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Ludivine, 22 ans, subit trois opérations en deux jours et dit avoir «été charcutée»: «Mon ventre était bleu, mon intestin grêle a été perforé»

Le ventre porte encore les traces douloureuses
Le ventre porte encore les traces douloureuses - VDN

Elle était rentrée en chirurgie viscérale à l’hôpital d’Helfaut, dans le nord de la France, pour une ablation de la vésicule biliaire, comme l’écrit La Voix du Nord. «  Simple », pensait-elle. Pourtant, le ventre de Ludivine, 22 ans, porte encore les stigmates de trois opérations en deux jours.

Le 7 mai, la jeune femme a des douleurs intenses au ventre : «  Il était gonflé. Je suis allée aux urgences puis j’ai été admise dans le service de chirurgie viscérale. » Le lendemain, le chirurgien lui annonce qu’elle sera opérée le 9 mai mais l’opération est repoussée : «  Il y a d’autres opérations plus importantes dues au coronavirus », lui lance le chirurgien, qui la renvoie chez elle avec des antibiotiques.

Le 12 mai, retour à l’hôpital pour une consultation pré-opératoire. Les douleurs, extrêmes, sont toujours là : «  À tel point, qu’ils m’ont gardée. » La cœlioscopie est fixée au 14 mai. «  Je descends au bloc, ça se passe bien. Mais trois heures après l’opération, j’ai eu des coliques terribles. Une infirmière m’a retrouvée en position fœtale sur mon lit. Je me débattais comme jamais contre la douleur. Je pensais que j’allais y passer. »

La patiente est placée en réanimation, un scanner de l’abdomen décèle une hémorragie. «  Mon ventre était bleu, mon intestin grêle a été perforé lors de la cœlioscopie. » Le chirurgien est rappelé à 22 heures pour une deuxième intervention chirurgicale. Environ quatre centimètres de l’intestin devront être retirés. Après un passage en réanimation, les choses se compliquent encore et Ludivine doit à nouveau être opérée le 15 mai pour un caillot de sang. Jusqu’au 18 mai, elle sera placée en réanimation, intubée, ventilée avant de regagner le service de chirurgie viscérale.

« Les séquelles »

Un mois après, chez elle, la douleur se dissipe peu à peu mais son ventre ressemble à celui d’une femme après une césarienne dans les années 1980. «  J’ai été charcutée. Je devais rester à l’hôpital une journée, finalement, je suis restée quinze jours. » Le 25 mai, elle est ressortie affaiblie, ses deux jeunes enfants ont dû être logés dans sa famille bien éprouvée par le drame. «  Aujourd’hui, j’ai besoin de parler. J’ai des flashs et beaucoup de trous noirs. Mon compagnon m’aide beaucoup, dit-elle en pleurs. Tous les jours, je me demande si ma vie n’est pas en danger. J’ai peur de manger, j’ai toujours froid. » Marquée au fer par ce calvaire, la jeune femme a porté plainte contre le chirurgien le 26 mai : «  Je le fais pour protéger les autres patients et dire à celles qui ont déjà vécu ça qu’elles ne sont pas seules. »

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