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Delhaize lance un projet-test avec une fontaine à eau et des bouteilles réutilisables

Delhaize lance un projet-test avec une fontaine à eau et des bouteilles réutilisables
Belga

Dans deux magasins du Brabant wallon, les clients peuvent acheter une bouteille réutilisable et la remplir sur place à une fontaine d’eau. De la sorte, l’enseigne au lion affirme pouvoir éliminer 1,2 million de tonnes de plastique par an et par magasin. La thématique de la durabilité est en effet devenue prépondérante pour le secteur ces dernières années, analyse un expert, qui s’interroge toutefois sur l’impact à court terme de la crise sanitaire.

Les clients des Delhaize de Genval et de Louvain-La-Neuve peuvent désormais acheter une bouteille d’eau réutilisable Qanat et la remplir immédiatement d’eau « respectueuse de l’environnement » à une fontaine installée dans le magasin. Les bouteilles de Qanat sont vendues à partir de 1,95 euro pour la version PET et de 2,99 euros pour celle en verre. Le remplissage de la bouteille coûte 0,25 euro pour un litre d’eau plate et 0,34 euro pour une eau gazeuse. En cas d’évaluation positive, le projet pourra être étendu.

« La durabilité est l’une des principales priorités de Delhaize », commente le porte-parole de l’enseigne Roel Dekelver. « Ces fontaines à eau permettront d’économiser 1,2 tonne de plastique par an et par magasin. Si le projet était étendu à tous les supermarchés, jusqu’à cinq millions de bouteilles en plastique pourraient être économisées. »

La marque au lion est consciente que tous les consommateurs n’attendent peut-être pas cela. « Bien sûr, nous savons qu’il existe aujourd’hui de nombreuses alternatives aux bouteilles en plastique, et nous les applaudissons. Nous considérons ce projet comme un simple ajout. Toute initiative visant à réduire la quantité de plastique utilisée en vaut la peine », estime-t-elle.

« La thématique de la durabilité est en effet devenue prépondérante pour les distributeurs, qui s’en sont emparés là où elle était auparavant le monopole des marques », analyse Pierre-Alexandre Billiet, patron de la revue et du site spécialisé Gondola et professeur à la Solvay Business School. Ne pas être sensible à cette problématique peut même amener certains clients à ne pas acheter au sein de telle ou telle enseigne, explique-t-il.

Le timing est-il toutefois le bon ? « En raison de la crise du Covid-19, les ventes de produits en vrac ont fortement baissé, voire implosé même. Pour des questions sanitaires, les gens ne veulent pas toucher des surfaces qui l’ont déjà été par d’autres. Les consommateurs préfèrent le pré-emballé et la durabilité a été reléguée au second plan », répond Pierre-Alexandre Billiet.

Mais à moyen terme, lorsqu’un vaccin aura été développé et que la parenthèse du coronavirus se refermera, la question des emballages redeviendra probablement prépondérante pour la grande distribution, qui en est un producteur important, complète l’expert. Il pointe d’ailleurs les efforts « assez impressionnants » en la matière réalisés ces dernières années par des enseignes comme Delhaize, Carrefour, Colruyt et d’autres du secteur.