Abonnez-vous pour 1€

Enquête préliminaire pour «abus de confiance» contre «plusieurs dirigeants de LFI», dont Mélenchon qui dénonce une instrumentalisation de la justice

Jean-Luc Mélenchon, Président de La France Insoumise
Jean-Luc Mélenchon, Président de La France Insoumise - Isopix

L’enquête, confiée à la Brigade financière, a été révélée par Le Canard enchaîné mardi et confirmée à l’AFP par le parquet de Paris.

Selon des sources concordantes, elle vise à vérifier les conditions dans lesquelles les dirigeants de LFI se sont acquittés des dommages et intérêts auxquels ils ont été condamnés en décembre dans l’affaire de la perquisition houleuse au siège de LFI l’année précédente.

Selon le Canard enchaîné, c’est spécifiquement le paiement de « 26.500 euros de préjudice moral aux forces de l’ordre » par cinq responsables de LFI qui fait l’objet de vérifications car ces versements « ont été réglés avec le chéquier de La France insoumise ».

La question est donc de savoir si ces dommages et intérêts ont bien été payés par la France insoumise mais aussi de savoir si de l’argent public a été utilisé dans ce règlement, résume l’une des sources contactée par l’AFP.

« Si la partie pénale, les amendes, doivent être réglées personnellement par les justiciables, ce qui a été fait par chacune des personnes concernées, les dommages et intérêts relèvent eux du civil », soutient Jean-Luc Mélenchon dans un communiqué mardi.

« Ils peuvent donc à ce titre être réglés par un tiers. La France insoumise a fait le choix de régler ces dommages et intérêts liés à une perquisition dans ses locaux », assume l’ancien candidat à la présidentielle.

« Nous dénonçons cette nouvelle instrumentalisation de la justice qui semble être motivée pour alimenter des articles visant à nous intimider et à véhiculer des rumeurs infamantes », ajoute-t-il.

Le 16 octobre 2018, policiers et magistrats avaient mené une perquisition au siège de LFI dans le cadre de deux enquêtes préliminaires du parquet de Paris.

Plusieurs membres de la France insoumise s’étaient interposés et M. Mélenchon avait bousculé un représentant du parquet et un policier.

Pour ces faits, le chef des Insoumis avait été condamné le 9 décembre à trois mois de prison avec sursis par le tribunal correctionnel de Bobigny pour rébellion et provocation. Il n’a pas fait appel.

Lui et quatre de ses proches, dont le député Bastien Lachaud et l’eurodéputé Manuel Bompard, avaient également été condamnés à des amendes allant de 2.000 à 8.000 euros.

Mélenchon dénonce « une nouvelle instrumentalisation de la justice »

Jean-Luc Mélenchon a dénoncé mardi une « nouvelle instrumentalisation de la justice » après la révélation par le Canard enchaîné d’une enquête visant le chef de file de La France insoumise et quatre de ses collaborateurs pour « abus de confiance ».

L’enquête préliminaire ouverte le 14 mai vise, selon des sources concordantes, à vérifier les « conditions dans lesquelles les dirigeants de LFI, dont Jean-Luc Mélenchon, se sont acquittés des amendes et des dommages et intérêts auxquels ils ont été condamnés » en décembre 2019 dans l’affaire de la perquisition houleuse au siège de LFI l’année précédente.

De même que le tribun insoumis avait alors dénoncé un « procès politique », il a vilipendé mardi « une nouvelle instrumentalisation de la justice » destinée à « intimider et à véhiculer des rumeurs infamantes ».

Depuis sa condamnation, M. Mélenchon a plusieurs fois ironisé sur les sommes dues aux policiers pour avoir « crié sur un palier ».

Mais le président du groupe des députés LFI s’est aussi expliqué sur le fond : « Si la partie pénale, les amendes, doivent être réglées personnellement par les justiciables, ce qui a été fait par chacune des personnes concernées, les dommages et intérêts relèvent eux du civil. Ils peuvent donc à ce titre être réglés par un tiers ».

Or, « La France insoumise a fait le choix de régler ces dommages et intérêts liés à une perquisition dans ses locaux », a-t-il argué.

« Nous sommes estomaqués de découvrir que, non content d’avoir exigé des sommes exorbitantes, les parties civiles poursuivent leur harcèlement en saisissant à nouveau la justice plutôt que d’accepter un règlement pourtant légal », a ajouté M. Mélenchon.

Les quatre autres personnes visées sont le conseiller d’Etat Bernard Pignerol, l’eurodéputé Manuel Bompard, le député Bastien Lachaud et l’attachée de presse Muriel Rozenfeld.

Selon le Canard enchaîné, c’est spécifiquement le paiement de « 26.500 euros de préjudice moral aux forces de l’ordre » par cinq responsables de LFI qui fait l’objet de vérifications car ces versements « ont été réglés avec le chéquier de La France insoumise ».

Notre sélection vidéo