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Ligue des champions: comment Adrien Rabiot a renversé la hiérarchie à la Juventus

Photo News
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Après la dernière journée de championnat samedi, une nouvelle défaite turinoise face à l’AS Rome (3-1), la Gazzetta dello Sport a estimé que Rabiot était « l’unique bonne nouvelle du moment avec la convalescence rapide de Dybala ».

L’ancien Parisien a en effet offert une passe décisive à Higuain et, surtout, il a de nouveau été l’un des rares éléments bianconeri à avoir du souffle et les jambes légères. « Athlétiquement, il est un cran au-dessus. Le confinement lui a fait du bien », a encore jugé la Gazzetta.

Le commentaire du quotidien aux pages roses ne manque pas d’ironie quand on se souvient que, justement, la fin du confinement a été le point le plus bas du séjour turinois de Rabiot.

Alors que ses équipiers rentraient les uns après les autres à Turin pour la reprise de l’entraînement avec des séances individuelles et facultatives, lui restait sur la Côté d’Azur à travailler en solo.

L’attitude de l’ancien Parisien n’a pas forcément beaucoup plu à ses dirigeants mais elle a surtout été durement critiquée par la presse italienne, le quotidien La Stampa parlant même de « grève » et assurant que Rabiot protestait en fait contre la baisse de salaire décidée pour limiter les effets économiques de la crise du coronavirus.

Rabiot en a plaisanté sur les réseaux sociaux et a continué à travailler, enchaînant très vite les titularisations pendant que Blaise Matuidi, premier choix pendant des mois sur la gauche du milieu de terrain, s’installait durablement sur le banc.

« Un joueur très fort »

Chaque veille de match, les trois quotidiens sportifs italiens annoncent les compositions probables des équipes et y ajoutent des « ballottages » là où il reste un doute. Pendant longtemps, ils ont systématiquement tourné en faveur de Matuidi : Matuidi-Rabiot 70 %-30 % ou Matuidi-Rabiot 60 %-40 %.

Puis la tendance s’est inversée, Rabiot-Matuidi 60 %-40 %, Rabiot-Matuidi 70 %-30 %, puis il n’y a plus eu de ballottage. Le titulaire est désormais Rabiot et ses prestations incroyablement neutres du début de saison, statiques et pleines de passes latérales, sont oubliées.

Un but fantastique contre l’AC Milan, des fautes obtenues en pagaille, du jeu et des courses vers l’avant, une impression de puissance retrouvée alors que les autres tirent la langue face à la répétition des matches en pleine chaleur : le « Duc » est redevenu un atout.

Tout son langage corporel est d’ailleurs transformé et on le voit désormais souriant, à l’aise avec ses équipiers et pleinement intégré aux moments de fête et de célébrations.

« Rabiot est un joueur avec des qualités rares. Après avoir vécu de gros changements, il est en train de se révéler. Il a un caractère un peu réservé, il a changé d’équipe et de football et il lui a fallu un peu plus de temps pour digérer. Mais c’est un parcours qu’ont connu de nombreux joueurs étrangers en arrivant en Italie », a déclaré il y a deux semaines son entraîneur Maurizio Sarri, qui l’a toujours défendu et protégé.

« Désormais je le vois jouer avec beaucoup de personnalité et de sécurité. On parle d’un joueur très fort », a aussi rappelé le technicien italien.

En début de saison, il avait été demandé à Sarri ce que devait penser Rabiot, qui ne jouait alors que très exceptionnellement. « Que Matuidi est très fort », avait-il répondu. Aujourd’hui, la logique s’est inversée.

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