Donia Eden dans «Les michetonneuses», ce soir sur France 2: «Mon personnage, c’est le ciel qui me l’envoie»

Donia Eden dans «Les michetonneuses», ce soir sur France 2: «Mon personnage, c’est le ciel qui me l’envoie»
© Jean-Claude LOTHER/FTV

Qu’est-ce qui vous a séduite dans le parcours de cette Eden, qui porte donc le même nom que vous ?

Oui, c’est fou ! Ce qui m’a plu dans cette histoire, c’est qu’il n’y avait pas de morale, ni de jugement quant au cheminement de ces nanas qui, au départ, aiment bien michetonner (se livrer occasionnellement à la prostitution). Après, Eden ça la saoule, elle va ailleurs, tandis que Maya aime ça et continue. J’ai trouvé que c’était important d’en parler de cette manière-là.

On imagine que rien ne s’attache à votre propre parcours…

Michetonneuse, non ! (Rires.) Je suis comédienne depuis l’âge de 15 ans, mais je suis aussi pianiste, danseuse et je fais de la boxe. Alors quand on m’a proposé de jouer cette fille qui est danseuse, qui veut faire de la boxe, qui défend ce côté un peu féministe de liberté, je me suis dit : « C’est le ciel qui me l’envoie. Tu vas faire ce film ! »

Donia Eden, voilà un nom qui sonne bien, est-ce votre vrai patronyme ?

Eden, c’est le nom de ma mère, tandis que le nom de famille de mon père est Mohamed. J’ai commencé ce métier en m’appelant Donia Mohamed. J’ai très vite constaté qu’on ne m’offrait que des rôles de Maghrébines, d’Orientales. Depuis que j’ai pris le nom d’Eden, je joue des Elise, des Sonia, des Brésiliennes, des Espagnoles. Du coup, on ne sait plus trop quelles sont mes origines, ce qui est beaucoup plus intéressant pour une comédienne.

Votre personnage a un sacré caractère. Comme vous ?

Oui, c’est un autre point commun. En tout cas, elle n’a pas envie qu’on lui dicte sa vie et elle ne veut dépendre de personne, et ça aussi, ça me ressemble beaucoup. Etre indépendante et aller jusqu’au bout de ses rêves.

Maya dit : « Je rêve de rencontrer un beau mec, si possible friqué et qui me fait vibrer. « C’est bien d’être ambitieuse…

(Rires.) Souvent on a une image vulgaire sur l’idée de ce qui est micheton. Voilà une jeune femme qui n’a pas trop de moyens, elle veut un homme beau qui l’aime un peu, qui la soutient financièrement. Pourquoi pas ? Elle fait ce qu’elle veut et elle devient même touchante.

A propos de « Demain nous appartient », vous dites que Chemsa ne vous ressemble pas, même physiquement…

Je parle autrement, plus vite. Ce n’était pas mon but de n’être pas jolie. (Rires.) Parfois, quand je me regarde, je dis : « OK, bon… « Mais je trouve génial qu’un acteur puisse être intéressant physiquement ou l’inverse.

Vous avez étudié le piano, qu’est-ce qui vous a fait jeter votre dévolu sur la comédie ?

J’ai eu le prix du conservatoire de piano à 16 ans, mais j’avais des copains asiatiques qui avaient une rigueur de travail qui me dépassait. Alors que j’étais dans une fureur de vouloir vivre, de sortir, de rencontrer le monde, ce qui collait mieux avec la vie de comédienne. Là-dessus, j’ai fait des castings très tôt et j’ai été engagée très vite. Je sais aujourd’hui que c’est le chemin de ma vie.

« Les michetonneuses », dès 21h05 sur France 2

Bernard Alès