Mikaël Fitoussi («Alex Hugo»): «Je n’ai jamais eu la prétention d’être acteur»

Mikaël Fitoussi («Alex Hugo»): «Je n’ai jamais eu la prétention d’être acteur»
© François Lefebvre

Vous êtes dans une série qui fait d’excellents scores. En êtes-vous heureux ?

Ah oui ! Loin d’être blasé, on est ravi. Dans un parcours, le succès, c’est quelque chose qui peut arriver une seule fois ou jamais, alors, on l’apprécie à sa juste valeur.

A quoi attribuez-vous cette réussite ?

C’est une sorte d’alchimie avec un personnage très charismatique, qui rappelle ceux qu’on voyait dans les westerns. Ce héros mystérieux, taiseux, instinctif, qui est ici incarné magnifiquement par un Samuel Le Bihan complètement en osmose avec ces paysages de montagne. On essaye à chaque fois d’aller dans des univers différents. Parfois avec des sujets d’actualité qui pourraient être risqués, comme le terrorisme, les migrants ou le viol.

Le lieutenant Renard est un flic carré, qui aime son boulot…

C’est exactement ça. Au début, il ne considérait pas les flics de la rurale comme de vrais flics. Et puis, il s’est rendu compte qu’Alex était très efficace. Et justement, ce qui est intéressant dans une série, c’est de faire évoluer son personnage. Ils ont en commun d’être des justiciers. J’aime à penser que Renard imagine rejoindre un jour Alex dans la montagne. Il n’y a pas de sensiblerie dans « Alex Hugo », mais il y a des grands sentiments. C’est romanesque, on se rapproche du cinémascope. Il y a de la poésie, du mystère et parfois, on frôle même le fantastique. On peut se permettre beaucoup de choses parce que c’est l’émotion et les rapports humains qui priment.

Comment êtes-vous venu à ce métier ?

Mon frère, mon père et moi, on était passionnés de cinéma. Le mardi soir, on était devant « La dernière séance », d’Eddy Mitchell. On a été nourris de toutes ces séries comme « Starsky et Hutch » ou « Les mystères de l’Ouest ». Mais devenir acteur, c’était très loin de moi.

Et alors ?

J’ai quitté la fac, où je m’ennuyais, et j’ai suivi des potes dans des cours de théâtre. Je trouvais fascinant qu’ils osent se dire qu’ils voulaient être acteurs. Mais j’ai très vite eu envie d’être sur un plateau, à la caméra ou chef-opérateur. Finalement, j’ai pris goût à l’écriture et je me suis mis à écrire des courts métrages avec un copain, David Lanzmann, où j’ai joué également.

Après, les choses ont-elles suivi naturellement ?

Oui, les agents, les castings, ça arrive en parallèle. En étant indépendant, on n’est pas lié au désir des autres. Je n’ai jamais aimé courir après les castings. C’est important, mais on peut y perdre des ailes. Mon énergie, je la mettais plus dans mon travail d’écriture. Je n’ai jamais eu la prétention d’être acteur. Ça a été un long processus. L’écriture m’a permis de ne pas être dépendant du désir des autres.

Vous faites le même métier que votre frère, Grégory, qu’on a pu voir dans « La garçonne », et vous avez même joué des frères ennemis dans un court métrage. Pure fiction ?

Bien sûr, et c’est ça qui était intéressant à jouer. C’est formidable que mon frère et moi, nous partagions le même métier. On est très famille.

« Alex Hugo », dès 21h05 sur France 2