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Un tournant historique en cyclisme: la Flèche Ardennaise déménage à Stavelot!

Le Suisse Simon Pellaud avait remporté la 54
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 Flèche Ardennaise en 2019.
Le Suisse Simon Pellaud avait remporté la 54 e Flèche Ardennaise en 2019. - Archive Belga

Voici le communiqué dans son intégralité :

« Celle-ci accueillera désormais le départ et l’arrivée de l’épreuve dès le dimanche 9 mai 2021 pour sa 56ème édition. Une décision prise en pleine collaboration avec les autorités communales locales après plusieurs semaines de contacts. La Ville de Herve a immédiatement été informée de ce déménagement par la direction de l’ASBL Société Flèche Ardennaise qui n’a pas les mots suffisants pour la remercier de l’important soutien financier et logistique qu’elle a apporté à l’épreuve durant plusieurs décennies de fidélité, jouant un rôle de vrai partenaire et contribuant au développement d’un rendez-vous cycliste particulièrement coté tant en Belgique qu’à l’étranger. Un coup d’œil sur le glorieux palmarès suffit pour s’en convaincre.

Des arguments sportifs

La décision a été difficile à prendre. Elle est le fruit d’une très longue réflexion interne entamée voici plusieurs mois et fondée sur des arguments sportifs. Les pelotons évoluent en qualité, les courses se durcissent, les parcours changent. Bref, le cyclisme est en pleine mutation et la Flèche Ardennaise n’a pas voulu manquer ce wagon du renouveau.

L’ASBL de gestion a tenu à se distinguer des autres épreuves en augmentant le degré de difficulté de la course et renforcer ainsi son label de « Classique-Monument ». Le tracé historique avec départ et arrivée à Herve n’offrait plus les garanties d’une bagarre entre hommes forts ni d’un spectacle permanent. Il fallait couvrir 50 kilomètres sans guère d’intérêt pour atteindre la première difficulté. Au retour, en vue de Herve, l’itinéraire manquait de sélectivité, et vu la valeur croissante des pelotons, les 25 derniers kilomètres étaient avalés avec trop de facilité malgré l’une ou l’autre ascension, cependant trop courtes pour forcer la décision. Les directeurs sportifs et coureurs n’ont pas manqué de le souligner ces dernières années.

Le mot d’ordre a donc été : durcir ! La Flèche Ardennaise veut retrouver sa réputation d’épreuve la plus sélective du pays et donner l’opportunité de découvrir de futurs grimpeurs belges dont le pays a bien besoin, mais aussi étrangers. La fierté est toujours grande lorsqu’un ancien vainqueur de la Flèche gravit la plus haute marche du podium ou décroche un accessit à un grand Tour ou dans une classique du World Tour. Les Cees Bol, Stefan Küng, Harm Vanhoucke, Silvan Dillier, Jan Bakelants, l’ancien maillot jaune du Tour Thomas Voeckler, sans oublier Loïc Vliegen, doivent tous trouver de grands successeurs à la Flèche Ardennaise.

Un dénivelé étourdissant !

C’est pourquoi le choix s’est porté sur Stavelot, déjà ville de l’étape finale d’Aubel-Thimister-Stavelot pour juniors depuis 2017. Ses atouts sont géographiques et donc sportifs par corollaire. Existe-t-il une région dans les Ardennes Liégeoises aussi riche en dénivelés, aussi célèbre grâce au passage des professionnels de Liège-Bastogne-Liège, aux possibilités de côtes et tracés aussi variés (Wanne, Stockeu, Haute Levée, Thier de Coo…) ? Stavelot est donc très vite apparu comme une évidence par son terrain idéal pour réorienter l’épreuve sur les reliefs ardennais.

Stavelot, ville cycliste !

Il n’a guère fallu longtemps pour convaincre les autorités communales de Stavelot, Bourgmestre et Échevin des Sports en tête, d’accueillir la Flèche Ardennaise « new look ». L’intérêt pour Stavelot saute aux yeux : l’image « cycliste » de la Ville est déjà bien ancrée avec le passage de la Doyenne depuis 1952, d’Aubel-Thimister- Stavelot en août, la « Maxime Monfort Classic » pour cyclos organisée depuis 15 ans par l’Office du Tourisme, le passage du Tour de France à 10 reprises (!), le départ du Tour de Wallonie en 2017, l’installation de la stèle Eddy Merckx au Stockeu, la fréquentation remarquée de nombreuses équipes aux alentours de Stavelot et l’organisation de stages par des teams pros et jeunes dans la région. Cette réputation sera désormais encore renforcée par la présence d’une classique espoirs/élites de niveau international largement médiatisée, dernier niveau avant le passage chez les pros. Sur le plan touristique, Stavelot peut ainsi mettre en avant, grâce au cyclisme, les atouts multiples de la cité abbatiale avec son centre historique, son Abbaye, son Musée du Circuit, la proximité du circuit de Spa-Francorchamps, de Coo et de Plopsa Coo, et bien entendu la nature phénoménale qui l’entoure et ses possibilités multiples de randonnées à la marche ou à vélo. «  La Ville de Stavelot se dit particulièrement heureuse de pouvoir étendre sa collaboration avec l’équipe de l’ASBL Société Flèche Ardennaise dont la motivation et la qualité constituent des gages de réussite », précise l’Échevin des Sports Patrice Lefèbvre.

L’arrivée de la Flèche en bord d’Amblève s’inscrit également dans le volet « animations » du Plan de Relance Économique de la Ville récemment adopté.

Un itinéraire en boucles !

Dès l’accord tombé entre les parties, le directeur de course de la Flèche Ardennaise s’est mis au travail en se basant d’abord sur l’expérience de l’étape finale d’Aubel-Thimister-Stavelot, afin d’imaginer un parcours spectaculaire, le plus sélectif possible, articulé autour de plusieurs boucles avec retour à Stavelot au terme de chacune, ce qui assurera une animation régulière dans le centre de la cité.

Le parcours détaillé ne sera évidemment dévoilé que dans plusieurs mois mais on peut d’ores et déjà annoncer qu’il pourrait compter une quinzaine de côtes au total pour afficher un dénivelé global de quelque 3800 mètres avec, au menu, comme on peut s’en douter, le franchissement inévitable des côtes mythiques.

Conclusions

Ce nouveau virage historique pour la Flèche Ardennaise était inéluctable : sans renier le passé hervien de l’épreuve dont la direction n’a pu que se louer, il fallait insuffler un sang neuf à l’épreuve dans un contexte sportif mouvant. L’intérêt de la Ville de Stavelot a précipité la réflexion pour finalement aboutir à une délocalisation qui devrait marquer les esprits dans le microcosme du cyclisme national. Si de nombreux aspects ont déjà été réglés, le travail reste important d’ici le départ de l’épreuve le 9 mai 2021. Il va de soi que l’ensemble des modalités pratiques feront l’objet d’une autre communication dans les délais utiles. »

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