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Stéphane Pauwels s’exprime en pleurs lors de son procès: «Je veux revivre! J’ai perdu une partie de ma dignité»

Ce vendredi soir, Stéphane Pauwels a pris la parole, la voix tremblante...
Ce vendredi soir, Stéphane Pauwels a pris la parole, la voix tremblante... - Belga

C’est devant le président du tribunal, Renaud Moulart, que les 32 prévenus sont invités à prendre la parole ce vendredi soir. Parmi eux, les plus connus Stéphane Pauwels et Farid Hakimi. L’émotion a gagné l’ancien animateur de RTL.

Stéphane Pauwels, impliqué dans le home invasion de Lasne, fait son show. « Monsieur le président, Mesdames. Je ne vais pas plaider. J’ai des excellents avocats qui ont fait ça. Je n’ai jamais voulu de violence. Je n’ai jamais voulu de vol avec violence », explique Pauwels. La partie civile lui a reproché de ne pas s’être excusé. Lundi, il l’a fait. « Quand la police de Mons vient me chercher, je ne sais pas pourquoi ! Puis, je me retrouve dans la situation que vous connaissez… Mon monde s’est écroulé. »

« Comme je suis quelqu’un de connu, je mérite cela. Il faudra expliquer à ma gamine de 20 ans. À qui, on demande : vous êtes la fille du criminel ? » La voix tremblante, Pauwels continue : « C’est inacceptable ! J’aurai tout le temps l’image de Pauwels qui a fricoté avec des voyous. » L’ex-animateur assume avoir pris de la cocaïne. « Je déconne pendant un an. Quand la police est venue me chercher, j’étais avec ma compagne actuelle depuis deux mois. On n’est pas ici pour faire les orages de la vie (en référence à son ancienne émission). » L’ex-animateur se demande encore : « Mais qu’est-ce que je fais ici ? » Il répète cela plusieurs fois. « Ce n’est pas la notoriété qui me manque. Je ne peux plus travailler ou alors, je vais devoir aller faire des pizzas. » Devant le tribunal, les larmes lui montent. « Je ne vis pas de haine. Je suis même trop naïf. Trop bon, trop con ! C’est terrible de venir vous affronter. Je ne sais pas ce qui s’est passé, je ne sais pas qui sont ces gens. »

Pauwels va plus loin. « Je veux revivre ! J’ai perdu une partie de ma dignité. » Avant d’ajouter : « Je vais écrire un livre pour parler de mon histoire. Pourquoi cette médiatisation a fait que je suis devenu l’ennemi public numéro 1 ? À un moment, c’était tous les jours. Dès qu’un protagonatiste commettait un fait, on mettait ma photo. » Même en tant que journaliste, Pauwels n’avait jamais vécu un procès. « Quoi qu’il arrive, je voulais vous remercier », conclut-il, en s’adressant au président du tribunal.

Farid Hakimi, considéré comme le meneur de la bande, s’exprime en premier. C’est un homme changé qui parle. Ce n’est plus le même qu’il était, il y a trois ans. Farid regrette d’avoir fait du mal à ses proches, à sa mère qui s’est retrouvée dans cette affaire de sa faute, à son frère Said. « J’ai pris conscience de mes erreurs. Je vais certainement payer… » Dans un mois, le boxeur professionnel aura 30 ans. « J’ai encore une vie à construire. Mon avenir est entre vos mains ! »

Said Hakimi, le jeune frère du meneur de la bande. Après avoir écouté le réquisitoire du procureur fédéral, le prévenu s’est rendu compte qu’il y avait énormément de victimes. Toutes ces erreurs, il les met sur le compte de la jeunesse. Maintenant, le frère de Farid Hakimi a changé.

Malika Drouiche, la mère des Hakima impliqué à cause de son aîné. Elle s’excuse de ce qu’elle a fait. « J’ai remarqué que mon fils Farid a changé, sa longue détention l’a changé. Pareil pour mon fils Said. La seule chose qu’ils veulent, c’est rattraper les trois ans qu’ils ont perdus.

Mohammed Benaouane, en aveux, a envie de se « pisser dessus » devant le tribunal.« Je veux présenter mes excuses à Frédéric L. (la victime de Lasne). Pareil, j’étais là… (Il fait référence au home invasion de Lasne, où il est en aveux aussi. » Le suspect aurait bien voulu présenter ses excuses à la famille Cascione, victime d’une violente agression à Lobbes. « Je me suis rendu compte du mal que j’avais fait en rentrant dans leur maison. Je leur demande sincèrement pardon. » Celui qui avait pris la fuite en Espagne aurait voulu leur présenter ses excuses ce vendredi soir, de vive voix. « J’ai eu une grosse déception amoureuse. J’ai dérapé… »

Veaceslav Rogac, l’ancien légionnaire poursuivi pour le home invasion de Lasne. Il évoque sa vie carcérale. Surtout une crise d’alcool qu’il a eue… « Ce qu’il s’est passé dans ma cellule, ce n’était pas moi », se défend Rogac. « J’ai perdu trois ans de ma vie. Il y a même des personnes qui croient que je suis mort… » Le prévenu connaît certains inculpés, dont Pascal Faedda. « Je n’ai pas d’accent de l’Est », insiste Rogac, en référence aux descriptions de victimes.

Rachid Toto, condamné à une peine complémentaire de quatre ans. Le prévenu est déjà condamné à 18 ans de prison pour des tiger-kidnappings. Dans les premières minutes, Rachid Toto provoque l’hilarité générale, et même du président du tribunal, Renaud Moulart. « C’est la première fois que mon téléphone m’a disculpé », annonce-t-il. S’il n’avait pas choisi la voie de la criminalité, le suspect aurait bien aimé être avocat. Et il le dit ! Rachid Toto, en quête de pardon, cherche à entrer en contact avec toutes ces victimes. « Je veux être auprès de ma femme malade. »

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