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Créer une zone de basses émissions ne serait pas pertinent à Eupen

Les autorités communales et les responsables du projet devant une cabine de mesure du carbone noir en avril 2019.
Les autorités communales et les responsables du projet devant une cabine de mesure du carbone noir en avril 2019. - F.P.

Dans le cadre du plan Environnement-Santé de la Wallonie, l’Issep a été chargé d’estimer l’impact environnemental de l’instauration de zones basses émissions communales en combinant des mesures de concentrations en polluants in situ avec une modélisation de la qualité de l’air à l’échelle communale. Les communes de Namur et d’Eupen ont servi de villes pilotes pour cette étude, explique l’institut lundi dans un communiqué.

Une cartographie à haute résolution de la qualité de l’air à Namur et à Eupen a été réalisée avec le modèle de dispersion atmosphérique ATMO-Street qui permet de simuler la dispersion des polluants à partir de leurs principales sources d’émissions que sont les industries et le réseau routier. Elle reprend les concentrations en dioxyde d’azote, particules fines et carbone noir, ainsi que les projections de l’impact d’une ZBE sur les niveaux de pollution.

Les résultats de l’étude révèlent que les réductions attendues grâce aux ZBE sont faibles pour le dioxyde d’azote et les particules fines. Or, il s’agit des deux polluants pour lesquels il existe des normes à respecter. En revanche, pour le carbone noir, un polluant étroitement lié au trafic routier pour lequel il n’existe pas encore de norme, les diminutions de concentrations à Namur pourraient atteindre 60 % d’ici 2025 par rapport aux niveaux de concentrations en 2018.

Pas pertinent à Eupen

Selon l’Issep, l’instauration d’une zone de basses émissions communale serait donc non pertinente à Eupen, car les concentrations ne sont réellement critiques qu’en périphérie du centre-ville aux heures de pointe du matin et du soir. Pour diminuer la pollution atmosphérique, un plan de circulation adapté aux heures de pointe est privilégié. Quant à Namur, des mesures pour améliorer la qualité de l’air y ont été instaurées. Il s’agit, notamment, du lancement d’une zone 20 km favorisant la mobilité douce dans le centre-ville et de la poursuite du développement de l’offre de bus.

« L’étude menée ici apporte une réponse nuancée sur la pertinence d’instaurer des zones de basses émissions communales d’ici 2023. Une ZBE communale n’est efficace qu’à partir d’une certaine taille critique d’agglomération, comme l’a aussi démontré Bruxelles », souligne la ministre de l’Environnement, Céline Tellier. « D’autres mesures prises comme la mise en place par certaines communes et villes de zones partagées où la vitesse automobile est réduite à 20 km/h pourraient se montrer aussi pertinentes. »

Afin d’améliorer la qualité de l’air, le Parlement wallon a adopté en janvier 2019 un décret relatif à la lutte contre la pollution atmosphérique liée à la circulation des véhicules. Ce décret prévoit l’interdiction progressive des véhicules les plus polluants à partir de 2023 sur tout le territoire wallon et la possibilité pour les communes d’instaurer des zones basses émissions (ZBE) sur leur territoire dès 2020. À l’intérieur d’une zone de basses émissions communale, l’accès aux véhicules les plus polluants serait progressivement interdit en fonction du type de motorisation et de la norme européenne d’émissions.

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