Abonnez-vous pour 1€

Acquittement plaidé pour Aysel T., prévenue pour assassinat et incendie volontaire

Acquittement plaidé pour Aysel T., prévenue pour assassinat et incendie volontaire
D.R.

Les conseils de la défense ont longuement plaidé sur les souffrances endurées par leur cliente, à commencer par un mariage forcé en Turquie avec un homme attardé mental, avant de connaître la victime, Erdal K. Selon les avocats, Aysel T. a vécu un amour passionnel avec ce dernier, mais il était autoritaire et violent.

Durant la nuit du 24 au 25 mai 2016, une dispute a éclaté entre les époux. «C’est une nuit de harcèlement et de menaces, dans un contexte de peur d’abandon et de dépendance affective», a déclaré Me Paci. «Le premier juge indiquait dans son jugement que monsieur Erdal K. n’était pas connu pour violence intrafamiliale. Les bras m’en tombent! Tout dans ce dossier - les SMS, les témoignages, etc. - montre que monsieur K. était agressif, qu’il insultait madame T., qu’il la bousculait...», a plaidé l’avocate.

Pour la défense, Aysel T. était, au moment des faits, dans un état mental tel qu’elle a perdu tout discernement. C’est ce qu’ont conclu plusieurs experts psychiatres, mais pas tous, en affirmant que la personnalité de la prévenue est de type «état limite» avec des aménagements abandonniques et caractérisée par une grande anxiété. Dans un tel cas de perte du libre arbitre, le Code pénal prévoit un acquittement. «Et ce n’est pas parce que madame a posé des actes qui paraissent cohérents qu’elle possédait d’office son libre arbitre», a ajouté la pénaliste.

Selon la prévenue, son mari voulait la mettre dehors de leur appartement et avait déjà rassemblé ses affaires dans des sacs. Après une nuit de dispute, elle avait, le matin du 25 mai, incendié leur appartement, situé dans un immeuble dont elle et son mari étaient les propriétaires, rue du Pont de l’Avenue à Bruxelles.

Son époux, qui se trouvait à l’intérieur, dans une chambre à coucher, s’était retrouvé pris au piège des flammes. Il avait ensuite sauté d’une fenêtre au deuxième étage.

Victime de multiples fractures, notamment au crâne et à la colonne vertébrale, et partiellement brûlé, il était décédé à l’hôpital.

Après avoir bouté le feu, Aysel T. avait libéré ses perruches, suggéré à ses voisins de partir et veillé à ce que son fils parte à l’école. Elle s’était ensuite rendue à l’aéroport après avoir avoir acheté un billet aller-retour pour Istanbul, mais avait fait demi-tour en apprenant le décès de son mari.

«Je regrette profondément», a encore déclaré Aysel T. mercredi. L’arrêt de la cour sera prononcé le 21 octobre prochain à 09h00.

Notre sélection vidéo