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Prof d’histoire décapité: l’agresseur a crié «Allah Akbar» et a posté une photo de la tête de la victime sur les réseaux avant d’être abattu

Prof d’histoire décapité: l’agresseur a crié «Allah Akbar» et a posté une photo de la tête de la victime sur les réseaux avant d’être abattu
REUTERS

Selon une source policière, la victime, un professeur d’histoire du collège du Bois-d’Aulne à Conflans Sainte-Honorine, avait montré récemment à ses élèves des caricatures de Mahomet en cours.

Le parquet national antiterroriste a annoncé à l’AFP s’être immédiatement saisi de l’enquête, ouverte pour « assassinat en relation avec une entreprise terroriste » et « association de malfaiteurs terroriste criminelle ».

Les investigations ont été confiées à la Sous-direction antiterroriste (Sdat) de la police et à la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI).

Les faits se sont déroulés vers 17H00, près d’un établissement scolaire, selon une source policière.

Les policiers de la brigade anticriminalité de Conflans Sainte-Honorine ont été appelés pour un individu suspect rôdant autour d’un établissement scolaire, selon cette source.

Sur place, les policiers ont découvert la victime et, 200 mètres plus loin à Eragny, ils ont tenté d’interpeller un homme muni d’une arme blanche qui les menaçait et ont fait feu sur lui.

L’agresseur présumé, un certain Aboulakh A., un Tchétchène né à Moscou et âgé de 18 ans selon les informations de Jeanmarcmorandini, est décédé.

Un périmètre de sécurité a été installé et le service de déminage appelé, en raison d’une suspicion de gilet explosif.

Le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin, en déplacement au Maroc, est aussitôt rentré à Paris et a ouvert une cellule de crise « en lien avec le président de la République et le Premier ministre », a-t-il tweeté.

Le chef de l’État se rendait à la cellule de Beauvau pour l’y rejoindre, a annoncé l’Élysée.

Cette attaque survient trois semaines jour pour jour après l’attentat au hachoir perpétré par un jeune Pakistanais de 25 ans devant les anciens locaux de Charlie Hebdo, qui avait fait deux blessés graves.

L’auteur de cet attentat islamiste avait déclaré aux enquêteurs avoir agi en réaction à la republication par Charlie Hebdo début septembre des caricatures de Mahomet, qui avaient fait de l’hebdomadaire satirique une cible des djihadistes en janvier 2015.

Cette republication avait eu lieu à l’ouverture le mois dernier du procès des attentats de janvier 2015, qui doit se tenir jusqu’au 10 novembre. En réaction, des milliers de manifestants avaient protesté dans plusieurs villes du Pakistan contre Charlie Hebdo et la France.

Al Qaïda avait également menacé d’attaquer de nouveau la rédaction de l’hebdomadaire satirique.

« C’est la republication des caricatures plutôt que le procès qui a joué dans l’aggravation des menaces », expliquait récemment à l’AFP une source sécuritaire. « La volonté de frapper l’Occident est intacte », mais « entre ceux qui sont décédés, ceux qui sont incarcérés », la capacité d’action des groupes terroristes est « très réduite », avait-elle ajouté.

Depuis la vague d’attentats djihadistes sans précédent amorcée en 2015 en France, qui avait fait 258 morts, plusieurs attaques ont été perpétrées à l’arme blanche, notamment à la préfecture de police de Paris en octobre 2019 ou à Romans-sur-Isère en avril dernier.

« Allah Akbar »

L’agresseur du professeur d’histoire a crié « Allah Akbar » avant d’être tué par les forces de l’ordre, a-t-on appris de source proche de l’enquête.

Les enquêteurs s’intéressent à un message posté sur Twitter par un compte désormais fermé et qui montre notamment une photo de la tête de la victime. Ils cherchent à savoir si elle a été postée par l’agresseur ou une autre personne.

Sous cette photo, un message menace Emmanuel Macron, « le dirigeant des infidèles », et son auteur assure vouloir venger celui « qui a osé rabaisser Muhammad ».

Après avoir commis cet acte odieux, l’agresseur a revendiqué son acte sur Twitter en publiant une photo de la tête de la victime. « Au nom d’Allah, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux, De Abdullah, le serveur d’Allah, à marcon, le dirigeant des infidèles, j’ai exécuté un de tes chiens de l’enfer qui a osé rabaisser Muhammad, calme ses semblables avant qu’on ne vous inflige un dur châtiment », a écrit le criminel.

Emmanuel Macron sur place

Emmanuel Macron est arrivé vendredi peu après 21H00 au collège Bois d’Aulne de Conflans-Sainte-Honorine (Yvelines), où enseignait le professeur d’histoire décapité dans l’après-midi, a constaté une journaliste de l’AFP.

Le chef de l’État doit y échanger avec les enseignants de l’établissement.

L’Assemblée nationale dénonce un « abominable attentat »

Dans une ambiance empreinte d’émotion, les députés se sont levés à l’Assemblée nationale pour « saluer la mémoire » de l’enseignant décapité vendredi en région parisienne, à Conflans-Sainte-Honorine (Yvelines), et dénoncer un « abominable attentat ».

Très affecté, le président de séance Hugues Renson (LREM) a pris la parole juste avant l’interruption des débats à 20h00. « Nous avons appris avec effroi l’abominable attentat qui s’est produit. Au nom de la représentation nationale, en notre nom à tous, je tiens à saluer la mémoire de la victime », a-t-il souligné.

Il a adressé « l’expression de toute notre solidarité » à la « famille » de la victime, « à ses proches comme à ses collègues et à l’ensemble du corps enseignant ».

Le président de l’Assemblée nationale, Richard Ferrand, « rendra naturellement un hommage » à la victime « lors de la séance de questions au gouvernement » mardi, a ajouté Hugues Renson.

« C’est la République qui est attaquée »

« C’est la République qui est attaquée » avec « l’assassinat ignoble de l’un de ses serviteurs », a estimé vendredi soir le ministre de l’Education nationale, Jean-Michel Blanquer, sur Twitter.

« Notre unité et notre fermeté sont les seules réponses face à la monstruosité du terrorisme islamiste. Nous ferons face », a ajouté le ministre.

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