La chanteuse belge Annie Cordy a été retrouvée morte chez elle ce vendredi soir: elle avait 92 ans

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La chanteuse belge Annie Cordy a été retrouvée morte chez elle ce vendredi soir: elle avait 92 ans
Photonews

Annie Cordy est décédée a annoncé ce vendredi soir sa famille à l’AFP. La chanteuse belge a été retrouvée sans vie à son domicile de Vallauris. Elle aurait fait un arrêt cardiaque.

« Elle a fait un malaise vers 18h00. Les pompiers sont arrivés très vite, ont tout tenté pour la ranimer », a indiqué sa nièce qui vivait avec elle dans une maison sur les hauteurs de Cannes depuis des années. « Elle est partie en quelques minutes », a-t-elle ajouté.

«Elle avait des problèmes de mémoire, je ne suis pas très surpris, mais profondément triste», a réagi son ami, le chanteur Dave, interrogé sur BFMTV, soulignant combien Annie Cordy incarnait «l’énergie».

Sa dernière apparition dans un clip, remonte au fameux clip pendant le confinement « Ca ira mieux demain ».

Voici la dernière interview qu’Annie Cordy nous avait accordée: «J’ai la Belgique en moi!»

Un mythe de la chanson

Véritable mythe en Belgique mais aussi en France, Annie Cordy est restée longtemps sur le devant de la scène. Mais depuis une demi-douzaine d’années, elle s’était retirée à Cannes où elle vivait dans une grande discrétion, aidée par sa nièce.

Malgré son absence médiatique, Annie Cordy était restée une référence de la culture populaire francophone. Ses performances au music-hall et ses opérettes, notamment avec Luis Mariano ou Bourvil sont un peu tombées dans l’oubli, mais ses tubes de fantaisiste ont bien survécu aux années 70.

Des chansons comme « La Bonne du curé » (« J’voudrais bien/ Mais j’peux point »), « Tata Yoyo », « Frida Oum-Papa » ou « Chaud Cacao » n’ont pris que de la patine en vieillissant. « Au départ, disait-elle, le succès n’était pas prévu. Je voulais surtout avoir des chansons qui me permettent de m’éclater sur scène de laisser libre cours à mon tempérament déconneur, peut-être. »

Le premier soir de 1974 où elle la chante, sur un podium le long d’une plage de la Mr du Nord, l’accueil est délirant. Bien vite, Annie qui a déjà 46 ans à l’époque, a l’idée de revêtir un tablier. Près de deux millions de 45t s’écoulent. La chanson a depuis traversé les générations sans s’épuiser…

Et on ne peut pas résumer l’artiste à ses pochades, si réussies soient-elles. «  Si elle avait été Américaine, ou si elle avait choisi une autre voie, elle aurait pu devenir l’équivalent de Debbie Reynolds, Judy Garland ou Doris Day… C’est une star complète ».

Le jugement n’est pas de nous, il est d’Alain Delon, un admirateur qui avait reconnu aussi en elle une actrice surdouée. Sans doute, son côté clown féminin, sans âge et sans prétention, et à la joie de vivre manifeste, n’a pas aidé le cinéma à lui donner un statut en rapport avec son talent.

Ce n’est pas un mensonge de dire qu’Annie (qui est née Cooreman) ne se prend pas au sérieux et qu’au cours de toute sa vie, on ne l’a jamais prise en défaut sur ce point.

Il n’en faut pas autant pour déceler chez Annie une vraie gouaille qu’on pourrait presque qualifier de Parisienne si cela n’était pas, à juste titre, fort mal ressenti par les Belges que nous sommes. Car belge, Annie l’est indéfectiblement. Royaliste et drôle. Unitariste et rigolote.

Les dernières fois qu’on avait pu la rencontrer, Nini la chance prétendait ne pas se soucier du passé, et même être une femme d’aujourd’hui qui n’a vraiment jamais eu le souci du temps qui passe, mais qui ne voulait pas entendre parler de mourir en scène.

« Je peux très bien mourir dans mon lit. J’ai l’habitude de dire que le temps n’a pas de prise sur moi et qu’un jour, je serai morte et je ne le saurai pas. On va tous vers ça, mais autant que ce soit le plus tard possible. », avait-elle déclaré.