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Ligue des champions: la grande Europe à Bergame, encore une première pour l’Atalanta

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«  Pouvoir jouer la Ligue des champions à Bergame, c’est quelque chose d’important sportivement, mais aussi du point de vue émotionnel », explique Fabio Gennari, auteur d’un livre récemment paru en Italie retraçant l’incroyable parcours d’une équipe de province devenue la meilleure d’Italie la saison dernière en C1, mais privée de matches dans son stade.

« Il y a un enjeu social à accueillir une telle compétition, une sorte de renaissance pour la ville, qui a été perçue comme l’épicentre de la pandémie », ajoute-t-il.

La province de Bergame a été la plus touchée en Italie par le coronavirus avec celle de Brescia. La surmortalité y a été évaluée à près de 7.000 morts et personne n’a oublié les images des camions militaires emportant des cercueils, si nombreux qu’ils devaient être entassés dans les églises.

Ces semaines de mars ont durablement éprouvé la ville lombarde et poussé le président de l’Atalanta, le richissime entrepreneur Antonio Percassi, à accélérer la rénovation du stade. L’enceinte, rachetée en 2017 par le club à la ville, a été revue de fond en comble en trois mois pour la mettre aux normes UEFA. L’instance européenne vient d’accorder son feu vert.

Maillot pour bébé

La saison dernière, pour sa première participation à la C1, la « Dea » avait dû « accueillir » à San Siro, à Milan, après avoir disputé la Ligue Europa à Reggio d’Emilie les saisons précédentes.

Déception toutefois pour le président Percassi : cette première européenne à Bergame, contre l’Ajax Amsterdam (20h00 GMT), se fera à huis clos, en vertu des nouvelles règles entrées en vigueur lundi en Italie.

« Je n’aurais jamais pensé disputer cette seconde Ligue des champions sans public, c’est une grande déception, mais il reste la satisfaction de quand même jouer à Bergame », a reconnu lundi l’entraîneur Gian Piero Gasperini.

« Vu où se trouve le stade, très visible de la ville haute, j’imagine que beaucoup de supporteurs vont se retrouver, ne serait-ce que pour entendre résonner l’hymne dans la ville », pronostique pour sa part Fabio Gennari.

« Quand on ne vit pas à Bergame, c’est difficile de comprendre vraiment ce que représente l’Atalanta pour les Bergamasques. C’est un rapport quasi naturel », souligne-t-il.

Andrea Riscassi, journaliste sportif à la Rai et autre grand connaisseur de l’Atalanta, confirme : « Vous connaissez d’autres clubs qui envoient un maillot taille bébé à tous les nouveaux nés de la ville ? Ça n’existe nulle part ailleurs en Italie ».

Transferts gagnants

« Ce lien d’identification aussi fort est unique, on le retrouve sans doute à Bilbao ou à Glasgow », affirme-t-il à l’AFP. En soulignant que ce lien s’est encore renforcé pendant le confinement du printemps, que tous les joueurs du club, pourtant étrangers pour la quasi-totalité, ont passé en Lombardie.

Au-delà de l’aspect symbolique et affectif de jouer dans une ville endeuillée, la modernisation du stade s’inscrit aussi dans le développement économique et sportif de l’Atalanta, « success story » du foot italien des dernières années.

« Du point de vue de la gestion, l’Atalanta est selon moi un modèle. Le club ne fait jamais d’investissements hors de portée pour lui. L’acquisition du stade et sa rénovation ont ainsi été complètement absorbées », assure Fabio Gennari.

Et si la « Dea » s’est offert quelques joueurs plus chers ces deux dernières saisons pour suivre le rythme en C1 (Muriel, Malinovski, Miranchuk), sa politique de formation lui permet d’équilibrer les comptes grâce à des ventes gagnantes : ces derniers mois, elle a encaissé quasiment 100 millions d’euros avec les départs de Dejan Kulusevski (Juventus), Amad Traoré (Manchester United) et Timothy Castagne (Leicester).

Pour l’Atalanta de Percassi, il ne manque désormais qu’un titre pour inscrire dans l’histoire un club dont le palmarès ne compte qu’une Coupe d’Italie dans les années 1960. Un nouveau rêve à assouvir pour le richissime président.

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