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Mystérieuses attaques de chevaux en France: une jument retrouvée mutilée chez nous, l’inquiétant phénomène s’étend-il à la Belgique?

Mystérieuses attaques de chevaux en France: une jument retrouvée mutilée chez nous, l’inquiétant phénomène s’étend-il à la Belgique?
D.R.

C’est une affaire qui en préoccupe plus d’uns depuis maintenant plusieurs mois en France. Des individus s’en prennent, sans raison apparente, à des équidés et leur infligent d’atroces sévices, allant parfois jusqu’à la mort.

Le 1er avril 2020, une pouliche de 4 ans est retrouvée morte par sa propriétaire, dans la vallée de Chevreuse. Son oreille droite avait été parfaitement sectionnée et prélevée. Une vingtaine de jours plus tard, c’est une pouliche de 2 ans qui est retrouvée dans les mêmes conditions, dans l’Aisne. Sa valeur était estimée à 100.000 euros.

Ce genre d’attaques n’est pas nouveau. Comme le rappellent nos confrères du Point, en 2014, une jument avait été victime de pareille cruauté. L’animal avait été étranglé et sérieusement mutilé sur tout le corps. Mais le phénomène prend sérieusement de l’ampleur depuis quelques mois. En particulier cet été.

À la fin du mois de juin, une note du Service Central de renseignement territorial évoquait déjà onze cas de chevaux, juments, poneys attaqués. On dénombre aujourd’hui plus de trente cas dans une vingtaine de régions françaises. Les attaques sont particulièrement violentes et cruelles. Des oreilles coupées, les parties génitales mutilées, le cœur poignardé, les yeux arrachés… Les individus se déchaînent sur les animaux.

Aucune trace ADN retrouvée

Une quinzaine d’enquêtes ont été ouvertes mais les enquêteurs semblent peiner à dégager une piste. « La motivation reste très difficile à établir », déclarait le 18 août dernier la gendarmerie de l’Yonne à nos confrères de France 3. « Plusieurs hypothèses demeurent : des rituels sectaires, un défi, des actes de vengeance ou ceux d’un psychopathe ». « Nous avons dans certains cas un modus operandi très proches, avec des mutilations identiques comme l’oreille sectionnée dans plusieurs affaires, ou les yeux retirés. Parfois, il semble y avoir une maîtrise de l’instrument permettant la dissection mais pas dans tous les cas », a rajouté une source proche du dossier au micro de LCI.

Malgré la multiplication des attaques chez nos voisins, aucune trace ADN n’a jusqu’ici pu être retrouvée. Les modes opératoires laissent néanmoins penser que les actes ont été commis par plusieurs individus différents.

Le ministre français de l’Agriculture, Julien Denormandie, a assuré sur Twitter que « tous les moyens étaient mis en œuvre pour que justice soit faite ».

L’affaire a connu un nouveau tournant le 24 août dernier, dans l’Yonne. Réveillé par les cris de ses bêtes, un agriculteur est tombé nez à nez avec deux individus en train de s’en prendre à ses poneys. Les individus ont alors attaqué l’homme à l’arme blanche. L’agriculteur et ses deux poneys s’en sont sortis sains et saufs malgré les blessures. Il est parvenu à dresser le portrait-robot de l’un de ses agresseurs. « Il n’y a pas de mots. C’est de la barbarie, de la cruauté. Et un acte gratuit car ces animaux ne peuvent se défendre », a déclaré l’homme, interrogé par nos confrères de BFMTV.

Des attaques semblables en Belgique ?

Ces derniers jours, on évoque des cas similaires chez nous. « J’ai reçu des messages sur Facebook pour me dire que des animaux avaient été retrouvés en mauvais état à Estaimbourg », explique Dehlia Vandendriessche de l’ASBL « Silence Animal ». Le refuge assure avoir lui aussi retrouvé un de leurs animaux blessé à Velaines. « On a retrouvé une de nos juments en sang. Nous avons appelé le vétérinaire qui lui a décelé une coupure au niveau de la vulve », poursuit-elle. « Le lendemain, elle saignait à nouveau et nous nous sommes rendus d’urgence à la clinique universitaire de Gand pour la soigner. Ils ont confirmé que le vagin avait subi une coupure nette. On ne sait pas si elle a pu se faire ça toute seule ou s’il s’agit d’un acte barbare », ajoute-t-elle.

Dans nos colonnes, la police de Pecq a affirmé qu’elle était très attentive à ce genre de faits. « Nous avons entendu parler de l’histoire d’Estaimbourg sur les réseaux sociaux, mais nous ne sommes pas parvenus à contacter la personne qui avait évoqué les faits. Nous restons cependant très attentifs aux terrains sur lesquels des chevaux paissent. Nous avons sollicité les autorités françaises pour obtenir d’éventuelles informations sur les présumés coupables », a expliqué le commissaire Tom Dendaele. « On espère que la situation se maintienne et ne s’aggrave pas comme en France. Mais nos équipes restent très vigilantes ».

Sur Facebook, la zone de police de Val de l’Escaut incite les citoyens à la plus grande vigilance. « Un phénomène sinistre touche actuellement le territoire français. Depuis quelque temps, un ou plusieurs individus s’attaquent de nuit aux chevaux en prairie. Les équidés sont retrouvés le lendemain gravement mutilés. Ces actes odieux nous interpellent particulièrement. En effet, le territoire de notre zone de police héberge un grand nombre de pensions et de manèges équestres », écrit la zone de police. Elle précise par ailleurs que le cas de Verlaines est, pour l’instant, le seul recensé sur leur territoire. Et qu’à « l’heure actuelle, aucun élément ne nous permet de lier ce fait à la vague de barbarie que connaissent nos voisins ».

Angoisse chez les propriétaires d’équidés

En attendant, l’inquiétude grandit chez les propriétaires de chevaux, poneys et autres équidés. Une page Facebook, intitulée « Justice pour nos chevaux » a été créée pour regrouper les victimes de ces actes. Elle compte aujourd’hui près de 20.000 membres. La police française a recommandé aux propriétaires qui le pouvaient de s’équiper de caméras de sécurité.

La Fédération française d’équitation, la Fondation « 30 millions d’amis » et la Fondation « Brigitte Bardot » ont annoncé qu’elles se porteraient parties civiles avec les propriétaires des animaux victimes de ces attaques.

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