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Edouard Vermeulen, le couturier de la Maison Natan: «Instagram aide à la créativité»

Véritable touche-à-tout, le couturier est aussi bien en production qu’à la gestion ou à la vente.
Véritable touche-à-tout, le couturier est aussi bien en production qu’à la gestion ou à la vente.

En tant qu’architecte d’intérieur de formation, vous êtes toujours passionné par les lignes ?

En décoration comme en mode, j’aime le côté intemporel des lignes pures. Pour moi, aujourd’hui, la qualité prime au niveau de la coupe et de la matière. Comme en déco, ce sont elles qui font que le résultat est réussi.

Où trouvez-vous votre inspiration ?

On est assailli d’images par Instagram ou Pinterest. Ça aide à la créativité. C’est bien aussi de voir ce que font les autres mais le fil rouge d’une maison comme la nôtre, c’est de la faire évoluer tout en tenant compte de ce qu’elle est au départ.

Est-ce que ça vous met une pression supplémentaire d’habiller des reines comme Mathilde ou Maxima des Pays-Bas ?

Pas spécialement. Ce sont des femmes actuelles qui suivent la mode. Elles viennent à la boutique ou alors nous créons à la demande pour certaines circonstances.

Comment avez-vous passé la crise du Covid ?

Pour le moment, on espère tous les mois un regain commercial. Malheureusement, je n’ai pas l’impression qu’on va restimuler. Je crains une crise économique après la crise sanitaire. La Fédération des Entreprises de Belgique a expliqué qu’une entreprise sur 5 est menacée de faillite dans divers secteurs comme l’horeca, l’événementiel ou le luxe. On est cependant confiant. On est une bonne équipe et on va tout faire pour se maintenir.

Vous êtes toujours actif à la création ?

Il y a une équipe avec notamment 2 stylistes. On est tous impliqué dans la réalisation des collections. Moi, je bouge, quand c’est possible, pour voir le souhait des consommatrices. On doit faire des collections commerciales et esthétiques. J’aime aller, quand on le peut, dans des villes comme Milan, Paris ou Londres, des villes qui bougent même si c’est un peu moins important depuis l’apparition sur Instagram ou autres de rubriques du style « Dans les rues de Milan, de Paris… ».

De sa formation d’architecte d’intérieur, il a gardé une passion pour les lignes.
De sa formation d’architecte d’intérieur, il a gardé une passion pour les lignes.

Vous dessinez encore ?

Je fais un peu de tout. Il y a la gestion mais je suis aussi parfois à la vente. J’aime également discuter avec les chefs de production. Il y a plus dans plusieurs raisonnements que dans un seul. Il y a par ailleurs l’étude de l’esthétique, comment on va faire le vêtement, comment on va le vendre, à qui…

C’est qui la cliente-type de Natan ?

Ce sont des femmes actives et féminines qui aiment porter un vêtement pour le mettre en valeur avec des accessoires. Elles achètent pour aller à des mariages ou des soirées mais aussi pour aller travailler. Il y avait d’ailleurs une demande en ce sens et on a davantage orienté nos collections vers ça. Aujourd’hui, on travaille avec la troisième génération de clientes. On remarque donc un rajeunissement dans la clientèle, sans compter celles qui apprécient les vêtements qui font jeunes. Beaucoup de choses ont changé à ce niveau-là.

La nouveauté de l’automne: une collection en cuir vegan

La collection compte trois pièces dont une jupe.
La collection compte trois pièces dont une jupe.

Un concept inédit qui a vu le jour au Mexique et portant le nom de Desserto. « C’est une alternative pour le monde de la mode, tant pour l’environnement que pour le bien-être animal. Plante abondante au Mexique, le cactus ne nécessite pas beaucoup d’eau ni d’entretien avec des herbicides ou des pesticides. Le fait qu’il contient une protéine aux propriétés imperméables et adhésives naturelle le rend encore plus intéressant à travailler. Cerise sur la peau, la vue et le toucher s’en voient bluffés avec l’apparence et la sensation du vrai cuir », explique le couturier.

Pour le moment, la collection se limite à 3 pièces : une robe, une jupe et un manteau. « Nous souhaitions sensibiliser notre clientèle, en proposant 3 pièces fortes et assumées qui jouent la carte écologique et responsable. Bien évidemment, c’est dans l’air du temps mais nous trouvons que la démarche doit venir de nous. La nouvelle génération est davantage sensible à cette problématique environnementale. Notre souhait, avec cette petite collection, est de proposer des pièces fortes que l’on garde, une matière juste dans tous les sens du terme et toujours une fabrication en Belgique », s’enthousiasme Edouard Vermeulen.

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