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Des couverts comestibles pour éviter le plastique

Maxime (à gauche) et Cyril ont toujours eu envie d’entreprendre ensemble.
Maxime (à gauche) et Cyril ont toujours eu envie d’entreprendre ensemble. - Ecopoon

C’est durant leurs études en sciences économiques à l’école de gestion de l’ULiège (HEC) que Maxime Vanderheyden, 25 ans, de Verviers, et Cyril Ernst, 25 ans également, d’Aubel, se sont rencontrés. « On se retrouvait sur pas mal de points et on avait envie d’entreprendre ensemble », explique Maxime. « Durant mon master en gestion des entreprises sociales, une de mes professeurs, Sybille Mertens m’a donné le déclic. »

D’autant que le duo avait été frappé, durant son temps libre, par la quantité de plastique à usage unique qui est utilisée lors de festivals ou de concerts. « On a eu envie de faire quelque chose. On est, tous les deux, sensibles aux questions environnementales ».

Depuis qu’ils ont 17-18 ans, les deux amis ont envie d’entreprendre mais autrement. « Le moteur actuel des entreprises, c’est souvent le profit à court terme. Nous, nous avons envie de nous soucier des aspects sociaux et environnementaux, sans pour autant délaisser la viabilité de l’entreprise », note Cyril.

Solidarité et égalité

Leur projet d’entreprise, c’est Ecopoon, des couverts comestibles qui seraient une alternative durable aux couverts en plastique et en bois à usage unique. Leur objectif ? Aider le consommateur dans la transition vers le « zéro déchet ». Pour l’heure, le duo est incubé au VentureLab (lire ci-dessous) et en couveuse d’entreprises chez Step Entreprendre (qui accompagne des projets dans une dynamique durable, coopérative et solidaire).

Ecopoon a déjà plusieurs modèles à proposer.
Ecopoon a déjà plusieurs modèles à proposer. - Ecopoon

« On aimerait lancer notre activité sous la forme coopérative, ce serait l’idéal. Elle porte des valeurs de solidarité, d’égalité et de transparence. Chacun a une voix et ça nous plaît. Pour nous, c’est le modèle de demain. Il est plus résilient et plus durable. On a envie de montrer que ce modèle a du sens. On a souvent tendance à penser que c’est un modèle bobo mais c’est quelque chose de plus travaillé et de plus complexe », poursuit Maxime. « On l’a vu pendant les études : la coopérative peut très bien fonctionner ».

Pour l’heure, les deux jeunes entrepreneurs laissent mûrir leur idée. « On a travaillé avec un laboratoire pour la recette, pour voir si ça tenait la route. On voulait que ce soit quelque chose de bon, de solide et de résistant au chaud et au froid. Cela a pris plusieurs mois puis on a fait des recherches sur le design avec un mouliste ». Ils vont notamment utiliser le résidu du brassage des céréales, la drêche. « C’est bien de la réutiliser pour en faire quelque chose, d’autant que c’est intéressant nutritivement. On a, pour l’instant, un goût nature (pour se marier avec un maximum de choses, et notamment pour les glaciers) et un goût romarin ».

Période de test

Le duo est maintenant en période de test avec une production artisanale, en partenariat avec un boulanger. « On va produire quelques milliers de cuillères dans un premier temps et récolter le plus possible d’avis pour améliorer le produit ». L’année prochaine devrait être celle du développement de l’outil de production et de la coopérative. En tout cas, les deux amis y croient. Cyril a d’ores et déjà quitté son job précédent pour se consacrer à Ecopoon.