Graves accusations et vidéo parodique de Lidl: l’enseigne réagit

Graves accusations et vidéo parodique de Lidl: l’enseigne réagit
Isopix

Dans une vidéo diffusée sur Twitter ce mardi, l’association de défense animale L214 a repris le concept des spots publicitaires de Lidl, dans lesquels un espion est envoyé pour voir ce qui se fait chez la concurrence. Sur cette vidéo, on peut voir un élevage de poulets qui correspondrait à un fournisseur de Lidl. « On dirait que chez vous le bien-être animal c’est comme les PS4 à 95€ : on en entend beaucoup parler, mais on n’en voit jamais la couleur », peut-on lire sur le tweet diffusé par L214. « Le vrai prix des bonnes choses n’est pas toujours avouable », conclut L214, accusant clairement la chaîne de magasins.

Dans un communiqué, l’enseigne assurait en fin de semaine dernière «se donner tous les moyens pour remplir les critères» de l’European Chicken Commitment (ECC), un cahier des charges défendu par une trentaine d’ONG de protection animale, dont L214, pour améliorer les standards d’élevage et d’abattage de la filière avicole.

Parmi les critères: moins d’animaux au m2, l’arrêt de l’utilisation de souches de poulet à croissance rapide, l’entrée de lumière naturelle dans les bâtiments d’élevage, l’installation de perchoirs...

L’enseigne émet toutefois des réserves. Elle affirme, «après consultation des fournisseurs et producteurs partenaires», que deux objectifs sont difficilement atteignables par la filière avicole française d’ici à 2026: la réduction de la densité dans les bâtiments et l’arrêt de l’utilisation de poulets à croissance rapide.

«Bien sûr le bien-être animal est aujourd’hui plus qu’essentiel à nos yeux», déclare à l’AFP Michel Biero, directeur exécutif achats et marketing Lidl France. «Mais je tiens à alerter très, très fortement sur les risques économiques pour la filière avicole française», poursuit-il, soulignant que l’enseigne est aussi attachée au «bien-être de l’éleveur».

AFP

Il appelle «toutes les parties prenantes» — agriculteurs, transformateurs, distributeurs mais aussi ONG — «à échanger sur ces sujets» afin que la décision ne s’applique pas «unilatéralement» aux producteurs.

«On pourrait mettre plein de choses en place, créer un fonds ensemble» pour aider les agriculteurs à faire face aux investissements nécessaires, suggère-t-il.

La communication du distributeur «ne répond pas aux mesures minimales attendues par une majeure partie des citoyens et que nous portons auprès de Lidl depuis plus d’un an», a réagi L214 dans un communiqué.

AFP

Pour l’association antispéciste, l’enseigne a été «probablement informée» qu’elle serait visée mardi par une campagne «peu flatteuse» et tente de l’«esquiver» en publiant un «engagement au rabais».