Margot Robbie dans le biopic décalé «Moi, Tonya»: «J’ai senti ce qu’a éprouvé Tonya Harding»

Margot Robbie dans le biopic décalé «Moi, Tonya»: «J’ai senti ce qu’a éprouvé Tonya Harding»
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Ce fait divers-là n’a pas choqué que les passionnés de patinage artistique… Le 6 janvier 1994, après une séance d’essais aux Championnats nationaux, à Detroit, Nancy Kerrigan, alors la grande rivale de Tonya Harding sur la glace, est attaquée par un inconnu, qui la frappe avec une barre de fer au-dessus du genou droit.

Le coup ne lui brise pas la jambe, mais l’empêche de participer à la compétition, que remporte Harding. C’est donc cette dernière qui représente ensuite son pays aux Jeux olympiques d’hiver en Suède. Une enquête finit par prouver que l’homme qui a agressé Nancy s’appelle Shane Stant, et qu’il a été engagé par Jeff Gillooly, ex-mari de Tonya, et son garde du corps Shawn Eckhardt.

L’affaire fait un énorme raffut médiatique. Passés aux aveux, Gillooly et ses sbires sont brièvement mis à l’ombre. Quant à Nancy, elle plaide coupable, évite la prison et écope d’une amende de 160 000 dollars. Mais sa pire sanction sera d’être bannie à vie de toute compétition de l’Association américaine de Patinage artistique. En 2008, elle fait paraître une autobiographie, et il y a juste trois ans, le film « I, Tonya » sort dans les salles.

Sur un ton décalé à la « Fargo », celui-ci tend plutôt à défendre l’ex-championne, qui, aux dernières nouvelles, est peintre en bâtiment. Elle aura 50 ans le 12 novembre.

Battue par sa mère, puis par son mari

A l’écran, c’est l’Australienne Margot Robbie (30 ans) qui incarne l’ancienne championne controversée. Sa performance lui a valu d’être nommée à l’Oscar, et l’a surtout installée dans la cour des grands à Hollywood. Interviewée par nos soins sur ce rôle, elle nous avait avoué qu’il lui avait fait peur, parce que très loin d’elle à plusieurs niveaux.

« Je n’avais jamais fait de patinage. Petite, j’étais une bonne joueuse de hockey sur gazon, puis je suis passée au hockey sur glace quand je suis venue aux Etats-Unis. Rien d’autre. Je me suis entraînée cinq mois, mais même avec dix ans de pratique, il y a des choses que je n’aurais pas pu faire. »

N’empêche : elle a quand même tourné elle-même 75 % des scènes de glace du film. « Au départ, j’ai pensé que Tonya et moi n’avions rien en commun, mais pendant ma préparation, je me suis mise à la comprendre. J’ai senti ce qu’elle avait pu éprouver. (…) En tant qu’actrice, je veux que le spectateur ressente de l’empathie pour mes personnages. Le but est de dépeindre des expériences qui ne sont pas les miennes, mais dans lesquelles des tas de gens vont se retrouver. »

Tonya n’a certainement pas eu une vie de conte de fées. Après avoir été battue par sa mère alcoolique, LaVona (jouée par Allison Janney, qui a décroché l’Oscar de la meilleure actrice dans un second rôle), elle le fut par son mari. « Elle avait lancé beaucoup d’appels au secours, qui ne furent pas entendus », a commenté Margot. « Aujourd’hui, les femmes abusées s’expriment, sont écoutées et soutenues. Le progrès est gigantesque. »

« Moi, Tonya », dès 21h05 sur la Trois

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