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Les universités francophones préparées à la suspension des cours en présentiel: «Nous étions tout à fait conscients de la situation sanitaire globale»

Vincent Blondel, recteur de l’UC Louvain
Vincent Blondel, recteur de l’UC Louvain - Isopix

« C’est une surprise même si nous étions largement préparés et tout à fait conscients de la situation sanitaire globale », a réagi le recteur de l’UCLouvain, Vincent Blondel. « Techniquement parlant, on peut dire que nous sommes assez prêts. Nous avons en outre renforcé nos services sociaux pour permettre à tous l’accès aux ordinateurs et à internet, et pris en compte la dimension sociale. Toutefois, la lassitude dans le chef du personnel et des étudiants est l’un des points auquel nous devrons prêter une grande attention afin de s’assurer qu’ils progressent ensemble et que l’environnement social soit favorable à tous », a-t-il ajouté.

L’université louvaniste organisait déjà ses cours sous un format comodal (présentiel et distanciel en simultané) depuis l’introduction du code orange et en raison du placement de certains étudiants en quarantaine.

M. Blondel se dit par ailleurs favorable au maintien des travaux pratiques (TP), qui attestent de la bonne compréhension des étudiants ; « c’est une de nos préoccupations principales ». Toutefois, les BAC1 n’ont pas nécessairement de TP. « Il est important que l’on assure leur suivi à distance, qu’on ne les perde pas en chemin. »

À Liège, on comprend la nécessité de la mesure. « C’est une mesure restrictive de plus, que nous avions anticipée avec le passage au code orange cette semaine. C’est dans la continuité. Au final, cela simplifie même les choses d’avoir l’ensemble des cours à distance plutôt qu’une forme hybride. Mais je crains qu’on ne perde des étudiants, surtout ceux qui se trouvent en début de cursus », redoute Pierre Wolper, recteur de l’ULiège.

« Les stages deviennent compliqués »

Pour les stages, il reconnaît les difficultés, principalement pour l’agrégation. « Les stages pour les futurs professeurs deviennent compliqués alors qu’il y a de plus en plus de cas dans les écoles. Il y a cependant d’autres formes d’enseignement plus touchées que nous, comme les hautes écoles. Nous n’avons pas de solution générale, ça se règle au cas par cas. »

À Namur, l’université est également prête. « Nous sommes mieux préparés à cette situation qu’il y a huit mois. Nous allons accompagner les BAC1 et les plus fragiles », s’est exprimé Naji Habra, recteur de l’UNamur.

Quant aux mesures concrètes, une réflexion doit encore être menée. « On va essayer de créer un sentiment de lien, on est soucieux de cela et on va le faire », a-t-il ajouté.

« Du côté sanitaire, on comprend les mesures et on les soutient. Mais on regrette la communication entre (vendredi) matin où on nous dit que tout va bien, et (vendredi) soir. On aurait pu nous dire qu’une réflexion était menée côté francophone pour des mesures plus strictes », déplore M. Habra.

Enfin, à Mons, on se dit fort de l’expérience de la deuxième vague. « Ce n’est pas une découverte totale comme au printemps dernier, on n’est plus dans l’improvisation, même si le temps de réaction est très très court. Nous allons devoir faire preuve d’agilité et de créativité », a reconnu le directeur de la communication de l’UMons, Valéry Saintghislain. « De toute façon, nous n’avons pas le choix. Si le politique juge qu’il faut des mesures plus drastiques que celles émises par le fédéral, nous nous devons de participer à l’effort », a-t-il noté.

Les équipes de l’UMons doivent se réunir ce week-end afin de mettre parfaitement en œuvre les dispositifs en distanciel dès lundi et « soutenir les professeurs dans l’adaptation logistique des cours ».

L’Université libre de Bruxelles (ULB) n’était pas joignable vendredi soir pour une réaction.

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