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« Le système économique actuel est en bout de course »

Pour Benoît Dave, un des créateurs de Paysans-Artisans, un changement de modèle agricole et d’alimentation s’impose.

En région namuroise, la coopérative réunit plus de 100 producteurs (dont elle vend les produits via des points de R’Aliment et des magasins) et participe au renforcement de l’écosystème du circuit-court, à travers notamment la création d’ateliers partagés de transformation.

En région namuroise, Paysans-Artisans est devenu une institution. Il est vrai que les chiffres de la coopérative impressionnent : plus de 100 producteurs, 750 coopérateurs, 500 bénévoles ou encore 43 salariés dont 12 qui se partagent entre producteurs. C’est ça Paysans-Artisans… « La coopérative a été créée en 2013 avec l’idée de soutenir les fermiers qui avaient de plus en plus de mal et les nouveaux producteurs pour qui la terre et la transformation reprennaient du sens », explique Thérèse-Marie Bouchat, co-directrice de Paysans-Artisans avec Benoît Dave.

Réunissant des producteurs et des consommateurs, la coopérative s’est donné 3 missions. La première est la distribution en circuit-court (avec la commercialisation) de produits de ses quelque 100 producteurs qui sont dans des domaines alimentaires divers : fruits et légumes, viande, boulangerie, fromagerie, miel… « Les produits sont commercialisés et distribués via 18 points de R’Aliment et 3 magasins installés à Namur, Jambes et Salzinnes. Deux autres vont être ouverts dans les prochains jours à Lustin (Profondeville) et Saint-Gérard. Il y en aura encore un autre en novembre. D’une part, il y a les consommateurs qui peuvent facilement commander en ligne et récupérer leurs achats et, d’autre part, les producteurs gagnent un temps précieux en limitant les points de dépôt de leur production », poursuit Thérèse-Marie Bouchat.

Un rôle d’éducation

Paysans-Artisans vend aussi aux traiteurs, collectivités et aux magasins à la ferme mais ce n’est pas tout. La coopérative namuroise joue aussi un rôle important d’éducation permanente. Son objectif ? Dessiner une vision partagée de l’agriculture durable tout en travaillant au renforcement de l’écosystème du circuit-court namurois, à travers la création d’ateliers partagés de transformation ou encore la planification concertée de productions maraîchères.

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Pour ce qui est du modèle coopératif, il s’est imposé comme une évidence. « C’est une coopérative de producteurs et de consommateurs, avec l’idée d’avoir une solidarité entre eux. La coopérative permettait de mettre nos forces ensemble puisque nous n’avions pas de gros investisseurs. Chez Paysans-Artisans, la part est entre 50 et 150 euros. Elle est entre 100 et 1.000 euros chez Paysans-Artisans Invest. La coopérative permet de réaliser un projet collectif. Un projet qui profite à tout le monde. Pour moi, la Wallonie demain, ça se fera avec plus de petits producteurs. Il faut faciliter l’accès à la terre, faire davantage de magasins de quartiers et de villages, plus de magasins coopératifs et continuer à sensibiliser si on veut complètement changer le modèle ».

Inventer autre chose

Un avis que partage Benoît Dave. « On est au bout d’un système où l’économie est aux mains de quelques grands acteurs. Deux ou trois entreprises de l’alimentaire ont 50% du marché. Ce système-là, pour moi, est en bout de course. Quel plaisir peut-on avoir à travailler dans des boîtes comme celles-là ? En Belgique, 5 enseignes font 82% du chiffre d’affaires de l’alimentaire. Ils écrasent tout le monde, les paysans et les transformateurs. Ce système est fatigué. Il faut inventer autre chose et, pour moi, le modèle coopératif, citoyen et « ensemble », est là pour créer des dynamiques locales. En tout cas, les choses bougent », conclut-il.

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A noter : retrouvez, mercredi, dans nos pages, tous les détails du grand projet immobilier de Paysans-Artisans, à Suarlée.

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