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Coronavirus: Jean-Luc Gala démonte les propos des experts, «c’est incroyable qu’un épidémiologiste sorte quelque chose de pareil!» (vidéos)

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Coronavirus: Jean-Luc Gala démonte les propos des experts, «c’est incroyable qu’un épidémiologiste sorte quelque chose de pareil!» (vidéos)
Capture vidéo RTL

Jean-Luc Gala n’est pas toujours d’accord avec les experts, que ce soit Emmanuel André, Erika Vlieghe ou encore Marius Gilbert. Ce dimanche, Le professeur spécialiste des maladies infectieuses à l’UCL était l’invité de Pascal Vrebos sur RTL-TVI, il en a profité pour démonter les propos de ses compères.

« Il faut comprendre ce qu’est une épidémie et ce qu’est une croissance exponentielle. Quand les choses doublent toutes les semaines ou toutes les deux semaines, en un mois on peut passer d’un petit chiffre à un chiffre très important. Et ça il faut pouvoir le voir et l’anticiper », expliquait Marisu Gilbert dans « C’est pas tous les jours dimanche ».

Des propos qui ont fait réagir Jean-Luc Gala : « C’est incroyable qu’un épidémiologiste sorte quelque chose de pareil ! C’est vraiment incroyable. Il n’y a pas une progression exponentielle des cas. Il y a une série de tests positifs qui sont liés à une augmentation du nombre de tests qu’on fait en Belgique. Le ratio reste globalement de 3 % à 4 % de tests positifs. On ne parle pas de malades ! On parle de tests ! D’un résultat. Ça reste à 3 % ou 4 % depuis des semaines ! C’est la même chose en France, c’est la même chose à peu près partout en Europe », s’insurge-t-il.

« Donc une épidémie, non. On a des cas positifs, et on a des cas sporadiques, il faut le reconnaître, qui arrivent à l’hôpital mais qu’on ne voit plus aux soins intensifs. 70 lits occupés aux soins intensifs en Belgique sur une capacité totale de 2.000 lits… Ce sont les intensivistes eux-mêmes qui me fournissent ces données… Mais ce n’est rien par rapport à la problématique de santé globale ! Vous savez qu’il y a 7.000 cas hospitalisés en Belgique non-covid tous les jours. 7.000 cas par rapport à 40 cas par jour. Franchement, vous m’excuserez de ne pas m’inquiéter outre mesure, mais de rester vigilant et attentif », a-t-il continué.

Le nombre R et Marc Van Ranst

Sur Twitter, le virologue Marc Van Ranst ne cesse de réagir à la situation épidémiologique et aux décisions prises par les autorités politiques. Il affirme également que « tous les virologues avertissent à l’unanimité qu’on va dans la mauvaise direction ».

« Il y a un nombre de nouveaux cas qui augmente de 75 % par semaine. Le nombre R est à 1,4 », écrivait-il cette semaine.

Une affirmation remise en question par Gala : « Ce nombre R, c’est une formule mathématique hyper complexe. Et je voudrais que Monsieur Van Ranst nous explique exactement ce qu’il comprend de ce nombre R et comment on le calcule. Je dis simplement qu’un chiffre est un chiffre. Et nous médecins, nous ne traitons pas des chiffres. Nous traitons des patients. Ce que nous voyons en hôpital, nous devons nous en occuper. Nous devons être très vigilants par rapport au système hospitalier et à sa capacité à traiter des malades. Ça oui. Mais un R ne veut rien dire dans sa formule actuelle ».

Les chiffres de Sciensano et Emmanuel André

Sur Twitter, Emmanuel André écrivait : « 1) Les efforts des écoles sont efficaces. 2) La situation chez les ados et jeunes adultes est encore relativement stable. 3) L’évolution dans les groupes plus âgés est inquiétante ».

Pour Jean-Luc Gala, les « tests positifs » ne veulent pas inévitablement dire « malades » : « Je ne sais pas si Emmanuel André a consulté récemment les chiffres de Sciensano, j’espère pour lui. Parce que dans les chiffres que l’on voit tant publiés par Sciensano qu’en France, en Allemagne, en Italie… Tous ces chiffres montrent le pic de cas positifs, mais quand on dit ’cas positifs’, on parle bien de ’tests positifs’, pas de malades. C’est un pic qui se situe au maximum entre 10, 20 et 30 ans. Les personnes à risque, qui étaient celles que nous voyions en hôpital, et qui effectivement surchargeaient les hôpitaux en mars et avril, nous ne les voyons plus. Et les cas positifs chez ces personnes, nous ne les voyons plus non plus. Quand je dis que nous ne les voyons plus, de nouveau, pondérons. Ce ne sont plus la majorité des personnes positives ».

Tout le monde a tort ?

Pour terminer son interview, Pascal Vrebos a demandé au professeur : « Tous ces gens ont faux, c’est vous qui avez raison ? ». Ce à quoi Jean-Luc Gala a répondu : « Monsieur Vrebos, je ne dis pas qu’ils ont faux. Je dis qu’ils voient les chiffres avec les yeux autres que les nôtres. Ils ont une interprétation des chiffres qui n’est pas la nôtre. J’ai discuté avec Erika Vlieghe hier pendant 2h30 d’interview organisée par les journalistes du Knack », explique-t-il.

« Nous avons discuté d’une manière polie, courtoise, entre intellectuels qui ont une approche discordante par rapport à la problématique. Mais nous avons convenu qu’il y avait un certain nombre de points où nous étions d’accord. Et elle a reconnu qu’effectivement la situation n’avait pas la gravité que lui conféraient certains experts du Celeval à l’heure actuelle. Mais qu’il fallait rester attentifs, ce sur quoi nous sommes d’accord », a-t-il continué.

Jean-Luc Gala a finalement conclu en reconnaissant avoir affirmé que « certains experts flamands étaient des espèces d’ayatollahs pesant beaucoup trop sur le politique » : « Ayatollah, ça veut dire quoi ? C’est quand en tant que scientifique vous maintenez une position dogmatique envers et contre tous. Envers et contre les évidences médicales et scientifiques. Les chiffres qu’on nous a donnés depuis des semaines ne corrèlent pas du tout ou plus du tout avec ce qu’on voit dans le milieu hospitalier. On a des cas sporadiques et on ne le conteste pas. Il y a des patients covid en soins intensifs, oui. Certains patients de soins intensifs sont là depuis des semaines et des semaines, ce ne sont donc pas des nouveaux cas… mais ils sont comptabilisés dans les cas de soins intensifs actuellement rapportés par Sciensano ».

« Est-ce qu’on parle donc d’une épidémie et de quelque chose de nouveau ? Non. Il y a des cas sporadiques ? Oui. Est-ce que c’est exponentiel ? Non. Est-ce que la situation médicalement est hors contrôle ? Non. Est-ce qu’on doit absolument être vigilant pour contrôler cette situation hospitalière ? Oui. Est-ce qu’on doit recommander les mesures et la persistance des mesures à la population ? Oui ! Et moi je l’encourage parce que franchement notre population a été exemplaire, résiliente et a fait le maximum pour se protéger », a-t-il conclu.

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