Abonnez-vous au journal de votre région et recevez en cadeau une montre connectée Samsung Galaxy Watch4 ou un robot multifonction Domo

Scandale Publifin: la commission d’enquête relève 15 indices d’infraction pénale et va les transférer à la justice liégeoise

Scandale Publifin: la commission d’enquête relève 15 indices d’infraction pénale et va les transférer à la justice liégeoise

L’organe parlementaire pointe ainsi du doigt la descente des actifs du groupe dans ses filiales et sous-filiales, en violation selon elle du Code de la démocratie locale, des décrets sur les marchés de l’énergie et des règles de marchés publics.

Le but, dit-elle, était de soustraire des objets d’intérêt communal, avec pour conséquence directe « une augmentation anormalement élevée des rémunérations et avantages des membres du comité de direction » de Nethys.

Les comités de secteur, catalyseurs du scandale, sont aussi dénoncés à la justice : leur création et les rémunérations de leurs membres, au regard de leurs activités, semblent infondées. La direction et les organes de gestion de Publifin-Nethys ont en outre entrepris des démarches pour les dissimuler, dénoncent les commissaires.

L’octroi de bonus variables aux dirigeants de Nethys sans fonder ces montants sur des objectifs précis, la prise en charge par Nethys de cotisations sociales dues par son patron, Stéphane Moreau, et des augmentations de salaires rétroactives sont aussi dénoncées au parquet, de même que des conflits d’intérêts potentiels (la société AGM qui exécute le paiement des rémunérations des dirigeants alors qu’elle est elle-même administrée par trois administrateurs de Nethys, ou encore des investissements en République Démocratique Du Congo).

Une information judiciaire est déjà ouverte depuis plusieurs mois au parquet général de Liège. Les commissaires estiment que les indices qu’ils ont relevés peuvent constituer des prises d’intérêt illégales, de l’abus de confiance et de biens sociaux, ainsi que du recel.

« Nous avons dressé des constats sévères, mais l’action de juger revient à la Justice », a commenté Mme Zrihen (PS), dont le travail à la tête de la commission a été salué par les quatre autres membres du bureau de la commission (Jean-Luc Crucke pour le MR, Dimitri Fourny pour le cdH, Stéphane Hazée pour Ecolo et Patrick Prévot pour le PS).

Ces cinq députés sont eux-mêmes poursuivis en justice par Nethys, qui les accuse de calomnie et d’atteinte à la présomption d’innocence, et leur réclame 50.000 euros de dédommagement à titre provisionnel.

Dans leur rapport d’une centaine de pages, adopté à l’unanimité, les commissaires formulent 73 recommandations découlant de leurs plus de 250 heures de travail (dont 180 heures d’auditions). Malgré les critiques de Nethys affirmant que leur premier rapport intermédiaire contenait des erreurs factuelles, les députés n’ont opéré aucune marche arrière, assurent-ils.

Ils réclament ainsi toujours l’éviction des dirigeants actuels, le remboursement des sommes perçues de manière illégitime à leurs yeux et une réforme drastique de la structure du groupe. En cas de refus du groupe Publifin-Nethys d’agir en ce sens, les commissaires demandent à la Région wallonne d’intervenir, au besoin en justice.

Ayant éclaté dans la presse le 20 décembre 2016 à la suite d’un travail de fond de l’échevin des Finances d’Olne Cédric Halin, le scandale Publifin a entraîné d’innombrables démissions. Ajouté à d’autres affaires, il a généré six mois plus tard une crise gouvernementale sur le thème de la bonne gouvernance, fragilisant au passage les trois partis traditionnels (PS, MR et cdH), socialistes en tête.

Téléchargez notre nouvelle appli Sudinfo

Téléchargez notre nouvelle appli Sudinfo

Notre sélection vidéo