Abonnez-vous pour 1€

«Etre seul dans le secteur du lait, ce serait compliqué»

Daniel estime qu’en coopérative, « on est plus fort »
Daniel estime qu’en coopérative, « on est plus fort »

En septembre 2009, des centaines de producteurs laitiers venus de toute la Belgique déversaient plus de 3 millions de litres de lait dans un champ à Ciney pour dénoncer la crise qui frappait alors le secteur. Leur situation a-t-elle évolué ? La crise est toujours telle, dans notre pays, que près d’un producteur de lait sur quatre a quitté le secteur au cours de ces dix dernières années. Pour survivre, d’autres ont choisi le chemin de la coopérative. C’est le cas de Suzanne et Daniel Collienne qui ont une exploitation à Sprimont, sur les hauteurs de Liège. Ils sont membres de la coopérative Biomilk.be (lire par ailleurs).

« Sur environ 50 hectares, on a 50 vaches laitières. C’est la ferme de mon grand-père maternel que j’ai reprise à un oncle, en 1990 », explique Daniel. « Je me suis associé avec mon frère et mon père puis papa a pris sa pension. L’autoroute a coupé les surfaces en 2 donc je me suis installé ici. Il a fallu tout reconstruire », explique-t-il, en nous faisant visiter ses installations. Dès 1998, conscient que le consommateur a perdu confiance dans l’agriculture à cause de différentes crises dont celle des hormones, il décide de se lancer dans le bio : fini les produits chimiques de synthèse et les engrais chimiques, réduction de l’usage de médicaments pour les animaux…

Prix alignés vers le haut

Le mouvement coopératif, il l’a découvert très tôt. « En 1990, je suis devenu producteur coopérateur pour la Beurrerie de Franchimont qui a été absorbée par une autre depuis. Je crois dans les valeurs de la coopérative. A plusieurs, nous avons comparé nos fiches de paie pour le lait et on avait remarqué de grosses différences. On a rencontré les laiteries pour connaître leurs politiques par rapport à l’avenir du secteur bio et, au final, les prix se sont alignés vers le haut », poursuit Daniel. « C’est ce qu’il s’est passé avec la création Biomilk (lire par ailleurs). Ces producteurs-là, frustrés de ne pas avoir le meilleur prix ont cherché à valoriser leur lait et ont créé la coopérative. Son rôle, c’est de mutualiser le lait bio et de le dispatcher vers des transformateurs et des petits fromagers. Il y a, par exemple, la fromagerie de Damme qui nous achète du lait, le transforme et vend ses fromages faits avec notre lait. Pour moi, être seul, dans le secteur du lait, ce serait compliqué », argumente Daniel.

Pour lui, « en coopérative, on est plus fort. La coopérative valorise le lait et nous rémunère à un bon prix. Pour moi, elle peut aussi sauver d’autres secteurs », ajoute celui qui s’est aussi lancé dans les poules de pâturages. Sans oublier qu’il a créé une coopérative de matériel agricole pour pouvoir partager du matériel performant avec d’autres agriculteurs. C’est dire s’il a les valeurs de la coopérative chevillées au corps…

Sa mission? La valorisation du lait

Daniel et Suzanne ont choisi de vendre par l’intermédiaire de la coopérative Biomilk
Daniel et Suzanne ont choisi de vendre par l’intermédiaire de la coopérative Biomilk

Biomilk.be est une coopérative belge de producteurs laitiers certifiés bio. Tout a commencé en 2002 quand un groupe de producteurs laitiers bio flamands décide de prendre en main la valorisation de leur lait et de créer la coopérative Biomelk Vlaanderen. En 2006, des agriculteurs wallons rejoignent la coopérative qui devient Biomelk Vlaanderen – Biolait Wallonie. Et en 2017, pour des raisons pratiques, la coopérative se rebaptise sous le nom de Biomilk.be.

La coopérative regroupe aujourd’hui 44 fermes laitières familiales dispersées dans toute la Belgique.

Biomilk.be est exclusivement administrée par et pour ses agriculteurs coopérateurs BIO. Cette coopérative a pour mission de valoriser le lait récolté de ses membres à un prix juste, entre autres par la mise sur le marché de nouveaux produits laitiers et fromagers.