Abonnez-vous pour 1€

Clarebout obtient gain de cause pour la construction du second frigo

Vue du ciel sur la Lys et le congélateur actuel. Un deuxième devrait arriver bientôt.
Vue du ciel sur la Lys et le congélateur actuel. Un deuxième devrait arriver bientôt. - VDN

1. Retour sur les derniers rebondissements d’une (longue) saga

C’est en novembre 2019 que le projet de Clarebout Potatoes prend du plomb dans l’aile. Le SPW refuse alors la construction du second congélateur souhaité par le géant de la pomme de terre. « Une bonne nouvelle » pour Alice Leeuwerck. Christophe Liénart, maire de Deûlémont et farouche opposant au projet, tient le même discours.

En neuf mois, Clarebout Potatoes a eu le temps de digérer cet échec, et d’introduire un dossier comprenant des compensations environnementales à un projet déjà bien ficelé. « À l’usure, il aura son congélateur », avait prédit Élisabeth Dumoulin, présidente de l’association Deûlémont Défense de l’Environnement en 2019. Des propos prémonitoires.

L’avis défavorable n’est plus qu’un souvenir. La ministre de l’Environnement Céline Tellier et le ministre de l’Aménagement du territoire Willy Borsus ont donné leur accord pour la réalisation du second congélateur en bord de Lys. D’une hauteur de 33 mètres, la structure sera logiquement érigée à côté du congélateur existant. Une victoire pour l’industriel flamand ? Après des années de lutte, l’horizon semble s’éclaircir pour Jan Clarebout, et s’assombrir pour ses opposants. « Ici à Warneton, c’est une catastrophe », déplore un riverain français.

2. Des mesures pour l’environnement après le refus du SPW

Les mesures compensatoires ont-elles suffi à la Région et aux ministres de tutelle ? « Notre dossier a beaucoup d’atouts écologiques », déclare Raphaël Tassart, porte-parole francophone de Clarebout Potatoes. Si le dossier du second congélateur est accepté, c’est que les mesures proposées par l’entreprise pour la préservation de l’environnement sont jugées satisfaisantes par la Région. Et nous comptons bien respecter nos engagements », poursuit le porte-parole, qui brandit aussi la carte du transport fluvial. « On bénéficiera de la connexion avec le PACO et sa plate-forme, qui nous permettra de diminuer le charroi. Pour le reste, avec les autorités communales et les riverains, nous restons ouverts au dialogue »

3. Le « renforcement des mesures de contrôle » selon la ministre Tellier

Ces dernières années, plusieurs subsides ont été alloués par la Région, pour permettre aux différents sites de Clarebout de limiter les dommages de sa production sur l’environnement. La ministre Céline Tellier s’est exprimée publiquement mercredi sur cette décision. Elle explique que l’extension du frigo a été accordée. Mais les autorités ont imposé des conditions supplémentaires à Clarebout. À savoir selon la ministre « des actions élargies de protection de la biodiversité en partenariat avec des associations environnementales locales. » Nous ajouterons « si ces deux parties arrivent à s’entendre. »

Céline Tellier annonce aussi la naissance d’un comité d’accompagnement franco-belge (avec des Deûlémontois ?) permettant de « responsabiliser » l’entreprise et de tenir compte des remarques des citoyens et des communes. La Région préconise le dialogue, s’il est possible…

4. « Si Clarebout a déposé un recours, on peut le faire aussi »

« Au-delà de ce permis, au vu des informations transmises par les citoyens et les communes concernant certaines craintes relatives à l’exploitation de l’usine existante, l’administration a renforcé les mesures de contrôle et a institué des conditions plus strictes concernant la maîtrise des odeurs à l’exploitant. La société Clarebout est actuellement en recours contre ces nouvelles mesures ». Ces propos sont toujours ceux de la ministre Tellier. Et ils vont certainement faire bondir ceux qui se battent contre ce deuxième frigo. En première ligne, Élisabeth Dumoulin de l’association Deûlémont défense de l’environnement. Le bras de fer entamé en 2014 suite à la venue des cadres de l’entreprise dans la petite commune française frontalière semble s’achever. Enfin pas tout à fait…

« Si Clarebout a déposé un recours l’an passé, on peut le faire aussi », estime la Deûlémontoise, qui bénéficie du soutien de son maire Christophe Liénart. « L’ennui, c’est que Clarebout finit toujours par obtenir ce qu’il veut. Je suis profondément déçue d’apprendre que la Région wallonne a décidé d’autoriser la création du second frigo. En dépit des courriers que nous avons envoyés aux ministres, à la police de l’environnement, en dépit des preuves de rejets dans la Lys et en dépit des nuisances que nous subissons, il n’y a apparemment pas assez de preuves pour refuser l’agrandissement de l’usine de Warneton. Nous n’allons pas nous laisser faire. »

5. « L’endroit où Clarebout s’est implanté est un non-sens complet »

Alice Leeuwerck et Philippe Mouton ont été prévenus personnellement par les ministres wallons.

« On a reçu un appel de Céline Tellier. Cette décision, c’est une grande déception pour nous. Le dossier de l’entreprise est très bien ficelé et la Région n’avait pas d’argument pour entraver cette construction. Clarebout a d’ailleurs reçu des subsides à plusieurs reprises. Mais ce frigo aura évidemment des conséquences », avoue la bourgmestre. S’il y a des compensations écologiques et un comité de pilotage qui se profilent, Alice Leeuwerck déplore la position géographique du géant de la pomme de terre, à la base de tous les maux des Warnetonnois et des Deûlémontois. « L’entreprise s’est installée en zone urbaine, en bord de Lys. C’est inconcevable de voir un gigantesque frigo à cet endroit. La problématique des nuisances est décuplée par la proximité des habitations. Ce ne serait pas aussi tendu si Clarebout s’était installé plus à l’écart, dans une zone réservée aux entreprises de ce gabarit. »

La commune va-t-elle déposer un recours, elle aussi ? « Clarebout a un énorme pouvoir. Nous allons d’abord étudier en détail le courrier de la Région avant de nous décider », conclut la bourgmestre de Comines-Warneton.

Découvrez tous les chiffres du coronavirus dans votre commune

Recherchez votre commune en tapant le code postal ou le nom

Résultat(s) de votre recherche:
Notre sélection vidéo