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Délit de fuite: dans un accident sur 6 à Bruxelles et dans un cas sur 10 en Wallonie

Délit de fuite: dans un accident sur 6 à Bruxelles et dans un cas sur 10 en Wallonie

L’année dernière, on a déploré 4.458 accidents corporels avec délit de fuite comme circonstance aggravante : 24 personnes y ont perdu la vie. Cela représente donc un accident toutes les deux heures au cours duquel une personne se blesse ou perd la vie.

« Ce nombre est en légère augmentation par rapport à il y a dix ans (+3 %). Le nombre total d’accidents corporels a toutefois chuté (-18 %) durant cette même période. Cela veut donc dire que, proportionnellement, il y a de plus en plus d’accidents avec délit de fuite par rapport à il y a une décennie (12 % contre 9 %). Le mal s’aggrave donc sur nos routes », analyse Benoît Godart, porte-parole de Vias. Pour lutter contre ce phénomène, l’institut Vias utilisera dorénavant, dans ses cours de sensibilisation pour les contrevenants routiers, un court-métrage d’une quinzaine de minutes du réalisateur flamand Bob Colaers.

L’alcool

À Bruxelles, la situation est pire encore : l’auteur prend la fuite dans 16 % de l’ensemble des accidents corporels, soit quasiment un accident sur six. Ce chiffre est en hausse pour la 4e année consécutive. Et en nombre absolu, il n’y a jamais eu autant d’accidents avec délit de fuite sur les dix dernières années (633). En Wallonie, ce taux est de 10 % et de 12 % en Flandre.

Comme expliquer une telle situation à Bruxelles ? « Les gens qui prennent la fuite ont souvent quelque chose à se reprocher. De plus en plus de personnes ont des difficultés à payer leur assurance ou à aller au contrôle technique », pointe le spécialiste de la sécurité routière. Selon les chiffres de Vias, un conducteur de voiture sur quatre (24 %) ayant pris la fuite après un accident a subi un alcotest positif, soit 2,5x plus que pour les accidents en général. Mais seule une petite partie d’entre eux a pu être testée et les chiffres réels sont certainement beaucoup plus élevés, d’autant que l’alcool et les drogues compliquent la prise de décisions rationnelles. De manière générale, la criminalité est plus élevée dans les grandes agglomérations. Le délit de fuite ne serait que le reflet de ce phénomène.

Les piétons sont les principales victimes des accidents avec délit de fuite à Bruxelles : ils sont impliqués dans un sinistre sur trois (32 %). Et dans près d’un accident sur quatre (23 %), c’est un cycliste qui est impliqué. Au total, plus de la moitié des accidents avec délit de fuite (55 %) concernent donc un usager vulnérable. « Ce qui est difficile à comprendre, c’est qu’il y a plus de caméras de surveillance en ville qu’à la campagne. Le risque d’être retrouvé est donc plus élevé », relève Benoît Godart.

Le délit de fuite est très sévèrement puni. Devant le tribunal de police, l’auteur risque une peine d’emprisonnement de quinze jours à six mois, une amende de 1.600 à 16.000€ et une déchéance du droit de conduire de huit jours à cinq ans, voire à titre définitif dans certains cas les plus graves. Dans certains cas, le juge peut prononcer une peine alternative sous la forme d’une formation à la circulation routière dans le cadre des peines alternatives. Il existe des formations spécifiques suivant le type d’infraction commis : excès de vitesse, conduite sous l’influence de l’alcool et de drogues, et un module plus général destiné aux personnes ayant commis des délits de fuite. C’est dans ce cadre que l’institut Vias va diffuser le court-métrage de Bob Colaers.

Yannick Hallet

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