«Filthy Rich»: Kim Cattrall dans une nouvelle série américaine bling bling et sans éclat

«Filthy Rich»: Kim Cattrall dans une nouvelle série américaine bling bling et sans éclat
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Annoncée depuis des mois et souvent repoussée (devinerait-on aujourd’hui pourquoi ?), la série « Filthy Rich » (littéralement « Richissimes ») est finalement arrivée ce 21 septembre à 21h sur la Fox. Et comme on s’y attendait, elle ne s’attarde, au début, que sur sa star, Kim Cattrall, l’Anglaise de 64 ans devenue célèbre grâce au rôle de Samantha la nympho dans « Sex and the City », puis à ses disputes avec Sarah Jessica Parker par médias interposés.

Ici, elle est Margaret, la matriarche des Monreaux, une famille de la Nouvelle Orléans qui a fait fortune avec sa chaîne de télévision chrétienne « Sunshine Network », qui pèse plus de 2 milliards €. Margaret y présente l’émission « Wings of A Dove » (« Les ailes d’un cygne »), un show bling bling où elle se prend pour un ange, envoie au public de la poudre aux yeux, et n’est pour elle qu’une machine à billets verts. Quand la série commence, ça fait vingt-cinq ans que ce petit business familial tourne à plein rendement. Mais la mécanique s’enraie du jour au lendemain quand Eugene (Gerald McRaney de « This is us »), mari de Margaret et P.D.-G. de leur fructueuse société, meurt dans un accident d’avion – eu pardon, de jet privé… – alors qu’il s’envoyait en l’air avec des bimbos. Ca ne s’invente pas.

Devant son testament, Margaret tombe à la renverse en découvrant qu’en plus des deux enfants qu’il a eus avec elle – Eric (Corey Cott), bras droit de son père, et Rose (Aubrey Dollar), aspirante styliste, il en a eu trois avec des femmes différentes ! Les rejetons naturels en question sont Ginger Sweet (Melia Kreiling), qui dirige un site pornographique, Antonio Rivera (Benjamin Levy Aguilar), père célibataire et adepte des arts martiaux, et Jason Conley (Mark L. Young), spécialiste de la pousse du cannabis. Quand ces trois là apprennent d’où ils viennent, chacun va vouloir, à sa manière, sa part du gâteau. Quant à Margaret, elle tient à garder l’église au milieu du village et surtout, garder secrets les liens de ces trois là avec Eugene. Voilà pourquoi elle leur offre l’équivalent d’1 % de la société en l’échange de leur silence, donc de leur signature en bas d’une clause de non-confidentialité. Evidemment, les choses ne vont pas se passer aussi facilement, et cette femme de tête va vite être confrontée à quelques résistances…

Vous l’avez compris : on a affaire ici à une série « fric et kitsch » dans la veine des « Dallas » et « Dynastie ». Son créateur Tate Taylor, à qui l’on doit la réalisation des films « La couleur des sentiments » ou le récent « Ava », est ouvertement gay, et a clairement cherché à se faire plaisir en créant une histoire bling bling et too much à laquelle il a mêlé la religion et ces évangélistes dont regorge sa Nouvelle-Orléans natale. Et ce qui est à signaler, c’est qu’il apprit dans la vingtaine qu’il avait un frère adulte dont il ignorait complètement l’existence. Il a intégré cela à l’histoire de cette smala qui n’a rien de sérieux et est à consommer comme un petit plaisir coupable. On est certain que plein de gens la prendront comme ça, mais pour notre part, on n’y a pas trouvé grand chose d’un tant soit peu excitant, même 40e au degré.

Le premier épisode nous a semblé terriblement creux et mal fagoté, et présentant des éléments déjà vus ailleurs, dans les vieux « Dallas » et « Dynastie » évidemment, mais aussi dans le récent « Schitt’s Creek », auquel ceci va forcément être comparé. Dommage pour elle, mais Kim Cattrall n’a pas créé un personnage aussi original et flamboyant que Moira Rose, pour lequel on portera Catherine O’Hara aux nues pour l’éternité. Jusqu’ici, la blonde sexagénaire est un peu molle du genou, mais pourrait se réveiller. Par les temps qui courent, on n’a jamais eu autant besoin de se divertir, aspect dont pourrait bénéficier cette entreprise plus pâlotte qu’autre chose.

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