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S’estimant muselée, l’opposition wallonne veut revoir le règlement du parlement régional

S’estimant muselée, l’opposition wallonne veut revoir le règlement du parlement régional
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«Après la suppression des Déclaration d’intérêt régional sans aucune discussion, la goutte d’eau qui a fait déborder le vase, c’est le rejet, de la part du président du parlement, de trois questions d’actualité que nous souhaitions poser ce mercredi aux ministres régionaux», explique le chef de file des humanistes, François Desquesnes.

«Ce refus n’est même pas argumenté par écrit et les recours sont systématiquement rejetés. Cette situation ne permet plus à l’opposition de s’exprimer», poursuit le député humaniste qui s’apprête à écrire aux autres chefs de groupe «afin de remettre à plat le règlement pour éviter de perdre du temps en querelles de procédure et redonner du sens aux questions d’actualité».

«Le règlement du parlement wallon est beaucoup moins réactif que celui d’autres parlements du pays. Il doit être revu afin de donner davantage de possibilités d’expression aux groupes politiques, et à l’opposition en particulier», abonde le chef de groupe du PTB, Germain Mugemangango. «Dernièrement, la majorité a supprimé la Déclaration d’intérêt régional et n’a pas voulu supprimer la motion pure et simple qui lui permet d’évacuer une motion de l’opposition sans débat et sans vote. Pour des partis qui promettaient de vivifier le débat parlementaire, c’est étrange», ajoute-t-il.

Mercredi, pour marquer leur mécontentement, les parlementaires cdH avaient pris place dans les rangs du public, applaudissant au passage le ministre Dermagne qui citait Camus dans une réponse à une parlementaire du PTB. «La démocratie, ce n’est pas la loi de la majorité, mais la protection de la minorité», avait-il dit.

Cette manifestation bruyante, proscrite par le règlement, n’a pas manqué d’agacer le chef de file du MR au parlement régional, Jean-Paul Wahl. «L’attitude du cdH est incompréhensible. On aurait dit la patrouille des castors qui essayait d’embêter la patrouille des écureuils», ironise-t-il. «C’est une question de principe. Les parlementaires bénéficient de l’immunité de parole, ce qui entraîne des obligations, dont le respect des règles. Quand un parlementaire veut exprimer une opinion, il doit le faire de son banc et non des rangs du public, ce qui est interdit», poursuit-il.

«On peut penser que le règlement est un peu trop rigide. On peut en discuter. Mais si on permet davantage de débats, il faut une certaine déontologie», estime enfin Jean-Paul Wahl.

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