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Sophie Wilmès: «Un nouveau lockdown? Faisons en sorte, tous ensemble, que nous n’ayons pas à nous poser la question»

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Sophie Wilmès: «Un nouveau lockdown? Faisons en sorte, tous ensemble, que nous n’ayons pas à nous poser la question»

Mercredi, vous avez donné un message que vous pensiez certainement clair, cohérent, simple à comprendre à l’issue du Conseil national de sécurité (CNS). Et puis, vous vous êtes pris un déluge de critiques, parfois très dures. Cela vous décourage ?

Il y a deux aspects : quelles mesures on prend et comment on les communique. Les mesures sont basées sur l’évaluation de la situation et là, il y a déjà des divergences d’opinions majeures. Vous savez alors que tout l’arbre décisionnel peut être mis à mal. Puis vient l’analyse des propositions, avec à nouveau des divergences d’opinions sur ce qu’il faut faire. On se base sur les propositions du Celeval, mais il faut s’assurer qu’elles soient tenables et applicables dans la pratique. C’est au dernier moment que l’on envisage la com’ qui va se heurter également aux divergences d’opinion. Les mesures vont-elles être compréhensibles ? Pour certains, elles le seront, pour d’autres à la seconde lecture. Pour d’autres encore, elles ne le seront jamais... C’est un processus complexe par nature et on vit dans une société de l’immédiateté avec un goût prononcé pour les situations clivantes.

Cela signifie-t-il que tout vous semble parfait dans les mesures ou la communication ?

La réponse est évidemment « non ». Tout cela est éminemment humain. Sur l’évidence scientifique, il y a déjà des discussions, alors sur l’aspect humain... C’est trop empathique ou pas assez, c’est clair ou pas assez... Il faut accepter de vivre avec cela. On a tous à gagner à faire vivre le débat et à s’en enrichir. Et on a tous à gagner à communiquer ensemble sur des objectifs communs. Ce qui ne fait pas débat, c’est les six règles d’or (distanciation sociale, se laver les mains, etc. NdlR)

Tout le monde les connaît aujourd’hui, non ?

Je vous fiche mon billet que ce n’est pas le cas ou que tout le monde ne les comprend pas. Ce sont des fondamentaux à répéter. Si chacun utilisait à cela la moitié de son énergie, on aurait y gagner.

On a parfois l’impression que vous avez changé de stratégie de communication entre mercredi, après le CNS et jeudi, lors de votre discours à la Chambre. Les annonces n’étaient-elles pas contradictoires en 24 heures à peine ?

Il n’y a eu aucune différence entre les deux jours, relisez le compte rendu de ce que j’ai dit après le CNS. Qu’ai-je dit mercredi ? Que la situation permet certaines choses, qu’il va y avoir un baromètre, fondamental, qu’il y aura des mesures attachées à ce baromètre que le Celeval doit encore travailler. Cela prouve bien que la situation et les mesures peuvent évoluer. Si vous voulez éviter des mesures trop restrictives, il faut les respecter en amont.

Mercredi, il s’agissait quand même d’un assouplissement ?...

Quand on regarde les décisions, tout reste d’actualité sauf en ce qui concerne les contacts rapprochés. Mais on me dit que c’était tellement dur que personne ne respectait la mesure. On a donc étudié avec tous ces experts de domaines différents comment on fait une règle qui a l’air plus souple et qui sera suivie par tous plutôt qu’une règle trop stricte qui n’est pas suivie par suffisamment de monde. Il ne faut pas dire que personne ne la suivait : tout le monde avait compris le principe, à savoir qu’il faut limiter les contacts. Sinon, pour ce qui est des masques, on essaie d’arrêter des situations où il y a des demandes inutiles à la population. Et pour les dîners de type Horeca, il s’agit d’une harmonisation. Pour que des secteurs qui se comportent exactement comme d’autres puissent travailler de la même manière (...) J’ai des défauts, mais je suis une femme cohérente. Je n’ai pas l’habitude de dire tout et son contraire.

(...)

On pourra éviter un futur lockdown (confinement) partiel ou général ?

La vraie réponse, c’est qu’il faut tout faire pour l’éviter. On a compris que le lockdown a des répercussions terribles au niveau psychosocial, social, de l’éducation, de l’économie, bien sûr, de la santé des gens par rapport aux autres types de pathologies. Il faut faire des équilibres d’intérêts. Faisons donc en sorte, tous ensemble, que nous n’ayons pas à nous poser la question.

Vous avez des regrets ?

Répondre à cette question très personnelle nécessiterait de prendre du recul, ce que je ne peux me permettre aujourd’hui. Je dois me remettre en question pour améliorer la situation, c’est comme cela que l’on avance. Des regrets, j’en aurai certainement, mais ce n’est pas le moment de les identifier.

Le futur gouvernement, Georges-Louis Bouchez,... : Sophie Wilmès se confie dans une grande interview.

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