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Macavrac, pédagogique et écoresponsable: «La coopérative, quelque chose qui appartient à tous pour que chacun se sente impliqué»

Lauriane et Florence dans le magasin de Wavre.
Lauriane et Florence dans le magasin de Wavre. - D.R.

C’est en 2016 que la réflexion autour d’un projet coopératif a démarré à Wavre. « La réflexion a porté sur divers projets et, très vite, est apparue l’idée d’un magasin écoresponsable avec du vrac », explique Florence Lanzi, co-coordinatrice du magasin Magavrac, à Wavre. « C’était le moyen de rassembler des citoyens et des bénévoles, comme chez Bees Coop, à Bruxelles et d’avoir une coopérative avec de vrais objectifs, comme la réduction des déchets ». WET, Wavre En Transition, a été associée à ce projet autour de l’alimentation responsable et de la limitation des déchets.

En juin 2018, un appel aux coopérateurs a été lancé. Quelque 250 coopérateurs y ont répondu. Les fonds récoltés ont été doublés par le dispositif Brasero de W.Alter (anciennement Sowecsom, qui aide à développer des projets d’économie sociale, en Wallonie). « Le projet a démarré dans les locaux inutilisés d’un athénée puis nous avons déménagé dans le bâtiment où nous sommes actuellement, au cœur de Wavre », poursuit Florence Lanzi. « L’idée était aussi de remettre de la vie dans un lieu qui n’en avait plus. On a, par exemple, un café citoyen au rez-de-chaussée, une salle de yoga et une petite bibliothèque à l’étage. »

Ici, on vend des produits locaux et notamment du vrac.
Ici, on vend des produits locaux et notamment du vrac. - D.R.

L’idée de créer une coopérative s’est imposée rapidement. « C’est une formule citoyenne, quelque chose qui appartient à tous pour que chacun se sente impliqué. C’est, en tout cas, un chouette challenge de créer du lien et d’avoir une vocation pédagogique ».

Donner du temps… ou pas

Quand on devient coopérateur, ici, on choisit de donner du temps (ou pas) au magasin. « 3 heures par mois mais ce n’est pas obligatoire. On est ouvert à tout. »

La crise du Covid a, évidemment, eu des répercussions sur le magasin. « Cela a eu un gros impact, notamment pour que le magasin, qui emploie une personne, puisse continuer à fonctionner. Il a fallu revoir toute l’organisation. Il y avait possibilité de commander en ligne et les clients venaient chercher les commandes en magasin. On a aussi constaté que le panier moyen avait augmenté. On a eu de nouveaux clients et maintenu notre chiffre. On a engagé des étudiants par semaine. C’est une belle victoire. À chaque crise, il faut mobiliser des gens mais ça donne aussi un petit coup de fouet. Si, pendant une assemblée générale, on sent des moments de doute, on sait que les coopérateurs sont là. Il y a un vrai engouement. C’est la force du projet. La coopérative, c’est aussi la transparence quant à la gestion ».

Le travail de Macavrac porte également sur l’éducation. « On a interrogé nos coopérateurs pour, par exemple, leur demander s’ils préféraient du bio ou du local. À 90 %, ils ont dit qu’ils préféraient du local et soutenir les petits producteurs. Je pense que c’est grâce à des modèles comme le nôtre. Quant aux producteurs, on travaille avec eux pour développer des solutions, pour de meilleurs emballages, par exemple, ou pour mettre leurs produits en bocaux ». Parmi les projets de Macavrac, il y a celui d’animer davantage le réseau des producteurs et d’engager une seconde personne (pour gérer les stocks).