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Explosions à Beyrouth: au moins 73 morts et 3.700 blessés, l’ambassade belge endommagée, les responsables «devront payer»! (photos+vidéos)

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Dans une première réaction d’un responsable, le directeur général de la Sûreté générale, Abbas Ibrahim, a indiqué que les explosions étaient peut-être dues à des « matières explosives confisquées depuis des années », mais ajouté que l’enquête en cours devrait déterminer « la nature exacte de l’incident ».

Des vidéos diffusées sur les réseaux sociaux ont montré une première explosion suivie d’une autre qui provoque le gigantesque nuage de fumée. Les déflagrations ont fait trembler les immeubles et brisé des vitres à des kilomètres à la ronde.

Selon une estimation préliminaire du ministre de la Santé libanais, il y aurait 73 morts et 3.700 blessés. « C’est une catastrophe dans tous les sens du terme », a déploré le ministre de la santé Hamad Hassan, interrogé par plusieurs télévisions alors qu’il visitait un hôpital de la capitale. « Les hôpitaux de la capitale sont tous pleins de blessés », a-t-il souligné, appelant à transporter les autres blessés vers des établissements de la banlieue.

Le président Michel Aoun a convoqué une « réunion urgente » du Conseil supérieur de la Défense et le Premier ministre Hassan Diab a décrété un jour de deuil national.

Selon l’agence nationale d’information ANI, il y a eu « des morts et des blessés ». Le président de la Croix-Rouge libanaise, Georges Kettaneh, a évoqué « des centaines de blessés », dans un appel à la télévision libanaise LBC. « Nous sommes submergés par les appels téléphoniques », a-t-il dit.

« C’est une catastrophe à l’intérieur (du port). Il y a des cadavres par terre. Des ambulances emmènent les corps », a indiqué à l’AFP un soldat aux abords du port.

Les médias locaux ont diffusé des images de personnes coincées sous des décombres, certaines couvertes de sang.

« J’ai senti comme un tremblement de terre et puis après une énorme déflagration et les vitres se sont cassées. J’ai senti que c’était plus fort que l’explosion lors de l’assassinat de Rafic Hariri » en 2005, provoqué par une camionnette bourrée d’explosifs, a déclaré à l’AFP une Libanaise dans le centre-ville de Beyrouth.

Selon des informations préliminaires de médias locaux, l’explosion serait le résultat d’un incident au port de Beyrouth.

Les circonstances et détails sur l’explosion restaient inconnus dans l’immédiat.

« Les immeubles tremblent », a tweeté un habitant de la ville, affirmant que « toutes les vitres de (son) appartement ont explosé ». Selon un autre, la déflagration a été entendue à des kilomètres.

« Propulsés »

Le secteur du port a été bouclé par les forces de sécurité, qui ne laissent passer que la défense civile, les ambulances aux sirènes hurlantes et pompiers, selon des correspondants de l’AFP à l’entrée du port.

Aux abords, les dégâts matériels et destructions sont importants.

Plus de deux heures après l’explosion, les flammes enveloppaient toujours le secteur. Un hélicoptère collecte de l’eau de la mer pour éteindre les incendies, a constaté une correspondante de l’AFP.

« Nous avons vu un peu de fumée et ensuite une explosion. Puis le champignon. La force de l’explosion nous a propulsés en arrière dans l’appartement », a raconté un habitant du quartier de Manssouriyeh, qui a assisté à la scène depuis son balcon, à plusieurs kilomètres du port.

Après les explosions, de nombreux habitants, dont certains blessés, marchaient vers des hôpitaux dans plusieurs quartiers de Beyrouth. Devant le centre médical Clémenceau, des dizaines de blessés parmi lesquels des enfants, parfois couverts de sang, attendent d’être admis.

Des voitures, avec leurs airbags gonflés, mais aussi des bus ont été abandonnés au beau milieu de plusieurs routes.

« Une ville sinistrée »

Beyrouth est une « ville sinistrée », a annoncé mardi le Conseil supérieur de défense du Liban.

Le Conseil, qui réunit notamment le président, le Premier ministre et la ministre de la Défense, « recommande » au gouvernement de décréter l’Etat d’urgence, selon l’agence nationale d’informations ANI. « Une catastrophe majeure s’est abattue sur le Liban », a déploré le président Michel Aoun à l’ouverture de la réunion.

Les puissantes explosions qui ont secoué mardi le port de Beyrouth ont fait 73 morts et 3.700 blessés, dont des membres des corps diplomatiques, selon un nouveau bilan fourni à l’AFP par un responsable du ministère de la Santé.

Ce bilan est toutefois provisoire, selon le directeur général du ministère, Fadi Sanan. Plus tôt le ministre de la Santé, Hamad Hassan, avait assuré que les hôpitaux de la capitale étaient saturés par l’afflux des blessés.

Parmi les blessés sont recensés des membres de corps diplomatiques européens, dont des ambassades belges, néerlandaises et allemandes. L’ONU au Liban a aussi affirmé que des Casques bleus avaient été grièvement blessés à bord d’un navire endommagé par les explosions.

Israël, Hezbollah

Le 14 février 2005, un attentat spectaculaire provoqué par une camionnette bourrée d’explosifs avait ciblé le convoi de Rafic Hariri, le tuant ainsi que 21 autres personnes et faisant plus de 200 blessés. La déflagration avait provoqué des flammes hautes de plusieurs mètres, soufflant les vitres des bâtiments dans un rayon d’un demi-kilomètre.

Vendredi, le Tribunal spécial pour le Liban (TSL), basé au Pays-Bas, doit rendre son verdict dans le procès de quatre hommes, tous membres présumés du puissant mouvement libanais Hezbollah, accusés d’avoir participé en 2005 à l’assassinat de Rafic Hariri.

Le Liban connaît sa pire crise économique depuis des décennies, marquée par une dépréciation monétaire inédite, une hyperinflation, des licenciements massifs et des restrictions bancaires drastiques, qui alimentent depuis plusieurs mois la grogne sociale.

Il y a une semaine, après des mois de calme relatif, Israël a dit avoir déjoué une attaque « terroriste » et ouvert le feu sur des hommes armés ayant franchi la « Ligne bleue » séparant le Liban et Israël, avant qu’ils ne repartent côté libanais.

Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a attribué l’infiltration au Hezbollah, un mouvement armé que l’État hébreu considère comme son ennemi.

Des matières explosives confisquées

Les violentes explosions pourraient être dues à des « matières explosives » confisquées et stockées dans un entrepôt « depuis des années », a estimé mardi un haut responsable de la sécurité.

« Il semble qu’il y ait un entrepôt contenant des matières confisquées depuis des années, et il semblerait qu’il s’agissait de matières très explosives », a indiqué le directeur général de la Sûreté générale Abbas Ibrahim, interrogé par des télévisions en se déplaçant dans le secteur. « Les services concernés mènent l’enquête, ils diront quelle est la nature de l’incident », a-t-il ajouté.

Un navire en feu devant le port

Un navire arrimé face au port de Beyrouth est en flamme, après les violentes explosions qui ont ravagé le secteur mardi, a constaté une correspondante de l’AFP, sans qu’il ne soit possible de déterminer s’il y avait à son bord des passagers.

Dans le port, un officier a demandé aux journalistes de s’éloigner du secteur, craignant une explosion du navire à cause du réservoir de carburant. Plusieurs entrepôts du port ont été dévastés, tandis que le sol est jonché de verre brisé, a constaté la correspondante de l’AFP. Une source sécuritaire sur le terrain a indiqué à l’AFP qu’il y avait encore des morceaux de corps au sol, et que les opérations se poursuivaient pour transporter les victimes.

« Les responsables devront payer » !

Le Premier ministre libanais, Hassan Diab, a dénoncé mardi une « catastrophe » après les explosions meurtrières qui ont secoué le port de Beyrouth, assurant que les responsables devraient « rendre des comptes ».

« Ce qui s’est passé aujourd’hui ne passera pas sans que des comptes soient rendus. Les responsables de cette catastrophe devront payer le prix », a martelé le chef du gouvernement lors d’une allocution télévisée.

Le Premier ministre a également appelé mardi les « pays amis » à aider le Liban. « Je lance un appel urgent à tous les pays amis et les pays frères qui aiment le Liban à se tenir à ses côtés et à nous aider à panser nos plaies profondes », a lancé le Premier ministre.

M. Diab a promis des annonces concernant « ce dangereux entrepôt qui existe depuis six ans, depuis 2014 ».

L’aide d’Israël

Israël a proposé mardi soir une aide humanitaire au Liban, pays voisin avec lequel il est techniquement en état de guerre, après des explosions meurtrières à Beyrouth dont il a nié toute responsabilité.

« Israël s’est tourné vers le Liban par l’intermédiaire de contacts sécuritaires et politiques internationaux pour offrir une aide humanitaire et médicale au gouvernement libanais », ont annoncé dans un communiqué les ministères israéliens des Affaires étrangères et de la Défense.

« Je ne vois pas de raison de douter des informations émanant de Beyrouth (…) il s’agit d’un accident qui semble avoir été causé par un incendie », a déclaré le chef de la diplomatie israélienne Gabi Ashkenazi mardi soir à la chaîne israélienne 12. « Israël n’a rien à voir avec cet incident », a aussi commenté auprès de l’AFP une source gouvernementale requérant l’anonymat.

La tension entre les deux pays est montée d’un cran ces derniers jours, l’armée israélienne étant en état d’alerte à la frontière libanaise.

Le bâtiment de l’ambassade belge endommagé

Le bâtiment de l’ambassade belge à Beyrouth a été endommagé, indique dans un tweet mardi soir le ministre des Affaires étrangères Philippe Goffin. « Deux collègues et deux membres de leur famille ont été légèrement blessés par des éclats de verre. »

« Les dégâts causés par les explosions à #Beyrouth sont énormes. Le bâtiment de notre ambassade a été endommagé. Deux collègues et deux membres de leur famille ont été légèrement blessés par des éclats de verre. Nous sommes prêts à fournir une assistance aux Belges sur place », a écrit Philippe Goffin sur le réseau social.

« J’ai pris contact avec l’Ambassade du Liban à Bruxelles pour témoigner de la solidarité de la Belgique et pour proposer notre aide pour surmonter les effets de cette terrible explosion à #Beyrouth », poursuit-il. « Toutes mes pensées vont aux victimes des terribles explosions. »

Macron envoie des secours

Emmanuel Macron s’est entretenu mardi soir avec son homologue libanais, Michel Aoun, pour lui exprimer « son soutien et celui de la France » et a annoncé l’acheminement de « secours et moyens français » à Beyrouth.

Au cours de l’entretien, le président a exprimé « son soutien et celui de la France au peuple libanais », a déclaré l’Elysée mardi soir. « Des secours et des moyens français sont en cours d’acheminement », a ajouté la même source sans autres précisions.

Plus tôt dans la soirée, M. Macron a exprimé sa « solidarité fraternelle avec les Libanais après l’explosion qui a fait tant de victimes et de dégâts ce soir à Beyrouth. La France se tient aux côtés du Liban. Toujours », dans un message rédigé en français et en arabe sur Twitter.

Pompeo propose l’aide des États-Unis

Le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo a proposé l’aide des États-Unis au Liban, qualifiant d’« horrible tragédie » les deux explosions qui ont dévasté Beyrouth.

« Nous surveillons la situation et nous sommes prêts à fournir notre assistance au peuple libanais qui se remet de cette horrible tragédie », a tweeté le secrétaire d’État américain.

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