«The Comey Rule»: Hollywood s’empare d’une autre passionnante affaire politique!

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Le reconnaissez-vous? C'est l'Irlandais Brendan Gleeson, Fol Œil dans Harry Potter qui campe un Trump plus vrai que nature!
Le reconnaissez-vous? C'est l'Irlandais Brendan Gleeson, "Fol Œil" dans "Harry Potter" qui campe un Trump plus vrai que nature! - D.R.

On est tous d’accord là-dessus : la politique américaine, plus que n’importe quelle autre, est un grand show qui… passionne ! On ne compte plus les magouilles, complots, scandales, malversations ou tragédies auxquels elle est associée, et dont Hollywood s’est emparé pour faire des films et des séries logiquement… captivants !

Lancée ce dimanche 27 septembre sur Showtime et annoncée pour le 10 octobre sur Be Séries, « The Comey Rule » (« La règle Comey », littéralement) est un nouvel exemple de tout ça. Réalisée par Billy Ray, qui fut le scénariste de, notamment, « Captain Phillips » et « Le cas Richard Jewell », cette mini-série d’une durée totale de près de quatre heures revient sur des événements assez proches de nous, à savoir l’affaire, ou plutôt les affaires James Comey, qui fut le 7e directeur du FBI, appointé par Barack Obama il y a juste sept ans. Vous serez nombreux à vous en souvenir : en juillet 2016, il avait rendu public un rapport épinglant « l’extrême négligence » dont Hillary Clinton avait fait preuve en abritant sur des adresses email personnelles des dizaines de milliers de courriers électroniques contenant des informations classées confidentielles. Selon la CIA, une majorité d’entre eux furent d’ailleurs piratés par des espions russes…

Immédiatement, il se heurta à l’opposition de plein de gens, des démocrates évidemment, mais aussi sa propre femme et leurs deux filles, qui l’accusèrent d’avoir ruiné toutes les chances de victoire de Hillary à l’élection contre Trump. Mais évita pourtant à celle qui était alors Secrétaire d’Etat de comparaître devant la justice, une clémence qui ne plut pas du tout à Trump, entretemps devenu président. Le 9 mai 2017, celui-ci le vira sans crier gare, alors qu’il dirigeait une enquête visant à démontrer si oui ou non, des connections avaient été établies entre la Russie et l’équipe de campagne du nouvel occupant de la Maison Blanche. Lequel justifia sa décision par le fait que Comey, par rapport aux emails de Clinton, aurait outrepassé le pouvoir du Ministre de la Justice, Jeff Sessions…

Personnage très controversé, Comey s’est ensuite raconté dans un livre, « Mensonges et Vérités : Une loyauté à toute épreuve », qui a servi de base à la série. Mais pas seulement. « J’ai moi-même investigué et rencontré un tas de gens dans les deux partis », nous a expliqué Ray.

On ne sait à quel point sa reconstitution est fidèle au bouquin, mais en tous cas, elle est remarquable. Pour l’avoir vue dans sa totalité, on peut affirmer qu’on y assiste, dans les coulisses du FBI, à une foule de choses, réunions, décisions qui attestent de la consistance de cette production. Laquelle veut tout montrer, sans doute, oui, plus du point de vue de Comey que de n’importe qui d’autre, et donc, en ce compris, les dilemmes et questionnements éthiques qui l’ont longtemps assailli. Il fallait s’y attendre : de nombreux républicains ont déjà accusé Ray d’avoir voulu réhabiliter cet homme qui reste un mystère pour beaucoup… Mais ce qui est sûr, et on le répète, c’est que le metteur en scène a tenu à donner un côté très factuel à sa série, y injectant beaucoup d’images de news réelles, et s’attardant sur l’enquête sur la collusion entre Trump et la Russie, ou ces mots écrits dans un SMS par l’agent du FBI Peter Strzok à sa maîtresse Lisa Page, juriste au célèbre bureau : « Donald Trump ne va jamais devenir président (…) On l’en empêchera. »

Isopix

On n’allait pas l’oublier : Jeff Daniels a fait de l’excellent boulot sous les costumes du grand Comey (2 mètres 3 centimètres !), prouvant qu’il est capable de tout jouer : un crétin attachant dans les « Dumb & Dumber » mais aussi le 7e directeur du FBI ! « Mais parce que je suis autant caméléon, les producteurs se demandent ’Est-ce qu’il sera capable de jouer ça ? Bizarre… », nous a-t-il confié. A ses côtés, on retrouve de grands noms ainsi Peter Coyote, vieilli, dans le rôle de Robert Mueller, ce procureur spécial qui conduisit, de 2017 à 2019, l’enquête sur l’affaire du Russiagate. Holly Hunter (« La leçon de piano », « Crash »…), qu’on ne présente plus, campe la Procureure Générale des Etats-Unis, Sally Yates, supérieure de Comey, T.R. Knight, le regretté George de « Grey’s Anatomy », est l’avocat Reince Priebus et Kingsley Ben-Adir interprète Barack Obama.

Enfin, c’est à Brendan Gleeson, connu du grand public pour son rôle d’Alastor Maugrey dit « Fol Œil » dans les « Harry Potter ». L’équipe de production nous a partagé son soulagement que l’acteur soit actuellement au calme dans son Irlande natale, « car Trump va sûrement tempêter sur ce qu’il a fait de lui. » En tous cas, la transformation physique est réussie !

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