches sur Google: «J’ai cliqué sur ce sur quoi il avait cliqué, j’ai été choquée»

Un jeune de 19 ans se donne la mort après avoir fait des recherches sur Google: «J’ai cliqué sur ce sur quoi il avait cliqué, j’ai été choquée»
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Keelian Jensen, un adolescent de 19 ans, s’est tragiquement donné la mort après avoir visionné du contenu suicidaire sur Google et sur YouTube. Sa maman, Stina Jensen, a été particulièrement choquée quand elle a aperçu l’historique de recherche de son fils, principalement rempli de sources expliquant comment se suicider… La mère de famille ne comprend pas comment de tels contenus peuvent être aussi aisément accessibles sur internet.

Lors d’un entretien avec le réseau de télévision australien 9News, Stina a déploré le fait que ces informations soient proposées par Google. « La nuit avant sa mort, il se comportait de façon tout à fait normale. Il jouait à la Xbox », a témoigné la mère de famille. « J’ai cliqué sur ce sur quoi il avait cliqué. J’ai été choquée parce que j’ai pensé que n’impore quel enfant pouvait le faire. Les termes qu’il a saisis étaient très précis et auraient dû déclencher des signaux d’alarme », clame Stina.

Cette histoire fait référence à ce qui est arrivé à une certaine Molly Russell, en Angleterre. La jeune britannqiue s’était suicidée à l’âge de 14 ans après avoir visionné du contenu suicidaire sur Instagram. Son père, Ian Russell, a créé une campagne de sensibilisation pour que les géants de la technologie comme Google prennent des mesures pour protéger les jeunes face à ce type de contenu. « Pour la sécurité des jeunes, les plateformes doivent faire quelque chose rapidement pour rendre Internet plus sûr », exhorte le papa de Molly.

En mai dernier, Matt Hancock, secrétaire d’État à la Santé au Royaume-Uni, a rencontré les gestionnaires de Facebook, Google, Snapchat ou encore Instagram afin de les pousser à identifier les contenus dangereux pour protéger les jeunes. Le gouvernement britannique a alors décidé de nommer un régulateur indépendant pour adresser des amendes aux entreprises responsables des contenus préjudiciables. La législation n’est pas encore au point et pourrait prendre deux ans. « Jusqu’à ce que la législation soit adoptée, le gouvernement devrait vérifier si les plateformes jouent au ballon avec ce code de pratique provisoire et punir ceux qui traînent », a confié Ian Russell.

Avant son suicide, Keelian avait cherché des informations sur la façon de se donner la mort aux alentours d’une heure du matin. Selon le Mirror, l’adolescent avait eu auparavant quelques problèmes de santé mentale. Il était sensible et affectueux, mais il avait l’air d’aller bien juste avant sa mort.

Après le décès de son fils, Stina Jensen se bat pour que ces sites sur lesquels son fils est tombé soient bloqués. Elle a expliqué à 9News que le contenu auquel son fils a été confronté était responsable de sa mort. En réponse à ce fait tragique, un porte-parole a adressé un message à la famille de Keelian et à toutes les autres familles qui ont dû faire face à la perte d’un proche dans de telles circonstances : « Nos cœurs vont à la famille de Keelian. Lorsque les gens recherchent des questions relatives au suicide, nous montrons le numéro d’assistance 24 heures sur 24 de Lifeline pour connecter les personnes vulnérables avec l’aide et les conseils dont elles ont besoin. Le suicide et la santé mentale sont des défis sociétaux que le gouvernement, les experts en santé, les particuliers et les organisations de nombreux secteurs industriels doivent unir pour résoudre, et nous nous engageons à trouver d’autres moyens d’aider les gens à obtenir du soutien et des soins ».

La tante de Keelian, Camilla Jensen, a lancé une pétition en ligne qui a déjà récolté des milliers de signatures et qui demande à Google de mettre plus de moyens pour bloquer les contenus qui donnent des informations sur le suicide.

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