Que vaut la première série adaptée du fameux roman «Le Meilleur des Mondes»? (photos)

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Trois jeunes protagonistes se débattent entre deux mondes dans cette série qui mérite qu'on s'y attarde.
Trois jeunes protagonistes se débattent entre deux mondes dans cette série qui mérite qu'on s'y attarde. - D.R.

Série-phare de Peacock, le service de streaming qu’a lancé la chaîne américaine NBC le 15 juillet, « Brave New World » (« Le Meilleur des Mondes ») mérite qu’on l’évoque ici ! D’autant qu’on y aura accès, en Belgique, à partir du 11 septembre, sur Amazon Prime Video. Il s’agit de l’adaptation moderne – et très dépoussiérée – du roman de l’Anglais Aldous Huxley, paru en 1932. Si vous ne connaissez pas l’histoire, sachez qu’elle se passe dans le futur, après qu’un conflit mondial ait anéanti le monde d’avant.

Le spectateur entre d’abord à « New London », une société aseptisée, fermée et apparemment idyllique. Les gens y sont divisés en castes en fonction de leur beauté et leurs aptitudes intellectuelles et de travail. En haut de l’échelle, il y a les Alpha, puis les Bêta, puis les Gamma, les Delta et les Epsilon, qui sont programmés pour être petits et laids. Programmés ? Oui car tout le monde est sous contrôle de la naissance à la mort. Et personne n’a droit à une vie privée, une famille et une relation monogame. Par contre, les orgies sont chaudement recommandées. Personne, objectivement, ne pourrait être heureux avec une vie comme ça, voilà pourquoi chacun doit avaler régulièrement une pilule, la soma, qui endort le cerveau et apporte le bien-être. Brrrr…

C’est dans ce contexte qu’on trouve la belle Lenina Crowne (Jessica Brown Findlay), une Bêta + qui se fait d’abord tirer les oreilles par son supérieur, l’Alpha Bernard Marx (Harry Lloyd), car elle a eu plus de vingt-cinq rapports sexuels avec le même homme. Dans le deuxième épisode, ces deux-là se sont rapprochés charnellement et partent en « excursion » à « Savage Lands », un parc d’attraction où des hommes et des femmes du monde d’avant montrent, comme un spectacle, « toute la misère et les comportements vils de l’ancien mode », la cupidité, le consumérisme agressif dans les magasins, les mariages qui tournent au pugilat, la jalousie, la prison… John, dit le Sauvage (Alden Ehrenreich) fait partie des individus qui orchestre tout ça, mais complètement contre son gré. En fait, sa vie, et celle de sa mère Linda (Demi Moore), fragile et alcoolique, sont en grand danger. Après un bain de sang dont nous ne révélerons pas la cause, sa route va croiser, dans le chaos, celle Lenina. Suite à l’écran…

Des dizaines de corps nus font l’amour sur une piste de danse

Voilà pour la mise en bouche, que nous avons trouvée franchement intrigante, même si elle n’évite pas les longueurs et une tonalité trop tiède. Une remarque qui ne s’applique à l’assez longue séquence où on voit des dizaines de jeunes corps nus faire l’amour sur une piste de danse. Des images plus émoustillantes et sexy que politiquement incorrectes et audacieuses !

D.R.

D, l’œuvre de Huxley semble avoir été parfaitement digérée, et remaniée, par David Wiener, qui a développé cette série qui a pu voir le jour grâce à, notamment, Amblin Television, où se cache un certain Steven Spielberg. Eh oui ! Aux Etats-Unis, plusieurs critiques l’ont déjà rapprochée à « Westworld », sans doute parce qu’il y est question d’un parc d’attraction et que son action se déroule dans un univers dystopique (l’inverse d’euphorique. Mais pour le reste, on ne comprend pas bien la comparaison. On conseillera à ceux-là, et à tous ceux qui ne connaissent pas le livre d’Huxley, de commencer par le lire…

L’autre attrait de cette nouveauté, c’est évidemment son casting, qui vaut clairement le détour ! Dans le rôle de Lenina, on retrouve Jessica Brown Findlay, qui jouait Lady Sybil Crawley dans « Downton Abbey ». Bernard Marx est incarné par Harry Lloyd, qui était Viserys Targaryen dans « Game of Thrones », et le partenaire d’Eddie Redmayne et Felicity Jones dans « Une merveilleuse histoire de temps ». Enfin, last but not least : c’est carrément le jeune Han Solo de « Star Wars », à savoir Alden Ehrenreich, qui incarne John le sauvage, et une Demi Moore blonde campe sa maman pochtronne. Même débraillée, elle reste superbe !