Abonnez-vous au journal de votre région et recevez en cadeau une montre connectée Samsung Galaxy Watch4 ou un robot multifonction Domo

Interpellé sur le tarmac de l’aéroport de Charleroi, un homme décède à l’hôpital: selon sa femme, il est mort «comme Georges Floyd»

L’interpellation sur le tarmac de l’aéroport de Charleroi.
L’interpellation sur le tarmac de l’aéroport de Charleroi. - Novotny

Le 24 février 2018, Henrieta Chovancová, une Slovaque de 40 ans, s’est rendue à l’aéroport de Bratislava pour récupérer son mari, Jozef Chovanec (38), qui avait décollé quelques heures plus tôt depuis l’aéroport de Charleroi. Sauf que cet homme qui multipliait les allers-retours entre la Belgique et la Slovaquie pour raisons professionnelles n’était, en réalité, jamais monté dans l’avion.

Sans nouvelle de son mari, Henrieta avait alors tenté de savoir s’il avait, oui ou non, embarqué. Mais personne n’a jamais voulu lui dire. Elle a alors appelé des connaissances en Belgique, qui se sont rendues à l’aéroport de Charleroi. Là, ils ont appris que Jozef avait été arrêté par la police.

Ils n’ont pas pu savoir pourquoi, ni même les circonstances de son arrestation. Selon Het Laatste Nieuws, qui relaye cette triste histoire, la police a assuré aux proches de Jozef Chovanec qu’ils ne devaient « pas se faire de souci » et qu’il allait être relâché dans les « prochains jours ».

Billet égaré

Ce soir-là, tout a commencé car Jozef Chovanec ne trouvait plus son billet d’embarcation. Il était donc monté dans l’avion de force, notamment en poussant une hôtesse de l’air. Selon les membres d’équipage, il était très nerveux. Par crainte d’autres problèmes, ils l’ont donc mis en dehors de l’avion et appelé la police, qui est arrivée sur le tarmac et l’ont interpellé.

Placé en cellule, dans les locaux de la police fédérale, l’homme s’était porté des coups violents, notamment en se tapant la tête contre le mur, ce qui a obligé les policiers à intervenir. Lors de cette opération, le forcené avait finalement fait un arrêt cardiaque, selon le parquet à l’époque. Hospitalisé, il a sombré dans le coma pendant plusieurs jours.

Entre-temps, sa femme avait reçu un appel de la police : « Un agent, qui parlait très mal anglais, m’a appelée », explique-t-elle. « Il m’a dit que Jozef était à l’hôpital de Charleroi et qu’il se battait pour sa vie. J’ai demandé ce qui s’était passé, mais je n’ai rien compris ».

Henrieta a alors pris sa voiture et roulé les 1.200 kilomètres qui séparent la Slovaquie de la Belgique. Elle s’est ensuite rendue à l’hôpital Marie Curie. Là, les docteurs lui ont dit que Jozef ne répondait plus à rien. Le lendemain, Jozef perdait la vie.

Des images claires…

Que s’est-il passé ? Le mystère reste entier. Les images de vidéosurveillance montrent que l’homme a eu un comportement étrange durant plusieurs heures, en cellule. Il semblait confus et s’est montré à plusieurs reprises agressif. Finalement, en pleine nuit, plusieurs agents ont même dû entrer pour le maîtriser. Sur les images de vidéosurveillance, on voit que la victime a été maîtrisée « dans des circonstances similaires à celles de la mort de Georges Floyd ». Un des inspecteurs est resté 16 minutes en appuyant sur sa cage thoracique. Un agent a même mis une couverture sur son visage pour le calmer.

Toujours sur les images de vidéosurveillance, on peut voir les agents s’amuser de la situation. Une agente fait même salut hitlérien vers des gens dans le couloir.

Selon nos informations, ce geste n’est pas resté sans conséquence pour la policière

Selon les policiers, ils n’ont pas eu le choix d’intervenir de la sorte, car l’homme se rebellait. Ils voulaient même le « protéger », pour éviter qu’il se fasse du mal. Selon un médecin requis sur place, l’homme était sans doute saoul et aurait consommé de la drogue, et c’est pour cela que les secours ont mis tant de temps à intervenir. Mais l’autopsie a démontré qu’il n’avait pris aucune substance, ni consommé de l’alcool. De même, il n’était pas connu des autorités jusque là.

Peu après les faits, ses proches s’étaient constitué partie civile devant un juge d’instruction de Charleroi. Une enquête a été ouverte pour vérifier que la procédure a bien été respectée par la police fédérale aéroportuaire, mais deux ans et demi après les faits, l’enquête n’a pas avancé, selon la femme de la victime.

Voici la réaction de l’aéroport de Charleroi.

Retrouvez cet article et toute l'info de votre région dans notre nouvelle application Sudinfo. Téléchargez-la maintenant ici.

Notre sélection vidéo