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Formation fédérale: les préformateurs Magnette et De Wever veulent jeter l’éponge, le Roi «disponible si nécessaire»

Formation fédérale: les préformateurs Magnette et De Wever veulent jeter l’éponge, le Roi «disponible si nécessaire»

Lundi, les deux hommes devraient proposer au souverain de rendre leur tablier, pour laisser la place à d’autres (les regards se tournent, bien sûr, vers les écologistes et libéraux). Vendredi, on apprend même, de source bien informée, que le duo était prêt à jeter l’éponge dès le jour-même, mais que cela devra attendre lundi car le Roi n’était pas disponible dans l’immédiat.

« Le Roi est disponible si nécessaire », a expliqué le Palais. « Mais à ce stade, ses plans n’ont pas été modifiés et le rendez-vous est toujours fixé à lundi en matinée », a-t-il ajouté sans pouvoir toutefois préciser l’heure de cette rencontre.

Cependant selon nos informations, le roi Philippe a écourté ses vacances et revient à Bruxelles cet après-midi pour envisager les suites de ce nouveau feuilleton de la crise politique.

PS et cdH restent « dispo » et regrettent l’échec, Verts et libéraux temporisent

« Il était déjà clair jeudi qu’il n’y avait pas de majorité pour soutenir le projet de Bart De Wever (N-VA) et Paul Magnette (PS) », entend-on vendredi chez certains partis. Le noyau de la note était en effet une sorte d’échange entre une réforme institutionnelle voulue par les nationalistes et une politique socio-économique défendue par les socialistes. Ce qui finalement ne convenait ni aux Verts, ni aux libéraux.

Du côté des Verts, on apprenait vendredi que la réunion qui était envisagée le jour-même avec les préformateurs n’aurait finalement pas lieu, alors que le duo Paul Magnette – Bart De Wever a quand même revu en matinée les présidents des partis libéraux. « On aurait donc dit que les préformateurs avaient finalement fait leur choix, en faveur des libéraux », explique une source chez Groen. Finalement, la brève et pénible rencontre a débouché chez les préformateurs sur le constat qu’il valait mieux s’arrêter là, qu’ils n’étaient plus en capacité de poursuivre leur mission.

Ni Verts ni libéraux ne s’expriment vendredi sur une possible mission qui leur serait confiée à l’avenir. « Nous restons disponibles », entend-on brièvement du côté de Groen et de l’Open Vld, qui ne vont pas plus loin. Une disponibilité qui est d’ailleurs également ré-affirmée par le PS vendredi, qui « regrette » l’attitude des libéraux dans les négociations et se dit toujours disposé à travailler à une solution pour le pays. Chez Ecolo, on ne réagit pas.

Au MR, on reste sur la même ligne que le décisif communiqué vert-bleu de jeudi : « Le MR veut un gouvernement avec une majorité parlementaire rapidement. L’urgence économique et sociale sont les priorités. (…) Il faut faire des compromis et les notes doivent évoluer. Pas les invectives », a réagi sur Twitter le président des libéraux francophones Georges-Louis Bouchez.

« On sent qu’il y a une sorte de forcing », regrette de son côté le président de l’Open Vld Egbert Lachaert. « On n’en est qu’aux préliminaires, pour une décision qui sera réellement prise en septembre, car c’est à ce moment-là qu’un vote de confiance au gouvernement Wilmès est au programme ». Aux yeux du président de l’Open Vld, la « note » De Wever – Magnette était « trop socialiste », et « trop N-VA sur le plan communautaire ». Pour lui, toutes les options sont désormais ouvertes, affirme-t-il.

En résumé, la note était imbuvable pour les Verts et les libéraux, qui par ailleurs ne semblent pas avoir apprécié que l’on tente de précipiter leur participation à des négociations sur une telle base.

Joachim Coens, président du CD&V, l’un des partis du « club des 5 », « regrette » vendredi l’évolution des choses. « Le but était évidemment que cette mission réussisse ».

Même son de cloche chez Maxime Prévot, président du cdH. Il exprime vendredi via Twitter des « regrets », « que chacun n’ait pas été capable de prendre de la hauteur pour débattre ensemble autour d’une table plutôt que par communiqués ». « Tout était encore à écrire et rien n’avait donc encore été validé, y compris l’institutionnel », rappelle celui qui avait déjà insisté précédemment sur ce point.

Côté cdH, on reste aussi « dispo », comme le PS. « Le cdH se placera toujours du côté d’une solution pour sortir ce pays de ses multiples crises (sanitaire, socio-éco, climatique, budgétaire et politique) », résume son président. « Savonner les planches serait-il devenu un sport national ? », s’interroge-t-il au passage.

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