Abonnez-vous à -50%

Un professeur d’histoire décapité en France: l’assassin de 18 ans, qui a été abattu, était un réfugié

Un professeur d’histoire décapité en France: l’assassin de 18 ans, qui a été abattu, était un réfugié
AFP

Le Russe d’origine tchétchène ayant décapité vendredi un professeur, qui avait organisé un débat dans sa classe où avaient été montrées des caricatures du prophète Mahomet, était présent légalement en France et bénéficiait du statut de réfugié, a expliqué samedi le procureur anti-terroriste.

Le jeune homme, né le 12 mars 2002 à Moscou, « était porteur d’un titre de séjour délivré le 4 mars dernier et valable jusqu’en mars 2030 (…). De nationalité russe et d’origine tchétchène, il bénéficiait du statut de réfugié », a déclaré Jean-François Ricard lors d’une conférence de presse.

« Il était inconnu des services de renseignements », a-t-il ajouté, rappelant qu’il était en revanche connu des services de polices pour des faits de droit commun, mais jamais condamné.

Il résidait à Evreux, dans un autre département, et M. Ricard n’a pas précisé s’il avait à un moment fréquenté le collège Bois d’Aulne, à Conflans-Sainte-Honorine, où travaillait la victime.

Le magistrat a précisé qu’un message de revendication posté sur Twitter juste après le meurtre, faisant le lien avec Mahomet, émanait bien de cet individu. « Les investigations ont pu confirmer qu’il s’agissait bien d’un compte appartenant à l’auteur des faits », a-t-il déclaré.

Le magistrat faisait un point sur l’assassinat vendredi de Samuel Paty, professeur d’histoire-géographie de 47 ans, décapité alors qu’il rentrait chez lui après sa journée de travail.

Le magistrat a par ailleurs confirmé que neuf personnes se trouvaient en garde à vue, dont le père d’une élève, qui avait désigné à la vindicte le professeur sur les réseaux sociaux.

Le message de revendication émanait bien de l’agresseur abattu

Le message de revendication publié sur Twitter avec la photo du professeur d’histoire décapité vendredi près d’un collège à Conflans-Sainte-Honorine a été publié sur un compte appartenant bien à l’agresseur abattu par la police, Abdoullakh Abouyezidovitch A., a indiqué samedi le procureur national antiterroriste.

« Les investigations ont pu confirmer qu’il s’agissait bien d’un compte appartenant à l’auteur des faits », a déclaré Jean-François Ricard lors d’une conférence de presse au tribunal de Paris.

La première exploitation du téléphone de l’assaillant, trouvé à proximité de son corps, « a permis de retrouver dans le bloc-notes le texte de la revendication, enregistré à 12H17 ainsi que la photographie de la victime décédée horodatée à 16H57 », a-t-il ajouté.

Abdoullakh A., « né le 12 mars 2002 à Moscou en Russie » et qui bénéficiait du statut de réfugié, a été abattu par des policiers alors qu’il « courait dans leur direction en tirant à cinq reprises avec une arme de poing », a expliqué le procureur.

Selon son récit, trois policiers ont riposté, entraînant la chute de l’assaillant. « Alors qu’il tentait de se relever et de donner des coups de couteau aux policiers, il était neutralisé par les forces de l’ordre », a-t-il raconté, indiquant que son corps présentait « neuf impacts » de balle.

Les policiers ont retrouvé sur lui « un couteau de type poignard, une arme de poing de type Airsoft et cinq cartouches de gaz compatibles avec cette arme ».

Par ailleurs, « un second couteau d’une longueur totale de 35 centimètres, ensanglanté, était découvert à une trentaine de mètres du lieu du crime », a indiqué M. Ricard.

L’agresseur, qui habitait à Evreux (Eure) et avait un titre de séjour délivré le 4 mars dernier et valable jusqu’en mars 2030, « était inconnu des services de renseignements sur un plan judiciaire ». « Il n’a jamais été condamné tout en étant connu pour des affaires de dégradation de biens publics et de violences en réunion, alors qu’il était encore mineur », a précisé le procureur.

Par ailleurs, selon M. Ricard, parmi les neuf personnes actuellement en garde à vue figure le père d’une élève du professeur décapité, qui avait notamment appelé sur les réseaux sociaux à la mobilisation contre ce dernier et à son renvoi de l’établissement après un cours pendant lequel l’enseignant avait montré des caricatures de Mahomet.

« La demi-soeur de cet homme avait rejoint l’organisation Etat islamique en 2014 en Syrie et elle fait, à ce titre, l’objet d’un mandat de recherche par un juge d’instruction antiterroriste », a précisé M. Ricard.

Un autre homme, « connu des services de renseignement » et qui a notamment participé à des vidéos publiées par le père de l’élève, est aussi en garde à vue avec son épouse.

L’assaillant n’avait plus aucun lien avec la Russie, selon Moscou

L’assaillant tchétchène accusé d’avoir décapité un professeur en France n’avait plus de liens avec Moscou depuis 2008, a relevé samedi l’ambassade de Russie, citée par les agences russes.

« Ce crime n’a rien à voir avec la Russie, étant donné que cet individu vivait en France depuis 12 ans et avait été accueilli par la partie française », a dit Sergueï Parinov, un porte-parole de la représentation russe à Paris à l’agence Tass.

« En l’occurrence l’important n’est pas où il est né, mais où, quand et comment il a été converti à une idéologie terroriste que la Russie condamne, bien sûr, sous toutes ses formes », a-t-il dit.

Selon lui, l’assaillant présumé qui a été tué, Abdoullakh Anzorov, est arrivé en France à l’âge de 6 ans avec toute sa famille, qui obtenu le statut de réfugiés.

Ce statut, toujours selon la même source, conduit automatiquement à une déchéance de la nationalité russe.

« Il n’y a jamais eu de contacts avec l’ambassade », a par ailleurs dit le diplomate, disant à l’agence Ria Novosti que l’ensemble de ses informations sur l’assaillant proviennent des autorités françaises.

Notre sélection vidéo