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Valéry Lerouge, correspondant permanent pour France 2: «Je quitte la Belgique avec beaucoup de regret»

Valéry Lerouge, correspondant permanent pour France 2: «Je quitte la Belgique avec beaucoup de regret»
D.R.

Comment êtes-vous arrivé jusqu’en Belgique ?

À France Télévisions, il existe huit postes de correspondant dans le monde. J’étais donc candidat à l’un de ces huit postes, à Bruxelles. En général, nous sommes une douzaine de candidats. On passe alors un processus de sélection en interne, puis un grand oral pour expliquer nos motivations. Je me suis battu pour venir vivre en Belgique ! Au départ, j’avais signé pour quatre années, puis j’ai demandé à prolonger mon contrat d’un an. Après cinq années, je quitte la Belgique avec beaucoup de regrets. Si on m’avait demandé de faire une sixième année, je n’aurais pas hésité.

Avant de vous installer en Belgique, quels étaient vos a priori sur le pays ?

J’avais l’image d’un pays gris. Finalement, j’ai découvert un pays plus bleu que je ne le croyais. Je sous-estimais aussi le poids des conflits régionaux et linguistiques. En tant que reporter, on supervise uniquement la partie francophone du pays. Je n’ai donc pas eu besoin d’apprendre le flamand. J’ai tout de même réalisé des reportages à Anvers, Bruges ou Gand, mais ce n’est pas motivant d’apprendre une langue qu’on ne pratique pas régulièrement.

Selon vous, quelle est la plus grande différence entre Paris et Bruxelles ?

Bruxelles est une ville moins nerveuse. On y retrouve aussi ce côté multi-culturel et international que j’adore. Évidemment, les Belges sont plus agréables que les Français. (Rires) Je le constate d’autant plus quand je retourne à Paris. Là-bas, les gens sont stressés et nerveux, aussi bien dans les magasins que dans le métro ou sur le trottoir. Je n’ai pas donc eu du mal à m’intégrer à la Belgique. J’ai été très bien accueilli dans la résidence où je vivais avec mon conjoint. On se donnait des coups de mains entre voisins, notamment pendant le confinement. Cette convivialité m’a agréablement surpris. La Belgique m’a en quelque sorte apaisé. Je retourne avec une certaine appréhension à Paris.

Votre logement était-il pris en charge par France Télévisions ?

Pas du tout. Nous avons juste droit à une prime pour nous aider à nous installer. J’en ai donc profité pour avoir un logement deux fois plus grand que mon habitation parisienne.

Quel regard portez-vous sur la manière dont Sophie Wilmès a géré la crise du coronavirus ?

Sophie Wilmès partait de loin, elle était inconnue des gens. Quand on montrait son portrait à des gens dans la rue, personne ne la connaissait. Cette crise a, en quelque sorte, été bénéfique pour son image. Elle a inscrit son pouvoir et son charisme au fil des conférences de presse. C’était intéressant de suivre une évolution aussi rapide sur un sujet si précis et complexe. Elle avait souvent le ton juste. En comparaison avec la France, Emmanuel Macron a adopté un style plus martial. Mais ce n’est pas la même fonction… Les Belges jalousent un peu le côté solennel du président français. Pourtant, Sophie Wilmès se montre beaucoup plus proche des gens.

Était-ce déstabilisant de vivre dans un pays chapeauté par un Roi ?

Ça apporte un côté exotique ! (Rires) Quand je vois que mon confrère à Londres en fait des caisses avec la famille royale britannique… Ici, ce n’est pas du tout la même admiration. J’ai eu beaucoup de mal à vendre des sujets liés la monarchie belge. Je n’ai même jamais trouvé de goodies sur le roi Philippe !

Quel est votre meilleur souvenir en Belgique ?

J’ai pris énormément de plaisir à couvrir les matchs de football de la Coupe du Monde. On évitera d’évoquer le résultat de la demi-finale. (Rires) Je ne suis pas un grand amateur de football, mais j’ai adoré l’ambiance des fan zones. Lors de la rencontre France-Belgique, je n’étais pas très à l’aise avec mon micro France Télévisions, mais les gens étaient chaleureux et sympathiques. C’était très bon enfant. J’ai aussi été marqué par votre architecture. Je suis d’ailleurs devenu un grand fan de l’Art nouveau et de Victor Horta.

Quels sont vos projets ?

Je vais d’abord prendre un petit peu de temps pour moi. Après ça, j’atterris comme grand reporter au service étranger et information générale chez France Télévisions, à Paris. J’aime me renouveler, me mettre en danger et découvrir de nouvelles choses.

Envisagez-vous déjà de revenir en Belgique ?

Oui, on s’est promis avec mes voisins, qui sont devenus des amis, qu’on allait se revoir à l’automne, le temps d’un week-end. Je me languis déjà !

Quel conseil donneriez-vous à votre successeur ?

D’être curieux de la Belgique. On aurait tendance à croire que c’est un pays similaire à la France, mais pas du tout. Tout est à découvrir.

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